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RDC

Confusion à 10 jour de la campagne électorale en RDC

De G. à D., Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Alan Doss, président de la Fondation Kofi Anna, Martin Fayulu, Freddy Matungulu, Félix Tshisekedi, Moise Katumbi et Vital Kamerhe, à Genève

La confusion règne de nouveau à dix jours de l'ouverture de la campagne pour les élections du 23 décembre en République démocratique du Congo, où le candidat unique de l'opposition Martin Fayulu s'est déclaré "révulsé" par la volte-face de deux ténors qui lui ont brutalement retiré leur soutien.

Dans le cadre d'une présidentielle à un tour, l'opposition affirmait vouloir un "candidat commun" face au "dauphin" du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et qui ne pouvait pas se représenter.

Les partenaires étrangers de la RDC (Nations unies, Etats-Unis, France, Belgique, Afrique du Sud...) croisaient les doigts en rêvant d'une première "transition pacifique" dans le plus grand pays d'Afrique sub-saharienne, susceptible d'inspirer toute l'Afrique centrale.

La donne s'est compliquée lundi soir quand Félix Tshisekedi (UDPS) et Vital Kamerhe (UNC) ont dénoncé l'accord conclu la veille à sept pour désigner à la surprise générale l'outsider Martin Fayulu comme candidat commun de l'opposition.

"L'accord existe toujours", a déclaré M. Fayulu sur TV5Monde, dans sa première réaction à la volte-face de MM. Tshisekedi et Kamerhe qui affirment avoir agi sous la pression de leur base.

"C'est extrêmement grave. Quel signal donnons-nous aux enfants et à la population, surtout nous dans l'opposition qui disons tout le temps que le pouvoir +kabiliste+ ne respecte pas la Constitution?", s'est-il emporté sous le coup de ce dernier avatar d'un grand classique de la politique congolaise: la division des opposants.

"J'invite mes frères (Tshisekedi et Kamerhe) à dépasser les considérations partisanes et à privilégier l'intérêt supérieur de la Nation. Il n'est jamais trop tard pour bien faire", a tempéré mardi après-midi dans un tweet M. Fayulu.

"Pour l'instant le dialogue est rompu", a déclaré un responsable de l'UDPS à Bruxelles où se trouve toujours M. Tshisekedi, qui pourrait rentrer samedi à Kinshasa.

Report des élections

Les partisans de MM. Tshisekedi et Kamerhe leur demandent de maintenir leur candidature, alors que l'accord de Genève envisageait le "retrait par solidarité" au profit du candidat commun.

Cet accord a également été signé par deux autres ténors, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, qui n'ont pas pu se présenter à l'élection présidentielle.

L'accord révélé par Jeune Afrique envisageait aussi l'hypothèse de "la non-tenue de l'élection présidentielle", avec dans ce cas une réunion d'une "conférence des leaders" pour "statuer sur les options nouvelles, l'issue de la candidature commune et les stratégies à adopter".

Cet éventuel nouveau report des élections - le mandat de Joseph Kabila s'est achevé en décembre 2016 - a embrasé la base de l'UDPS, le parti de M. Tshisekedi.

"Nous avons estimé que nos amis +invalidés+ (ndr: MM. Katumbi et Bemba) n'étaient pas sincères avec nous, qu'ils voulaient nous amener vers un boycott, un chemin dangereux pour la RDC", avait déclaré lundi le secrétaire général de l'UDPS Jean-Marc Kabund.

"Il nous a fallu verser le sang dans ce pays pour que Kabila accepte d'organiser les élections. Et nous allons sacrifier tous ces efforts ? Nous ne pouvons pas admettre tout cela", a-t-il ajouté.

L'UDPS veut des élections coûte que coûte le 23 décembre, et avec ou sans la "machine à voter" (qui permettront aux électeurs de choisir les candidats et d'imprimer les bulletins de vote), rejetée par les autres signataires.

"Notre Congo mérite mieux"

Ces divisions au sein de l'opposition arrangent le Front commun du Congo (FCC) constitué autour du président Kabila et de l'homme qu'il soutient pour lui succéder, l'ex-ministre de l'Intérieur et patron du parti présidentiel Emmanuel Ramazani Shadary.

