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Enlèvement d'une humanitaire française au Mali: son époux choqué "ne sait rien"


La franco-suisse Sophie Petronin enlevée dans la région de Gao, au Mali, le 24 décembre 2016.

L'époux de Sophie Pétronin, l'humanitaire française de 66 ans enlevée samedi à Gao par des hommes armés, s'est dit "choqué" par ce rapt dont "on ne sait rien", survenu alors qu'elle était "très entourée".

"Je suis choqué de voir ce qui se passe. On ne sait pas encore qui a fait ça. Il n'existe aucune revendication pour le moment", a déclaré Jean-Pierre Pétronin joint par téléphone par l'AFP dans les Alpes françaises où il vit.

Spécialisée dans l'assistance aux enfants mal nourris, au sein de l'association "Aide à Gao", cette médecin nutritionniste vivait depuis le début des années 2000 dans la grande ville du nord du Mali, dans une région instable en proie aux jihadistes et autres groupes armés.

"Est-ce une bande de voyous qui veulent de l'argent pour acheter des armes ou un rapt de groupe islamiste ? On n'en sait rien", a dit son époux.

"C'est quand même dingue d'en arriver là, après tout ce qu'elle a fait ces dernières années à Gao pour les enfants de 0 à 4 ans. Mais les terroristes, eux, s'en moquent".

"Elle a tellement été entourée par les autorités de Gao et du Mali depuis des années que je suis encore choqué. On ne peut rien faire", a-t-il ajouté.

La sexagénaire avait échappé de justesse en 2012, grâce à l'aide de rebelles touaregs qui l'avait exfiltrée vers l'Algérie, à des islamistes armés qui avaient pris pendant plusieurs mois le contrôle de Gao.

Elle avait rejoint cette ville située près du fleuve Niger après avoir oeuvré à Bamako, la capitale, où elle se trouvait "lorsque les premiers événements ont eu lieu sur le Mali".

"Elle disait que ce n'était pas simple sur place, mais que ça allait. Je me disais que la ville était peut-être un peu plus sécurisée désormais, du fait de la présence des forces françaises. La preuve en est que c'est toujours difficile", a-t-il ajouté.

Jean-Pierre Pétronin a expliqué avoir envoyé un email à son épouse "pour lui souhaiter de bonnes fêtes et lui demander de faire attention". "Elle ne m'a pas répondu".

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée locale. Ils en ont été délogés début 2013 par une intervention française. Mais les immensités désertiques de la région sont impossibles à contrôler et le Nord du Mali reste une région instable, où les maquis jihadistes, les rebelles et les contrebandiers dictent par endroit leur loi.

Avec AFP

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