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L'Italie a récupéré 19 milliards d'euros d'évasion fiscale en 2016


Pier Carlo Padoan, ministre des Finances italien.

Le ministre italien de l'Economie et des Finances, Pier Carlo Padoan, a annoncé que le fisc avait encaissé en 2016 un montant record de 19 milliards d'euros provenant de la lutte contre l'évasion fiscale.

L'année 2016 a permis "des recettes fiscales record: plus de 450 milliards, selon les premières estimations, contre 436 en 2015. Dans le même temps, 2016 enregistre également le record de résultats provenant de la lutte contre l'évasion fiscale, avec 19 milliards de recettes", a déclaré le ministre devant la presse.

Selon des parlementaires critiques, le total de 19 milliards d'euros est cependant gonflé par les sommes obtenues grâce aux déclarations des contribuables qui ont rapatrié leur argent de l'étranger, moyennant des mesures clémentes du gouvernement.

M. Padoan, qui n'a pas chiffré ces sommes, l'a implicitement reconnu, affirmant y voir la preuve d'un "changement culturel".

"Le dialogue, la simplification et la transparence doivent être les principaux instruments" de la lutte contre l'évasion fiscale, a-t-il dit.

Le ministre a évoqué les diverses formes d'évasion fiscale, de celle passant par les paradis fiscaux à celle des compagnies multinationales qui "utilisent souvent les asymétries entre systèmes fiscaux divers", comme par exemple la domiciliation d'Apple en Irlande.

Concernant le commerce sur internet ou l'économie de partage (sharing economy), M. Padoan a assuré que la prochaine réunion des ministres des Finances du G7, le groupe des sept pays les plus industrialisés, présidé cette année par l'Italie, discuterait "de la taxation des nouvelles formes d'entreprises nées avec l'économie numérique".

La lutte contre l'évasion fiscale interne, un des sports préférés dans la péninsule, est en revanche articulée autour de trois principes: "Des règles plus faciles à appliquer, la réduction ou l'élimination d'impôts selon le principe que si tout le monde paye les impôts chacun en paiera moins, et des contrôles plus ciblés et plus efficaces", a expliqué le ministre.

Fin 2015, le gouvernement italien avait évalué la perte annuelle liée à l'évasion fiscale à 90 milliards d'euros tandis qu'une étude de Confindustria, la principale confédération syndicale du patronat italien, l'avait évaluée à 122 milliards d'euros en 2015.

Avec AFP.

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