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Elections en Bolivie: Morales en tête, mais contraint à un second tour inédit

Un assesseur exhibe un bulletin de vote au nom du président Evo Morales après la fermeture des bureaux de vote à La Paz, en Bolivie, le dimanche 20 octobre 2019. (AP Photo / Juan Karita)

Le président bolivien sortant, Evo Morales, est arrivé dimanche en tête de l'élection présidentielle, suivi de près par son principal adversaire, le centriste Carlos Mesa, le contraignant à un second tour inédit dans ce pays, selon des résultats partiels.

Le socialiste Morales remportait 45,28% des voix, tandis que M. Mesa totalisait 38,16% des votes, a annoncé vers 20H00 (00H00 GMT) la présidente du Tribunal suprême électoral bolivien, Maria Eugenia Choque, avec près de 84% des bulletins dépouillés.

Pour éviter un second tour, le candidat en tête doit obtenir la majorité absolue ou au moins 40% des voix avec 10 points de pourcentage d'écart sur le second.

Neuf candidats aspiraient à diriger la Bolivie, mais seul Carlos Mesa, un journaliste de 66 ans qui fut déjà président entre 2003 et 2005, semblait en mesure de faire trébucher le chef de l'Etat de 59 ans, jusqu'ici systématiquement élu dès le premier tour.

Dans ce pays de 11,3 millions d'habitants, le vote est obligatoire.

Dans le centre de La Paz, Jorge Aguilera, 24 ans, et son père Hector, ont assisté, en tant que simples citoyens, au dépouillement dans le collège Hugo Davila.

"C'était important de venir, à cause de ce qui s'est passé dans le pays", déclare Jorge à l'AFP, à propos des risques de manipulation des résultats. "Je ne crois pas que la fraude ait lieu à ce niveau (...) mais au moment de rentrer l'information dans le système informatique. Le risque est là!", ajoute son père une fois le décompte manuel terminé.

L'opposition a appelé à un "vote sanction", le camp présidentiel au "vote sûr". Après avoir voté, le vice-président Alvaro Garcia Linera a enjoint les électeurs à "penser à la tranquillité de la Bolivie", en mentionnant les violentes manifestations au Chili et en Equateur.

Collier de fleurs et chemisette blanche, le chef de l'Etat a voté dans son fief du Chaparé (centre), une des régions de production de coca. Avant de repartir pour La Paz, Evo Morales s'est dit "optimiste" et "confiant en la démocratie".

De son côté, Carlos Mesa a dit dans un entretien à l'AFP craindre des fraudes car le parti de M. Morales "contrôle tous les organes de l'Etat".

- Candidature mal vue -

Pour la politologue bolivienne Maria Teresa Zegada, "le pouvoir a remplacé les politiques destinées à toute la population par d'autres qui ne servent les intérêts que de certains secteurs, et des leaders de l'opposition ont été persécutés". "Tout cela a provoqué un malaise citoyen et donné l'impression que la démocratie était en danger", analyse-t-elle dans un entretien à l'AFP.

En outre, la décision de M. Morales de briguer un quatrième mandat, malgré le "non" lors du référendum de février 2016, est très mal vue par une partie des Boliviens et critiquée par l'opposition, qui estime que le pays pourrait verser dans l'autocratie en cas de nouvelle victoire.

Tant les partisans du Mouvement vers le socialisme (MAS) au pouvoir que ceux de l'opposition, dont certains secteurs ont appelé à la "rébellion", ont promis de descendre dans la rue en cas de victoire du camp adverse.

Enfin, les gigantesques incendies qui ont ravagé en août et septembre une zone presque de la taille de la Suisse ont provoqué l'indignation des peuples indigènes, qui accusent Evo Morales d'avoir sacrifié la Pachamama, la Terre mère en langue quechua, pour étendre les terres agricoles et augmenter la production de viande destinée à la Chine.

Les défenseurs de l'environnement mettent en cause une récente loi autorisant une augmentation de 5 à 20 hectares de la déforestation par brûlis.

De son côté, M. Morales a fait campagne en insistant sur sa réussite économique (maintien d'une croissance économique élevée, forte réduction de la pauvreté, niveau record de réserves internationales), qui a fait de la Bolivie un des pays avec le meilleur taux de croissance de la région.

Les 7,3 millions d'électeurs boliviens ont voté dimanche pour leurs président et vice-président, ainsi que pour leurs 130 députés et 36 sénateurs.

