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Égypte

Tollé après le meurtre d'une étudiante égyptienne qui refusait les avances d'un homme

En Egypte, les femmes disent être régulièrement exposées à la violence.

Le parquet égyptien a annoncé mardi avoir placé en détention un jeune homme accusé d'avoir tué une étudiante devant son université parce qu'elle refusait ses avances, un crime qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux du plus peuplé des pays arabes.

Le meurtrier présumé originaire de Mansoura, à 130 km au nord du Caire, a été "placé en détention préventive pour quatre jours dans le cadre d'une enquête pour meurtre avec préméditation de l'étudiante Nira devant sa faculté", indique le parquet dans un communiqué.

Sur les réseaux sociaux, une vidéo diffusée lundi a été largement partagée, les internautes assurant qu'elle montre le jeune homme poignardant Nira avant d'être appréhendé par des passants. L'accusé a "reconnu avoir tué la victime parce qu'elle refusait d'entretenir une relation avec lui", ajoute le parquet.

Plusieurs témoins, dont le père de la victime, ont rapporté, selon le parquet, que la jeune fille avait déjà déposé une main courante et disait craindre une attaque de l'accusé.

Sur les réseaux sociaux, certains appelaient à ce que "la société dans son ensemble s'occupe mieux de ses enfants", d'autres réclamaient que "ça n'arrive plus jamais". "Tout le monde doit faire attention aux autres pour éviter ce genre de film d'horreur", écrivait ainsi un internaute.

En Egypte, les femmes estiment être régulièrement exposées à la violence et surtout lésées par la loi, dans un pays où la propagation d'une vision rigoriste de l'islam depuis les années 1970 et les traditions conservatrices, ont un impact sur l'évolution des droits de femmes.

Début 2021, le gouvernement avait même proposé – sans succès – un projet de loi visant à restreindre les droits des près de 50 millions d'Egyptiennes en permettant par exemple à leur père ou à leurs frères d'annuler leur mariage.

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Une étudiante égyptienne poignardée par un camarade

Mohamed Adel (au centre) lors de son procès pour le meurtre de Nayera Achraf, fin juin.

Le parquet égyptien a annoncé tôt mercredi avoir placé en détention un étudiant pour le meurtre d'une camarade ayant refusé ses avances, deux mois après qu'un assassinat similaire avait provoqué l'indignation dans le pays.

Il y a deux semaines, un tribunal demandait à diffuser en direct l'exécution du meurtrier de Nayera Achraf, une étudiante poignardée à mort devant son université en juin pour "dissuader le plus grand nombre".

Mardi pourtant, un Égyptien de 22 ans a "poignardé à plusieurs reprises avec un couteau la victime, Salma", à quelques pas du palais de justice de Zagazig, rapporte le parquet. Elle aussi âgée de 22 ans selon la presse locale, la victime étudiait le journalisme dans cette ville à 60 km au nord du Caire.

Le meurtrier présumé risque désormais la peine de mort dans le pays qui distribue le plus de peines capitales au monde pour avoir tué celle que de nombreux Égyptiens appellent désormais "la nouvelle Nayera Achraf" sur les réseaux sociaux, où l'affaire fait débat.

Pour beaucoup d'internautes, "Salma a été assassinée simplement parce qu'elle est née femme dans une société misogyne". Mais dans le pays conservateur, de nombreux autres blâment la jeune fille qui "n'aurait pas dû être amie avec un homme". "Tant qu'il y aura des sympathisants qui donnent des excuses aux auteurs de ces crimes, ils continueront", conclut une autre internaute.

Les Égyptiennes se disent régulièrement exposées à la violence et lésées par la loi, dans un pays où l'islam rigoriste n'a cessé de gagner du terrain depuis les années 1970. Selon les autorités, près de huit millions de femmes avaient subi des violences en 2015 de la part d'un époux, d'un proche ou d'un étranger dans l'espace public.

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La livre égyptienne au plus bas pour la 2e fois de son histoire

La Banque centrale achetait lundi un dollar à 19,01 livres, alors que celui-ci s'échangeait encore à 15,6 livres en mars, soit une chute de près de 22%.

La livre égyptienne a plongé lundi à son deuxième plus bas historique, s'échangeant à plus de 19 livres pour un dollar, un chiffre qui n'avait été atteint qu'une seule fois, lors de la brutale dévaluation de l'hiver 2016.

La Banque centrale achetait lundi un dollar à 19,01 livres, alors que celui-ci s'échangeait encore à 15,6 livres en mars, soit une chute de près de 22%.

L'Egypte a dévalué sa monnaie le 21 mars, face à une inflation galopante. Le plus peuplé des pays arabes, premier importateur mondial de blé --principalement venu de Russie et d'Ukraine, souffre des conséquences du conflit déclenché en février.

L'inflation atteint aujourd'hui 15% en Egypte, portée par une hausse des prix des denrées alimentaires atteignant jusqu'à 66%.

Fin juin, la Banque mondiale a alloué une aide de 500 millions de dollars à l'Egypte pour y renforcer la sécurité alimentaire.

Sur les 103 millions d'Egyptiens, 30 millions sont considérés comme pauvres et autant d'autres sont dans la précarité, selon la Banque mondiale.

Quelque 71,5 millions d'Egyptiens dépendent du programme étatique de subventions alimentaires qui inclut le pain, mais aussi le riz, le sucre ou encore les pâtes.

L'agence Moody's estime désormais que l'Egypte risque de connaître des troubles sociaux graves en raison de la crise économique. Elle a changé son évaluation de "stable" à "négatif".

Elle s'inquiète notamment de la fonte des réserves en devises, passées de 41 milliards de dollars en février à 33,4 milliards fin juin, selon la Banque centrale. Et ce malgré le dépôt fin mars par l'Arabie saoudite, grand allié du régime d'Abdel Fattah al-Sissi, de cinq milliards de dollars à la Banque centrale égyptienne.

Le Caire est en discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un nouveau prêt, alors que le budget du pays d'environ 160 milliards de dollars est grévé par une dette publique qui atteint 90% du PIB.

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