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Les pouvoirs du président égyptien étendus dans le cadre de la loi d'urgence

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi lors d'un sommet entre la Ligue arabe et l'Union européenne, à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 24 février 2019. (Photo: REUTERS/Mohamed Abd El Ghany)

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a ratifié une série d'amendements à la loi sur l'état d'urgence qui étend ses pouvoirs, une mesure prise en pleine pandémie de Covid-19 et dénoncée par des ONG.

Jeudi, Human Rights Watch (HRW) a dénoncé dans un communiqué les amendements, approuvés par le Parlement fin avril, les qualifiant de "couverture" pour la mise en place de "nouveaux pouvoirs répressifs".

"Le gouvernement du président Sissi utilise la pandémie pour étendre, et non réformer, la loi d'urgence abusive en Egypte", a indiqué Joe Stork, directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Les amendements, publiés au journal officiel jeudi soir, permettent au président d'ordonner la fermeture des écoles, la suspension des services publics, l'interdiction des rassemblements publics et privés et le placement en quarantaine des voyageurs entrant dans le pays.

Ils permettent aussi au président de limiter le commerce de certains produits, de réquisitionner les centres médicaux privés et de transformer des écoles, centres éducatifs et autres établissements publics en hôpitaux de campagne.


Le procureur militaire sera également autorisé à assister le ministère public pour enquêter sur des crimes rapportés par les forces armées responsables du respect des lois sous l'état d'urgence.

M. Stork a souligné que bien que certaines de ces mesures soient nécessaires en temps de crise sanitaire, "elles ne doivent pas entraîner des abus".

"Recourir à la +sécurité nationale et à l'ordre public+ comme une justification reflète la mentalité sécuritaire qui gouverne l'Egypte de Sissi", a-t-il ajouté.

L'Egypte a officiellement enregistré 7.981 infections, dont 482 décès et 1.887 guérisons.

Le pays est sous état d'urgence renouvelé depuis un attentat revendiqué par un groupe jihadiste affilié à l'Etat islamique (EI) en avril 2017.

La législation d'exception élargit considérablement les pouvoirs de la police en matière d'arrestation, de surveillance, de déplacements et réduit les droits constitutionnels tels que la liberté d'expression.

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L'Egypte ouvre une enquête sur des allégations de viol dans un palace du Caire

Un groupe de jeunes hommes égyptiens lançant des commentaires sexistes au passage de filles dans la rue au Caire, en Égypte, le 15 juin 2018. Le harcèlement sexuel et sexiste est courant dans le pays. (Hamada Elrasam/VOA).

Le parquet égyptien a annoncé l'ouverture d'une enquête sur des allégations de viol collectif dans un grand hôtel du Caire en 2014, apparues sur les réseaux sociaux le mois dernier.

Le parquet a indiqué dans un communiqué avoir "reçu une lettre du Conseil national des femmes, accompagnée d'une plainte déposée par une des femmes qui ont subi des agressions sexuelles de la part de plusieurs personnes au Fairmont Nile City Hotel du Caire en 2014".

Le communiqué fait aussi état de "témoignages de la part de personnes ayant connaissance" de cette affaire. Les résultats de l'enquête seront rendus publics "en temps voulu".

Une allégation de viol en réunion dans un hôtel cinq étoiles au Caire, apparue sur un compte très suivi sur les réseaux sociaux, a provoqué une nouvelle déferlante #MeToo en Egypte, pays très conservateur.

L'agression présumée a eu lieu en 2014 dans cet établissement, où un groupe de six hommes ont drogué et violé plusieurs victimes, selon le compte Assault Police.

Les noms et photos des mis en cause, tous issus de familles aisées, ont circulé en ligne. Le Fairmont Hotel a affirmé la semaine dernière avoir enquêté sur ces accusations.

"Nous pouvons confirmer qu'il n'a jamais été fait état de cet incident auprès de l'hôtel ou de la police du Tourisme", a affirmé Yara ElDouky, directrice de communication du Fairmont, ajoutant que le personnel se tenait à la disposition des enquêteurs.

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Une allégation de viol collectif au Caire suscite une nouvelle campagne #MeToo

Jeunes égyptiens harcelant des femmes qui traversent la route au Caire, en Égypte, le 20 août 2012. L'un d'eux va jusqu'à la toucher sur les fesses, ce qui arrive fréquement en Egypte, sans que les autorités ne réagissent ou n'interviennent (Photo AP/Ahmed Abd el Latif)

En Egypte, une allégation de viol collectif dans un hôtel cinq étoiles au Caire, apparue sur un compte très suivi sur les réseaux sociaux, a provoqué une nouvelle déferlante #MeToo.

L'agression présumée a eu lieu à l'hôtel Fairmont Nile City en 2014, où un groupe de six hommes ont drogué et violé plusieurs victimes, selon le compte Assault Police. Les noms et photos des mis en cause, tous issus de familles aisées, ont circulé en ligne. Une source proche de l'une des victimes a confirmé ces viols, disant que la victime n'a pas voulu s'exprimer par crainte de représailles.

