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Les Sénégalais de tous bords s'impliquent dans la lutte contre le coronavirus

Des employés municipaux portant des masques comme mesure préventive contre le coronavirus nettoient les étals d'un marché informel au quartier populaire de la Médina à Dakar, le 22 mars 2020. (Photo: JOHN WESSELS / AFP)

Alors que le gouvernement annonce plusieurs milliards d'aide d'urgence pour soutenir l'économie, les Sénégalais se mobilisent comme ils peuvent pour participer à la lutte contre le coronavirus. Des participations symboliques aux dons en natures et en espèces en passant par l'usage des technologies pour la sensibilisation, chacun y va de sa touche personnelle.

Sous l'impulsion des guides religieux et des stars comme le chanteur Youssou Ndour, les citoyens sénégalais se montrent solidaires pour vaincre le covid-19.

Dieynaba Ousmane, commerçante, indique qu'elle a donné un apport financier aux "structures compétentes" vu que le coronavirus touche la plupart du monde. Dieynaba estime avoir fait un "acte social" comme tout citoyen et tout Sénégalais pour "participer à l'achat de masques, de gels hydro alcooliques, des savons".

La mobilisation est aussi à son fort chez les jeunes. Beaucoup se mobilisent en mettant à contribution la technologie. Ainsi, les promoteurs de la plateforme cyber-citoyenne "SunuCity" ont mis en place le site web covid19.sn, dont le but est de faciliter le travail du ministère de la santé. Une application mobile est également disponible. L'objectif est de "ne pas entrer dans la psychose des rumeurs", souligne Mactar Samb, membre de la plateforme​.

Les artistes ne sont pas en reste. Sous l'égide du mouvement civique Y'en a Marre, des rappeurs ont publié une chanson hip hop, en wolof et en français, deux des langues les plus parlées au Sénégal.

La chanson encourage les gens à prendre le virus au sérieux et leur apprend comment le prévenir et où trouver de l'aide. Intitulé "Fagaru Ci Corona" (prévenir le coronavirus), le clip a été visionné plus de 19 000 fois sur YouTube depuis jeudi dernier.


Les institutions sont aussi impliquées. La mairie de la ville de Dakar, la capitale sénégalaise, a débloqué une enveloppe de 100 millions de Francs CFA pour soutenir les autorités sanitaires.

Babacar Abba Mbaye, le directeur de la santé de la ville, affirme que cette situation est une mise à l'épreuve où tout le monde doit marquer son implication.

"Toute l'inquiétude qu'on a, c'est que Dakar devienne le centre de gravité de l'épidémie, puisque tout part de Dakar et que tout revient à Dakar dans ce pays", précise M. Mbaye. "Aujourd'hui chacun d'entre nous doit être à l'heure de la responsabilité sanitaire", conseille-t-il.

Pendant que les contributions continuent d'affluer, le président Macky Sall a demandé à ses ministres de suivre l'exemple des citoyens et de participer à hauteur d'un million de francs CFA chacun. Les fonctionnaires de l'État ont aussi déposé, de manière volontaire, des participations allant de 1000 à 250.000 francs CFA.

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Les commerçants s'accrochent au célèbre marché Sandaga à Dakar malgré sa démolition

D’habitude bourrés de monde et de voiture, le rond-point Sandaga respire, à Dakar, le 5 août 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, le centre-ville de la capitale retrouve des couleurs suite à la réfection du célèbre marché Sandaga. Si les riverains apprécient le désencombrement des principales artères, les commerçants délogés et recasés ne sont pas contents.

La mue du marché Sandaga, au centre-ville de Dakar, a commencé dimanche par une démolition des emprises autour du bâtiment central.

Les commerçants continuent à squatter les alentours du marché Sandaga malgré sa démolition annoncée. Beaucoup d'entre eux ont perdu leurs étalages, mais préfèrent rester sur place et vendre à la sauvette au lieu de rejoindre le site de recasement du "champs de courses" situé à une dizaine de minutes.

Pathé Mbaye explique ce choix par l'absence d'attractivité du site. "J'étais commerçant avant la démolition mais maintenant je suis redevenu marchand ambulant: je marche avec tous mes bagages traînant un peu partout à Dakar", se lamente-t-il.

Le nouveau site désigné pour le commerce ne lui plait pas. "Là-bas tu peux rester des jours sans voir de clients", argumente le marchand.

Sandaga était le marché le plus populaire de la capitale mais aussi l'un des plus anarchiquement occupés. Les habitants du centre-ville en ont souvent fait les frais comme le relate Doudou Sarr, qui se réjouit de cette libération des emprises autour du marché Sandaga.

"Nous qui vivons ici, on avait un sérieux problème parce que même pour évacuer un cas de décès c’était tout un problème à cause de l’occupation anarchique qui régnait... Des fois on en venait aux mains", se souvient-il.

Cet habitant d'une maison jouxtant le marché affirme que même "les passages piétons étaient occupés par les marchands" ce qui a causé plusieurs accidents. Avec la démolition, les habitants se disent soulagés.

Ce soulagement est partagé par les automobilistes qui avaient beaucoup de peine à circuler à cause des bouchons permanents sur ce carrefour important du centre-ville.

Pape, chauffeur de taxi, est habitué à rouler sur cet axe qu'il juge infernal.

"Pour nous, la démolition du marché est plus que salutaire. Avec le rond-point de Sandaga qui était occupé par les vendeurs on a eu tout le temps des embouteillages, c'était très compliqué pour nous les automobilistes", fustige-t-il. "A la limite ce sont les voitures qui évitent les vendeurs et les piétons", se souvient le chauffeur de taxi.

