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Moyen-Orient

Epuisé, Israël repart en mode électoral sans trop y croire

Le père d'Avraham Mengisto, kidnappé par le Hamas depuis deux ans, près de Ashkelon, en Israël, le 7 septembre 2016.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son rival Benny Gantz repartent jeudi pour une troisième campagne électorale en moins d'un an en espérant, sans que les Israéliens ne sachent comment, mettre fin à la pire impasse politique de l'histoire d'Israël.

Les Israéliens se sont réveillés jeudi au premier jour d'un nouveau cycle électoral, et la presse locale n'a pas épargné les protagonistes de cette crise politique, qui ne fait que se prolonger avec la tenue de nouvelles élections, après celles d'avril et septembre.

"Honte" en hébreu, titrait en grosses lettres sur fond noir le quotidien Yediot Aharonoth; le journal gratuit Israel Hayom encore plus marqué à droite estimant dès sa Une qu'il s'agit d'un "cirque".

Dans la nuit de mercredi à jeudi, après la date-butoir pour donner au pays un chef de gouvernement ayant l'aval de la majorité de la Chambre, les députés ont officiellement voté la dissolution de la Knesset, le Parlement, et les modalités d'un scrutin, convoqué le 2 mars prochain.

Plutôt que de s'entendre sur la formation d'un gouvernement d'union et ainsi éviter un nouveau scrutin, la classe politique israélienne a remis une pièce dans le juke-box électoral dans l'espoir de remporter enfin la mise.

Benjamin Netanyahu, le plus pérenne des Premiers ministres israéliens avec 13 ans au compteur du pouvoir dont la dernière décennie, devra participer au prochain scrutin cette fois avec un caillou dans sa chaussure.

M. Netanyahu, 70 ans, a été inculpé il y a trois semaines pour corruption, abus de confiance et malversations dans trois affaires différentes, devenant ainsi le premier chef de gouvernement en fonction de l'histoire d'Israël à être mis en examen, d'où sa volonté de remporter les élections pour obtenir une immunité par un vote du Parlement.

Mais le principal intéressé a dénoncé une croisade contre lui, ou plus exactement un "coup d'Etat" ourdi par la justice. Face à lui, l'ancien chef de l'armée Benny Gantz joue la carte de la probité.

"La question principale de la campagne sera encore: êtes-vous pour ou contre Netanyahu?", résume Gideon Rahat, professeur de sciences politiques à l'université hébraïque de Jérusalem.

- Surprises, surprises -

Et cette question, les membres du parti Likoud (droite) de M. Netanyahu auront sans doute à y répondre également. Un mouvement de fronde, mené par le député Gideon Saar, demande la tenue de primaires aux allures de référendum sur la popularité de M. Netanyahu dans ses propres rangs.

Des cadres du parti évoquent la tenue de primaires rapides, le 26 décembre prochain, alors que les sondages d'opinion placent toujours MM. Netanyahu et Gantz au coude-à-coude sans être en mesure chacun de rallier, avec leurs alliés respectifs, une majorité de sièges. D'où le risque d'une 4e élection anticipée, ironisent déjà certains.

Dans un paysage politique qui semble figé, la clé de Balfour Street la rue de la résidence du Premier ministre se trouve peut-être dans le taux de participation ou plutôt la volonté des Israéliens d'en finir avec cette saga.

"Nous n'avons jamais été dans cette situation. La littérature en sciences politiques vous dira que le taux de participation va fléchir. Mais en fait, il a progressé lors de la 2e élection, alors nous aurons peut-être des surprises lors de la 3e", souligne M. Rahat. "Nous apprenons chaque jour de nouvelles choses sur la politique israélienne".

Pour l'analyste Dahlia Scheindlin, "le pourcentage de vote de ceux qui s'identifient à la droite, à la gauche ou au centre ne changera pas de manière importante" au cours des 80 prochains jours. "Mais je ne dis jamais "jamais" lorsqu'il est question de politique israélienne... il y a toujours des surprises".

Mais après un an d'un régime de gouvernement intérimaire, "le pays fonctionne toujours, rien ne s'est effondré, les hôpitaux et les écoles sont toujours ouverts, mais c'est comme si le pays clopinait. Il n'y a pas de planning à long terme", dit-elle.

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Pékin accuse Washington d'ignorer la souffrance des Palestiniens

Maisons détruites à la suite des frappes aériennes et d'artillerie israéliennes alors que la violence transfrontalière entre l'armée israélienne et les militants palestiniens se poursuit, dans le nord de la bande de Gaza, le 14 mai 2021.

La Chine a accusé vendredi les Etats-Unis "d'ignorer la souffrance des Palestiniens", après que Washington eut bloqué une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée au conflit au Proche-Orient.

Les Etats-Unis, principal allié diplomatique d'Israël, ont refusé qu'une réunion virtuelle publique consacrée au conflit israélo-palestinien se déroule vendredi, mais finalement accepté qu'elle ait lieu dimanche.

La Chine, qui préside ce mois-ci le Conseil de sécurité, a en revanche pris la défense des Palestiniens dans l'enceinte onusienne, où elle utilise fréquemment son droit de véto pour bloquer les motions visant ses alliés, comme la Syrie.

Devant la presse, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a estimé que Washington s'opposait ainsi, à lui seul, à la volonté de la communauté internationale.

"Les Etats-Unis répètent qu'ils se préoccupent des droits des musulmans (...) mais ils ignorent la souffrance des Palestiniens", a martelé Mme Hua.

La porte-parole chinoise a fait le rapprochement avec l'intérêt porté par Washington aux Ouïghours, une ethnie musulmane du nord-ouest de la Chine qui selon des organisations de défense des droits de l'Homme subit la répression de Pékin.

"Les Etats-Unis devraient se rendre compte que la vie des Palestiniens est tout aussi précieuse", a-t-elle tonné.

Depuis lundi, les Etats-Unis ont accepté deux visioconférences à huis clos et en urgence sur le conflit israélo-palestinien mais refusé deux déclarations communes appelant à un arrêt des hostilités, les jugeant "contreproductives" à ce stade.

Dans leurs prises de position depuis le début du conflit, les Etats-Unis ont réaffirmé le droit d'Israël à se défendre contre les tirs de roquettes du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, mais aussi appelé à la désescalade.

Ils ont également demandé à Israël de faire "tout son possible pour éviter des victimes civiles".

Pas de répit dans le conflit israélo-palestinien

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Violences entre le Hamas et Israël: réactions des grandes puissances

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Affrontements israélo-palestiniens : les réactions des pays amis

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Environ 2.000 personnes manifestent au Cap en soutien aux Palestiniens

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