"Que tous ceux et celles qui sont profondément déçus par cette énième trahison de notre peuple par les leaders de l'opposition congolaise au service d'une cause étrangère à l'intérêt national, rejoignent le camp du Congo, le FCC", a tweeté le camp présidentiel.

Les querelles de l'opposition désolent le mouvement citoyen anti-Kabila Lutte pour le changement (Lucha): "Nous n'avons d'autres choix que de réinventer par nous-même (...) le changement que nous voulons (...). Assez! Notre Congo mérite mieux".

Les spéculations vont bon train sur les raisons profondes du retournement de MM. Tshisekedi.

Le quotidien Le Potentiel voit la "main noire" des services de renseignement derrière la fronde de leurs militants: "Des observateurs avertis de la scène politique s'accordent pour dire que les services ont travaillé au corps les partisans de l'UDPS et de l'UNC".

Autre hypothèse: floués par MM. Katumbi et Bemba, MM. Tshisekedi et Kamerhe avaient prévu un coup de billard à trois bandes en faisant mine de découvrir la colère de leur base...

En attendant, il reste toujours 21 candidats en course à l'élection présidentielle toujours prévue le 23 décembre, en même temps que les législatives et les provinciales. Et MM. Tshisekedi et Kamerhe ont les faveurs d'un sondage qui place le candidat du pouvoir en troisième position derrière eux deux.

Avec AFP

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Nord-Kivu: les hôpitaux débordés par les blessés des manifestations contre les soldats de l'ONU

Des soldats de la mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUSCO) dans un véhicule alors qu'ils patrouillent dans la région de Djugu, dans la province d'Ituri, dans l'est de la RDC, le 13 mars 2020.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est inquiété samedi de "l'afflux de blessés par arme" dans les hôpitaux de la province du Nord-Kivu, après les manifestations contre la mission de l'ONU qui ont secoué cette région de l'est de la République démocratique du Congo.

"Plus de 120 personnes blessées" sont prises en charge à l'hôpital général de référence (HGR) de Beni et à l'hôpital CBCA Ndosho de Goma avec le soutien du CICR, a indiqué cette organisation humanitaire dans un communiqué.

Au 14 avril, les équipes médicales "suivaient 51 personnes blessées par armes, hospitalisés à l'HGR de Beni dont 9 nouveaux cas liés aux récentes manifestations" dans la zone, a-t-on expliqué.

"Actuellement, nous avons atteint nos limites en capacité d'accueil à l'HGR de Béni qui compte 43 lits et sommes presqu'à terme pour l'Hôpital CBCA Ndosho de Goma qui en a 74. Les équipes sont mobilisées depuis plus d'une semaine pour répondre à cet afflux", a expliqué Kelnor Panglungtshang, chef de la Sous-délégation du CICR à Goma.

Selon ce responsable, le nombre de blessés hospitalisés a explosé à la suite de manifestations dans plusieurs localités du Nord-Kivu, depuis le début de la semaine.

Ces manifestations, associées à une grève générale dans plusieurs villes (Beni, Butembo, Goma...), ont été organisées à l'appel des groupes de pression et des mouvements citoyens dénonçant l'inaction de la Mission des Nations unies (Monusco) face aux massacres de civils dans la province du Nord-Kivu.

En début de semaine, le gouverneur de province a interdit toute manifestation, alors qu'une dizaine de personnes ont été tuées lors d'affrontements avec les forces de l'ordre au cours de ces rassemblements au Nord-Kivu depuis le lancement de cette mobilisation le 5 avril.

Le décret du gouverneur est considéré comme "nul", selon Lucha, un groupe de défense des droits des citoyens. "Nos manifestations continuent", a tweeté mercredi ce groupe à but non lucratif.

"Les jouisseurs de la Gombe (quartier administratif de Kinshasa, ndlr) ne prennent pas au sérieux les priorités du peuple congolais notamment l'insécurité à l'Est et le social. La réalité sur terrain est éloquente, le dire n'est pas un crime", a écrit Lucha dans un autre tweet.

La région du Kivu, où sévissent une centaine de groupe armés, est en proie à des violences meurtrières depuis 25 ans.

Pour sa part, la nouvelle cheffe de la Monusco, la Guinéenne Bintou Keita, a effectué une brève tournée dans l'est du pays, où elle a notamment rencontré l'ancien président Joseph Kabila à Lubumbashi.