En attendant de savoir le sort qui sera réservé à cette bâtisse vieille de plusieurs dizaines d'années, les habitants et les riverains montrent leur satisfaction tandis que les commerçants ne sont pas emballés par le site de recasement que beaucoup d'entre eux refusent de rejoindre.

Dakar: le marché historique de Sandaga va être modernisé
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Les autorités sénégalaises craignent une banalisation du coronavirus

Le port du masque strictement respecté dans les rues de Dakar, au Sénégal, le 10 août 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Le gouvernement sénégalais a annoncé ‪vendredi un durcissement des mesures contre le Covid-19. Les rassemblements au niveau des espaces publics, des plages, des terrains de sports, des salles de spectacles, ainsi que les manifestations, sont désormais interdits.

Les populations ont accueilli cette nouvelle avec une certaine indifférence alors que les chiffres ne cessent de grimper.

A peine un mois après la levée de l'état d'urgence assorti d'un couvre-feu et l'allègement des mesures, les autorités sont revenues sur certaines de ces mesures, annonçant un durcissement dans le cadre de la prévention.

"Ils avaient suivi la volonté des populations pour leur permettre de vaquer à leurs préoccupations mais au fur et à mesure ils se sont rendus compte que cette méthode ne pouvait plus prospérer car les cas ont considérablement augmenté", regrette Alseni Camara.

Il dénonce par ailleurs que "ceux qui nous dirigent ne joignent pas l'acte à la parole" car ils s'affichent souvent dans des manifestations publiques en pleine pandémie. Pour Alseni on ne peut pas "interdire aux populations de se rendre dans les cérémonies et être les premiers à déroger" à cette règle. Il pense que si les autorités avaient "rompu avec les festivités" la population suivrait facilement.

Coronavirus: nouveau durcissement des mesures
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Pour des citoyens comme Abdou Seck ce retour aux décisions initiales ne va pas changer grand-chose dans l'attitude de beaucoup de Sénégalais.

"Tout le monde ou presque ne se préoccupe plus du coronavirus et la récente fête de la Tabaski l'a montré. Les gens ont acheté des moutons et fréquentés les lieux de commerces avec une densité incroyable et souvent sans respecter les mesures barrières", constate-t-il avant d'ajouter que même les forces de l'ordre semblent avoir démissionné.

"Nous savons tous que sans une réelle force de dissuasion les Sénégalais ne vont jamais se conformer aux mesures édictées. Certains doutent même de l'existence de la maladie", assure-t-il.


La banalisation de la pandémie a certainement fait réagir les autorités d'après ce citoyen qui a requis l'anonymat. Pour lui le comportement des Sénégalais a motivé le retour aux restrictions. "La répétition est pédagogique. Parfois il est bon de rappeler aux citoyens les mesures de civilités et autres", affirme-t-il.

Pour lui, il est normal de "rappeler les gens à l'ordre" si l'on remarque qu’il y’a des débordements, que les gens commencent à "omettre ou à ne pas respecter" les limites qui ont été fixées pour "la santé et l’intérêt général".

"C'est quelque chose que tout le monde doit respecter et il est bon de le rappeler", soutient-il fermement.

Pour que tout le monde se conforme aux mesures, le ministre de l'Intérieur a annoncé un renforcement des contrôles par les forces de l'ordre et une tolérance zéro vis-à-vis des récalcitrants avec des peines pouvant aller d'une simple amende à un emprisonnement.

Cette nouvelle ligne dure est censée freiner la flambée notée au niveau des cas issus de la transmission communautaire.

Les autorités sénégalaises réintroduisent des mesures restrictives contre le coronavirus
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Les autorités sénégalaises réintroduisent des mesures restrictives contre le coronavirus

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Coronavirus: nouveau durcissement des mesures

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Six personnes inculpées après l'attaque du siège d'un quotidien sénégalais

Les Sénégalais lisent les nouvelles du matin, à Dakar, le 27 février 2012.

Au Sénégal, six personnes soupçonnées d'avoir participé à l'attaque du journal Les Echos ont été inculpées et écrouées vendredi soir à Dakar, a affirmé samedi une source proche du dossier. 

Ces personnes sont poursuivies pour pillage de biens appartenant à autrui et association de malfaiteurs.

"C'est une qualification criminelle. Ces faits sont punis de 10 ans de prison", a expliqué cette source, sans préciser l'identité des six personnes.

Lundi, le siège des Echos avait été vandalisé par des partisans présumés d'un guide religieux, qui reprochaient à la rédaction du quotidien d'avoir affirmé que ce dernier avait été contaminé par le Covid-19.

Sept ordinateurs et un poste de télévision avaient été endommagés par une demi-douzaine d'hommes à la recherche de l'auteur de l'article, publié le jour même, affirmant que Serigne Moustapha Sy, figure de l'influente confrérie musulmane des tidianes et président du Parti de l'unité et du rassemblement (PUR), avait été "terrassé par le Covid-19" et admis à l'Hôpital principal de Dakar.

Le parti avait démenti ces "mensonges éhontés" dans un communiqué et affirmé que le président du PUR était "bien portant".

Reporter sans frontières (RSF) et des organisations locales de défense de la presse avaient dénoncé cette attaque.

Le Sénégal a officiellement déclaré 10.432 cas de coronavirus, pour 214 décès. Des personnes contaminées ont dénoncé publiquement la "stigmatisation" dont elles ont été victimes lorsque leur maladie a été connue.

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