Avec AFP

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Sécheresse historique au Chili en pleine crise de coronavirus

Lagune d’Aculeo à Paine, Chili, 14 mai 2018. (Photo Reuters/Matias Delacroix)

Le centre du Chili est frappé de plein fouet par une sécheresse sans précédent qui assèche les rivières, vide les réservoirs des barrages et rend les habitants plus vulnérables face à l'épidémie de Covid-19.

"Aujourd'hui, il y a plus de 400.000 familles, soit près de 1,5 million de personnes, dont la consommation quotidienne de 50 litres d'eau est fournie par des camions-citernes", explique Rodrigo Mundaca, porte-parole du Mouvement pour la défense de l'accès à l'eau, la terre et pour la protection de l'environnement (Modatima).

Dans la région métropolitaine de Santiago et à Valparaiso, les précipitations de l'année 2019 ont été inférieures de 80% au plus bas historique, et de 90% dans la région de Coquimbo (nord). Des camions-citernes parcourent quotidiennement les routes et chemins de terre pour approvisionner les habitations où l'eau est conservée dans des bidons.

"Dans une situation de pandémie comme aujourd'hui, cela montre une fois de plus que lorsqu'il existe un modèle d'appropriation privée de l'eau (...), cela ne garantit pas le droit humain à l'eau et rend les communautés encore plus fragiles", dénonce Rodrigo Mundaca. La législation chilienne prévoit que l'eau est un bien public, mais la quasi-totalité des droits d'exploitation appartiennent à des privés.

Une situation dénoncée par les manifestants depuis le début de la crise sociale en octobre 2019 qui critiquent un système socio-économique où le secteur privé prévaut dans les domaines tels que la santé, l'éducation, les retraites et la gestion de l'eau.

-"L'eau s'achète, se vend, se loue"-

Une centaine d'habitants d'El Melon ont occupé récemment un des puits gérés par l'entreprise minière Anglo American, une des multinationales qui exploite le cuivre du Chili.

Les habitants, qui ont été délogés à plusieurs reprises par la police, réclament que l'eau de ce puits soit destinée à l'approvisionnement en eau potable de la zone et non à l'activité minière. De son côté, Anglo American assure chercher "des solutions permettant aux habitants de la zone d'avoir un accès permanent à l'eau potable".

Selon Rodrigo Mundaca, le code de l'eau élaboré en 1981, en pleine dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), "sépare la propriété de l'eau de celle de la terre. Il y a des propriétaires qui n'ont pas la propriété de l'eau et vice-versa, ce qui a donné naissance au marché (des droits) de l'eau", explique-t-il, affiramant que "l'eau s'achète, se vend, se loue".

Le directeur général des Eaux chiliennes, Oscar Cristi, assure que les droits de l'eau sont distribués à des gestionnaires privés, mais restent cependant aux mains de l'Etat qui a le pouvoir de réguler la quantité d'eau puisée. Mais cela n'est jamais arrivé, et, le cas échéant, l'Etat doit alors indemniser les détenteurs des droits de leurs pertes financières au prix du marché.

Couvre-feu dans deux villes du Venezuela frontalières de la Colombie

Poste-frontière du pont Simon Bolivar entre la Colombie et le Venezuela à San Antonio dans l'Etat vénézuélien de Tachira, 22 août 2015. (Photo: Reuters/Carlos Eduardo Ramirez)

Le président Nicolas Maduro a décrété un couvre-feu à San Antonio et Urena, affirmant que des groupes violents tentent de se mêler au flot de Vénézuéliens de retour chez eux en raison du coronavirus.

Dans ces deux villes, le couvre-feu sera en vigueur de 16h00 à 10h00 (20h00-14h00 GMT) et la frontière sera fermée à ces heures, a précisé le ministre de la Communication Jorge Rodriguez.

"Certains éléments au pouvoir au sein du gouvernement colombien profitent" du retour de Vénézuéliens dans leur pays pour "faire passer des paramilitaires, des déserteurs, des mercenaires qui viennent semer la violence" au Venezuela, a ajouté M. Rodriguez, indiquant que quatre personnes ont été arrêtées lundi.

Nicolas Maduro accuse fréquemment son homologue colombien Ivan Duque d'être impliqué dans des "complots" visant à le renverser avec le soutien des Etats-Unis. Le gouvernement de M. Duque nie ces accusations.

La Colombie reconnaît l'opposant Juan Guaido comme président par intérim, estimant que la présidentielle de 2018 qui a permis à Nicolas Maduro de se maintenir au pouvoir était frauduleuse.

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