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Embuscade mortelle au Niger : Washington promet des récompenses pour arrêter le chef jihadiste

Myeshia Johnson, veuve du sergent La David Johnson tué dans une embuscade au Niger, lors du rapatriement du cercueil de son mari à Miami, Floride le 17 octobre 2017.

Deux ans après l'embuscade jihadiste au Niger qui a coûté la vie à quatre soldats américains et quatre Nigériens, les Etats-Unis ont promis vendredi des récompenses pouvant atteindre cinq millions de dollars en échange d'informations pour localiser le chef local du groupe Etat islamique.

Le 4 octobre 2017, une patrouille conjointe de onze soldats des forces spéciales américaines et 30 soldats nigériens avait été attaquée par des combattants affiliés à l'Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS) équipés d'armes automatiques, de grenades et de mitrailleuses à proximité du village de Tongo Tongo, à une centaine de kilomètres de Niamey, près de la frontière avec le Mali.

Un responsable du département d'Etat américain a annoncé vendredi à l'AFP "deux récompenses" en ce "jour anniversaire de l'embuscade", les premières dans cette enquête.

"La première peut aller jusqu'à cinq millions de dollars pour toute information permettant l'identification ou la localisation d'Adnan Abou Walid Sahraoui", le chef de l'EIGS, "une organisation terroriste qui a revendiqué l'embuscade", a-t-il déclaré.

Ce chef jihadiste "a un très, très long passé d'appartenance à des organisations terroristes, dont Al-Qaïda", et a été inscrit l'an dernier sur la liste noire américaine, a-t-il ajouté.

La seconde récompense, d'un même montant, vise à permettre "l'arrestation ou la condamnation dans n'importe quel pays de toute personne qui a commis, ourdi ou favorisé l'embuscade".

Les Etats-Unis, où ce guet-apens a suscité un vif débat sur la justification de la présence de 800 soldats américains dans cette région du monde, ont d'abord donné la priorité aux enquêtes internes sur cette opération ratée. L'armée américaine a ainsi sanctionné l'an dernier six militaires après avoir conclu à une série d'erreurs dans la préparation de cette mission.

"A ce stade, je ne pense pas que nous ayons arrêté qui que ce soit en lien avec le guet-apens", mais avec les récompenses, "nous espérons obtenir des indices ou informations qui permettent au gouvernement américain ou nigérien d'enquêter et de trouver les auteurs de cette attaque", a expliqué le responsable du département d'Etat.

Un autre responsable américain a assuré que la coopération avec Niamey était globalement "excellente", sans entrer dans le détail de cette enquête.

Le programme de récompenses de la diplomatie américaine a permis, depuis sa création en 1984, de distribuer plus de 150 millions de dollars à plus de 100 personnes "qui ont fourni des informations exploitables aidant à traduire en justice des terroristes ou à empêcher des actes terroristes".

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L'opposant Amadou Hama emprisonné à Niamey après sa garde à vue

Un homme se tient devant une affiche de campagne du candidat présidentiel Hama Amadou à Niamey le 27 février 2016.

L'opposant Amadou Hama été emprisonné lundi à Niamey après trois jours de garde à vue pour son rôle présumé dans les troubles ayant suivi la proclamation des résultats de la présidentielle au Niger, ont annoncé à l'AFP les services du procureur.

Amadou Hama "a été placé sous mandat de dépôt à (la prison de) Filingué" à Niamey sous "beaucoup de chefs d'accusation", dont "sa complicité" dans des manifestations et destructions de biens, selon ces services.

M. Hama, ancien Premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, est également accusé "de propagande régionaliste" et "de propos de nature à dresser les gens les uns contre les autres".

"D'autres personnes" détenues en lien avec les troubles ayant suivi la proclamation des résultats provisoires du second tour la présidentielle du 21 février "ont également été placées sous madat de dépôt", selon les services du procureur, qui n'ont pas cité leurs noms.

M. Hama s'était présenté de lui-même vendredi à la police de Niamey où il a passé trois jours en garde à vue avant d'être emprisonné sur décison du doyen des juges d'instruction chargé de son dossier.

Le ministre de l'Intérieur, Alkache Alhada, l'avait accusé la veille "d'être le principal auteur" des troubles ayant éclaté à Niamey après l'annonce le 23 février par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de l'élection de Mohamed Bazoum au second tour de la présidentielle.

Ces troubles ont fait deux morts, entraîné des pillages de commerces, des destructions d'infrastructures et de biens privés, et ont conduit à l'interpellation de 468 personnes, selon le ministre de l'Intérieur.

La victoire de M. Bazoum, dauphin du président sortant Mahamadou Issoufou, avec 55,7% des voix, est contestée par l'opposant et ancien chef d'Etat Mahamane Ousmane. Celui-ci s'est proclamé vainqueur, revendiquant 50,3% des voix.

Lundi, la coalition de l'opposition Cap 20/21 et ses alliés ont annoncé leur détermination à "défendre" la "victoire" de l'opposant Mahamane Ousmane "par tous les moyens de droit".

La coalition "exige" la "libération sans condition" des personnes interpellées, dont Amadou Hama.

Considéré comme un sérieux challenger à la présidentielle, Amadou Hama n'a pas pu se présenter à l'élection en raison de sa condamnation à un an de prison pour une affaire de trafic de bébés, affaire qu'il a qualifiée de "complot" pour l'écarter du scrutin.

Il avait apporté son soutien à Mahamane Ousmane.

Parmi les personnes arrêtées figure également l'ancien chef d'état-major des armées Moumouni Boureima, proche de Amadou Hama, accusé d'être l'un des "meneurs" des troubles à Niamey.

Selon la presse locale, Djibrilla Baré Maïnassara, candidat au premier tour qui a soutenu M. Ousmane et frère de l'ex-président Ibrahim Baré Maïnassara, assassiné lors d'un coup d'Etat en 1999, fait aussi partie des personnes détenues.

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