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Epidémie d'Ebola: urgence sanitaire mondiale ou pas?

Le personnel médical de l'unité de traitement Ebola (ETU) à l'hôpital général Bwera de Bwera, à la frontière avec la RDC, dans l'ouest de l'Ouganda, le 12 décembre 2018.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) décide vendredi s'il faut déclarer l'urgence mondiale après que l'épidémie d'Ebola a gagné l'Ouganda, près de dix mois après s'être déclarée en République démocratique du Congo voisine.

L'agence spécialisée des Nations unies a décrété une telle urgence quatre fois seulement: en 2009 pour la grippe H1N1, en 2014 pour la poliomyélite, en 2014 pour l'épidémie d'Ebola qui a fait plus de 11.300 morts dans trois pays d'Afrique de l'Ouest (Liberia, Guinée, Sierra Leone) et en 2016 pour le virus Zika.

La réunion vendredi du comité d'urgence sur l'actuelle épidémie d'Ebola, qui a fait plus de 1.400 morts en RDC, sera suivie en fin de journée d'une conférence de presse au cours de laquelle l'OMS doit annoncer s'il s'agit d'une "urgence de santé publique de portée internationale".

Une telle urgence s'entend - selon le règlement sanitaire de l'OMS - d'un "événement extraordinaire dont il est déterminé qu'il constitue un risque pour la santé publique dans d'autres Etats en raison du risque de propagation internationale (...) et qu'il peut requérir une action internationale coordonnée".

A deux reprises, en octobre 2018 puis en avril, l'OMS avait renoncé à déclarer cet état d'urgence sanitaire pour Ebola en RDC, notamment en raison du fait que l'épidémie demeurait cantonnée à un seul pays.

Cela n'a pas empêché les Etats de la région de se préparer.

L'Ouganda s'est placé en état d'alerte dès le début de l'épidémie en août 2018 dans l'est de la RDC, dans les provinces du Nord-Kivu et d'Ituri, où plus de 2.000 cas d'Ebola ont été enregistrés. 1.405 de ces malades sont morts.

Le principal défi des autorités ougandaises face à l'épidémie est la porosité des 875 kilomètres de frontière commune avec la RDC, malgré les contrôles sanitaires mis en place aux postes-frontière.

- Ouganda -

En Ouganda, le virus Ebola a fait cette semaine ses deux premières victimes - un garçon de cinq ans et sa grand-mère - qui avaient assisté avec d'autres membres de la famille aux obsèques en RDC d'un proche décédé d'Ebola. Les deux sont morts dans le district de Kasese, frontalier de la RDC.

Une partie de cette famille était rentrée en Ouganda, où le ministère de la Santé l'avait placée en quarantaine après avoir diagnostiqué une contamination de l'enfant de cinq ans, puis de son frère de 3 ans et de leur grand-mère de 50 ans.

Les autres membres de cette famille ougando-congolaise ainsi que leur servante - cinq personnes au total incluant le garçon contaminé de 3 ans - ont été "rapatriés" jeudi en RDC pour recevoir une assistance médicale.

Le virus se transmet à l'être humain par contact soit avec des animaux infectés (en général en les dépeçant, en les cuisant ou en les mangeant), soit avec des liquides biologiques de personnes infectées.

L'Ouganda a déjà connu des épidémies d'Ebola. La plus récente remonte à 2012. En 2000, 200 personnes sont mortes au cours d'une épidémie dans le nord du pays.

En RDC, l'épidémie actuelle est la dixième depuis 1976 et la deuxième la plus grave dans l'histoire de la maladie, après celle qui a frappé l'Afrique de l'Ouest en 2014-2016.

Contrairement à alors, les autorités disposent d'une arme majeure pour contrer Ebola: un vaccin expérimental jugé efficace par l'OMS.

Mais la RDC a jusqu'à présent échoué à enrayer l'épidémie, notamment en raison des attaques des milices ou de l'hostilité de la population vis-à-vis des centres de soin. La situation est beaucoup plus stable en Ouganda, pays tenu d'une main de fer par le président Yoweri Museveni depuis 1986.

Face aux difficultés à endiguer l'épidémie en RDC, deux ONG, Oxfam et la Croix-Rouge/Croissant-rouge, ont récemment demandé de "réinitialiser" la réponse.

Une nouvelle étude de l'Université de Cambridge publiée jeudi a quant à elle indiqué qu'en général la moitié des épidémies d'Ebola n'ont pas été détectées depuis la découverte du virus en 1976.

Avec AFP

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Deux élus congolais condamnés à 20 et 10 ans de prison pour meurtres

Un combattant de la Force de résistance patriotique pour la milice d'Ituri (FRPI), le 28 juillet 2006, près de Tchei, dans le sud de l'Ituri.

Un député provincial et un député national ont été condamnés à respectivement 20 et 10 ans de prison dans deux affaires de meurtres cette semaine dans l'est de la République démocratique du Congo, par ailleurs toujours victime de la violence des groupes armés.

Le député provincial de l'Ituri, Didier Boyoko, a été condamné le 16 juillet à 20 ans de prison par un tribunal militaire à Bunia, ont rapporté les médias congolais. Il était poursuivi avec 13 complices pour le meurtre de deux personnes dont un ressortissant chinois.

Le député provincial "figurait parmi les 14 personnes - dont des militaires - poursuivies dans l'attaque contre un convoi d'exploitants d'or chinois, le 17 juin", a rapporté la radio Top Congo.

Son procès avait commencé en public, en plein air, en plein centre de Bunia le 19 juin, avait rapporté l'AFP.

De son côté, le député national Luc Mulimbalimba a été condamné le 18 juillet à dix ans de prison pour le meurtre d'un civil mi-juin par la Haute cour militaire à Bukavu, a rapporté un correspondant de l'AFP présent à l'audience.

L'auteur matériel du crime, un militaire commis à sa garde, a été condamné à perpétuité.

L'impunité des élus et des élites a souvent été dénoncée dans l'est de la République démocratique du Congo, où des dizaines de groupes armés perturbent la vie des civils.

Près de Beni dans la province du Nord-Kivu, trois civils ont été tués jeudi alors qu'ils travaillaient aux champs, ont rapporté vendredi plusieurs sources.

"Ces trois personnes tuées à la machette allaient chercher à manger pour leur famille", a indiqué l'administrateur de territoire de Beni (responsable local), Donat kibwana, à un correspondant de l'AFP.

Les autorités attribuent comme d'habitude ces trois meurtres aux miliciens des Forces démocratiques alliées (ADF).

Historiquement des rebelles musulmans ougandais, les ADF sont les responsables présumés du massacre de centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

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