Le compte, suivi par 170.000 abonnés, a dû fermer de manière soudaine mercredi après de multiples menaces de mort, selon une source proche de son administrateur. Aucune enquête officielle n'a été ouverte jusque-là, alors que le mot-dièse #FairmontIncident déferle sur Twitter.

Un groupe de jeunes hommes égyptiens lançant des commentaires sexistes contre des filles dans la rue au Caire, en Égypte, le 15 juin 2018 (Hamada Elrasam/VOA)
Un groupe de jeunes hommes égyptiens lançant des commentaires sexistes contre des filles dans la rue au Caire, en Égypte, le 15 juin 2018 (Hamada Elrasam/VOA)

Le compte Assault Police a été fondamental dans le tollé provoqué en Egypte contre Ahmed Bassam Zaki, 22 ans, un ancien étudiant d'institutions prestigieuses du pays accusé d'être un prédateur sexuel. Arrêté le 4 juillet, Zaki a avoué avoir agressé et fait chanter six plaignantes, parmi lesquelles une mineure, selon le parquet.

Le Conseil national pour les femmes a condamné mercredi les menaces de représailles faites à l'encontre de femmes dénonçant une violence sexuelle, appelant les victimes à les "rapporter immédiatement via les mécanismes officiels" et promettent de leur "fournir tout le soutien nécessaire".

La ministre égyptienne de la Coopération internationale, Rania el-Machat, a publié sur Instagram un message de soutien au mouvement #MeToo disant "à toutes les filles, nous vous entendons".

"Une enquête interne a été menée par l'hôtel dès qu'il a eu connaissance de ces allégations dérangeantes", a affirmé Yara ElDouky, directrice de communication au Fairmont. "Nous pouvons confirmer qu'il n'a jamais été fait état de cet incident auprès de l'hôtel ou de la police du Tourisme", a-t-elle assuré, ajoutant que tout le personnel de l'hôtel était engagé à aider les autorités dans leur enquête.

Ces allégations interviennent alors que plusieurs jeunes influenceuses ont été condamnées à des peines de prison ferme au cours de la semaine écoulée pour des contenus partagés sur l'application TikTok jugés comme des atteintes aux bonnes moeurs.

Selon une étude de l'ONU publiée en 2013, plus de 99% des femmes ont été victimes de harcèlement en Egypte, où elles sont quotidiennement confrontées aux remarques obscènes, voire aux attouchements.

L'économie africaine va subir un recul de 3% cette année avant de rebondir en 2021

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. REUTERS/Thomas Mukoya

L'économie de l'Afrique subsaharienne va subir un recul de 3,1 % cette année, avant de remonter en 2021 pour atteindre une croissance d’environ 3,5 %.

C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé la semaine dernière par l’agence de presse Reuters dont les résultats ont été publiés vendredi.

Selon les analystes, la pandémie du nouveau coronavirus continue de peser sur la croissance, avec des interruptions soutenues de l'activité économique et un nombre croissant de cas au quotidien.

Fin juin, le Fonds monétaire international (FMI) annonçait une contraction de 3,2%, par la voix de son directeur pour la région Afrique, l’Éthiopien Abebe Selassie.

Alors que certains pays ont commencé à assouplir les restrictions liées au contrôle du virus, les cas de contamination continuent d'augmenter, contrairement à de nombreux pays d’Europe et d’Asie qui ont commencé à montrer des signes de stabilisation du nombre d'infections.

L'Afrique du Sud s'inquiète, le Ghana sourit

L'Afrique du Sud, deuxième plus grande économie du continent, continue de signaler le plus grand nombre de cas en Afrique. Les prévisions indiquent que le pays de Cyril Ramaphosa va subir une chute de 8% cette année, coup dur pour un pays confronté à des soubresauts liés à l’équité socioéconomique. On prévoit un rebond de 3,5 % l'année prochaine.

Le Nigeria, la plus grande économie d'Afrique, devait se contracter de 3,7 % cette année pour rebondir avec 2 % de croissance l'année prochaine.

Dans de nombreux pays, la véritable ampleur des cas de coronavirus n’est pas bien cernée en raison d’une faible couverture des tests.

"La maladie COVID-19 va réduire encore plus la croissance en Afrique", lit-on dans une analyse de la banque Standard Chartered.

Certains pays, à l’instar du Ghana, pourront tirer leur épingle du jeu. En effet, les prévisions indiquent que l’économie ghanéenne va connaitre une croissance de près de 2% cette année avant de remonter davantage pour atteindre 4,2 % en 2021.

"Nous pensons que le Ghana a des perspectives de croissance", a souligné Michael Kafe, économiste chez Barclays.

Mais les pays producteurs de pétrole ne s’en tireront pas à si bon compte. En effet en Angola et au Gabon, par exemple, les indicateurs sont au rouge.

Le Kenya, la plus grande économie d'Afrique de l'Est, devait stagner cette année. Le pays dont les secteurs vitaux, à savoir le tourisme et l’exportation des fleurs, dépendent énormément de l’extérieur, a subi de plein fouet la fermeture des aéroports. Coup dur pour un pays dont la croissance moyenne au cours de la décennie écoulée se situait autour de 6%.

Entretien avec Sally Atef, directrice de la fondation African Dream Foundation

Entretien avec Sally Atef, directrice de la fondation African Dream Foundation
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