Sur le terrain, pourtant, rien n'a changé.

"Trois personnes ont été tuées et plus de cent maisons incendiées au cours d'une nouvelle attaque vendredi" en Ituri, rapportent nos confrères de Radio Okapi. Toujours selon la radio onusienne, le nouveau ministre de la défense, Gilbert Kabanda Kurhenga, promet de s'attéler à mettre fin aux massacres.

Tête-à-tête à huis clos entre l’Ambassadeur des Etats-Unis et Denis Mukwege

Mike Hammer visite les activés de la fondation Panzi, à Bukavu, en RDC, le 16 avril 2021.

Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege s'est entretenu jeudi à huis clos pendant plus de deux heures avec l'ambassadeur américain en RDC Mike Hammer, à l'occasion d'une visite effectuée par ce dernier dans les locaux de la clinique Panzi à Bukavu.

Selon les services de communication de la fondation Panzi, lancée par Dr Mukwege, le diplomate est venu s'entretenir avec le célèbre chirurgien dans le cadre de son travail avec les différents acteurs de la vie politique et sociale congolaise.

L'ambassadeur des USA visite le Dr Denis Mukwege à Bukavu, en RDC, le 16 avril 2021.
L'ambassadeur des USA visite le Dr Denis Mukwege à Bukavu, en RDC, le 16 avril 2021.

"Les Etats-Unis sont très fiers d’avoir soutenu Dr Mukwege et la fondation Panzi pendant plus de 10 ans et nous sommes toujours impliqués à travailler ensemble pour aider à stopper la violence sexuelle et aider les victimes qui en sont affectées", a déclaré la partie américaine.

Abordant les questions de coopération avec la RDC, Mike Hammer a souligné devant la presse que les Etats Unis ont fait un don de 38 millions de dollars à travers USAID pour l’éducation des enfants en zone de conflits en RDC.

Un mort dans une nouvelle manifestation contre l'inaction de la Monusco

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Le gouvernement de Sama Lukonde suscite des grincements de dents parmi les élus

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Double meurtre des experts de l'ONU au Kasaï: un témoin parle de "préméditation"

Un combattant de la Force de résistance patriotique de l'Ituri (FRPI) debout à côté d’un véhicule de la Monusco, près de Tchei, Ituri, 28 juillet 2006.

Une journaliste française a été entendue jeudi comme témoin au procès des auteurs présumés du meurtre dans le sud-est de la République démocratique du Congo de deux experts des Nations unies, en mars 2017, en marge du conflit dans la région du Kasaï.

Correspondante en RDC pour Radio France internationale (RFI), Sonia Rolley a évoqué la thèse de la "préméditation" et de la complicité des agents des forces de sécurité lors de son audition devant la justice militaire à Kananga, chef-lieu d'une des provinces du Kasaï.

Une trentaine de personnes sont accusées du meurtre des deux jeunes experts des Nations unies, l'Américain Michael Sharp et la Suédoise d'origine chilienne Zaida Catalan, le 12 mars 2017.

Selon la version officielle des autorités de l'époque, ils ont été tués par des miliciens de la secte Kamuina Nsapu, alors en guerre contre l'armée régulière. Le conflit a fait 3.400 morts et des dizaines de milliers de déplacés entre septembre 2016 et mi-2017.

Sonia Rolley a indiqué avoir rencontré les deux experts par deux fois à Kananga en 2017 au plus fort de l'insurrection des miliciens du chef coutumier Kamuina Nsapu, tué par les forces de sécurité en août 2016.

"Ils m'ont expliqué qu'ils étaient au Kasaï avec le mandat du Conseil de sécurité de l'ONU afin d'enquêter sur la situation des enfants dans les groupes armés, l'approvisionnement en armes de la milice, leurs soutiens au niveau de l'échiquier politique et administratif tant provincial que national et enfin les fosses communes", a déclaré la journaliste.

"Je pense qu'il y a eu préméditation" dans le meurtre des deux experts, a-t-elle ajouté, reprenant des éléments d'une de ses enquêtes de décembre 2017 sur la duplicité des autorités.

"L'interprète des experts disposait d'une carte de l'Agence nationale des renseignements", a-t-elle indiqué.

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