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Egypte : les coptes apeurés prient dehors dans un village

Egyptian Copt girls march in Cairo, as they carry pictures of soDes filles coptes égyptiennes défilent, portant des photos de certaines des victimes dans des affrontements avec les militaires au cours d'un deuil mars, au Caire, Egypte, 11 novembre 2011. (AP Photo / Amr Nabil )me of the victims who were killed in clashes with the military last Oct.9, during a mourning march in Egypt, Friday, Nov.11, 2011. (AP Photo/Amr Nabil)

Une vague d'attaques visant les coptes notamment dans le sud égyptien en ce mois de juillet a mis la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient en état de choc.

Chaque dimanche, le prêtre copte et la centaine de fidèles chrétiens d'un petit village égyptien se retrouvent pour la messe: pas dans l'église, fermée par les autorités, ni sous la tente de fortune qui abritait leurs prières avant d'être incendiée, mais sur un terrain vague.

En Egypte, la construction d'églises est un calvaire pour cette minorité orthodoxe chrétienne, qui dénonce des procédures légales "insurmontables" et, dans le centre et le sud ruraux notamment, l'hostilité de certains musulmans conservateurs, qui s'opposent souvent à la présence de lieux de culte coptes dans leur village.

Une vague d'attaques visant les coptes notamment dans le sud égyptien en ce mois de juillet a mis la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient en état de choc.

Si les deux communautés coexistent généralement dans l'harmonie en milieu urbain, dans les régions rurales et pauvres, les fidèles privés d'églises sont souvent contraints de prier dans leurs maisons et sont parfois attaqués par des voisins musulmans.

"J'ai un sentiment d'injustice à chaque fois que je vais prier dans la rue", assène Nashaat Saad, venu à la messe avec sa femme et ses trois enfants dans le petit village d'Al-Ismaïlia, dans la province centrale de Minya.

Sous un soleil brûlant, une centaine de fidèles, principalement des femmes et des enfants, répètent en choeur les prières psalmodiées en copte par le prêtre et les enfants de choeur autour d'un autel en bois.

A quelques mètres, gît sur le sol un imposant crucifix en bois, dernier vestige du mobilier de la tente qui servait d'église et a entièrement brûlé il y a deux mois.

"C'est mon droit, en tant que citoyen égyptien, de prier dans une église et pas dans la rue", ajoute Saad, 31 ans, qui peine à juguler sa colère, devant les portes fermées d'une église gardée par des hommes armés. Depuis sa construction en 2009, les autorités n'ont toujours pas délivré les autorisations pour y officier, alors que le village de pierres blanches niché au milieu des champs de maïs compte quatre mosquées.

Selon des statistiques officielles, l'Egypte compte quelque 2.869 églises, pour une communauté copte qui représenterait près de 10% des quelque 90 millions d'habitants.

'Discriminations' et violences

La construction d'églises est toujours régie par un décret ministériel draconien datant de 1934. Le texte impose notamment aux autorités locales d'obtenir l'accord des familles musulmanes vivant à proximité, mais aussi d'évaluer le nombre de chrétiens du secteur et leur éloignement de l'église la plus proche.

Des conditions "insurmontables, qui limitent la construction des églises", assène Ishak Ibrahim, chercheur à l'Initiative égyptienne pour les droits individuels (EIPR), qui dénonce "la discrimination" pratiquée par l'Etat entre "les droits des musulmans et des chrétiens".

Et ces dernières semaines, les violences confessionnelles se sont multipliées dans la province de Minya. Dans le village d'Abou Yaacoub, une "rumeur" sur la construction d'une église a poussé une foule à détruire cinq maisons de coptes, selon le porte-parole de l'Eglise copte.

En octobre 2011, c'est l'incendie d'une église près d'Assouan dans le sud qui avait conduit les coptes au Caire à organiser un rassemblement violemment réprimé par l'armée: 27 manifestants avaient été tués.

Face à la recrudescence des actes de violences à l'encontre des coptes, le président Abdel Fattah al-Sissi, l'ex-chef de l'armée qui a destitué en 2013 l'islamiste Mohamed Morsi, est monté au créneau.

"Cela ne se fait pas de dire encore 'c'est un musulman, c'est un chrétien'", a martelé le chef de l'Etat le 21 juillet, ajoutant: "Nous avons tous les mêmes droits".

Le gouvernement a préparé un projet de loi concernant la construction des églises qui doit encore être discuté et voté par le Parlement. Le texte, qui n'a pas été rendu public, a été présenté à l'Eglise.

Tawadros II, le pape de l'église copte orthodoxe, a réclamé à la mi-juillet "une loi qui ne fasse pas de discriminations entre les citoyens", critiquant "les entités administratives qui imposent un contrôle inacceptable" sur la construction des églises.

La loi "doit garantir la liberté de religion et de culte" pour les chrétiens, met en garde la député Nadia Henri, affiliée au parti des Egyptiens libres, fondé par le richissime homme d'affaires copte Naguib Sawiris.

"C'est beau les discours, mais sur le terrain, rien ne se fait", ironise Amir Mikhaïl, agriculteur du village d'Al-Ismaïlia, chez qui la messe a été organisée pendant plusieurs semaines après l'incendie de la tente. "On est traité comme des citoyens de troisième catégorie", déplore le quinquagénaire.

Avec AFP

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En Afrique australe, les rescapés du cyclone Idai menacés par les maladies

Une route inondée dans le district de Buzi, à 200 km de Beira, au Mozambique, le samedi 23 mars 2019 (Photo AP / Themba Hadebe)

Les centaines de milliers de personnes affectées par le cyclone Idai en Afrique australe sont désormais menacées par une épidémie "inévitable" de maladies transmises par l'eau, notamment le choléra, ont averti les autorités qui ont encore revu le bilan à la hausse, dimanche, à plus de 700 morts.

Au Mozambique, pays le plus meurtri par Idai, qui s'est abattu le 14 mars sur l'Afrique australe, "le nombre de morts a malheureusement augmenté", a annoncé le ministre de l'Environnement Celso Correia.

"Hier (samedi), on avait 417 morts et aujourd'hui on est à 446 morts" car "on a reçu des informations de zones qui étaient jusqu'à présent isolées", a-t-il ajouté depuis la ville de Beira (centre), partiellement dévastée par le cyclone.

Au Zimbabwe voisin, des inondations catastrophiques et des éboulements ont fait au moins 259 morts, selon l'ONU, et près de 200 disparus, dont 30 écoliers.

"Le bilan devrait encore monter puisque des zones jusqu'à présent isolées deviennent désormais accessibles", a prévenu dimanche le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

Dans ce déluge de mauvaises nouvelles, la télévision nationale zimbabwéenne ZBC a annoncé qu'une jeune femme avait donné naissance à son bébé alors qu'elle avait trouvé refuge dans un arbre pour échapper aux inondations.

Grâce à la décrue qui se poursuivait, les secours ont continué leurs opérations de distribution de nourriture et de reconstruction des routes.

Mais le gouvernement mozambicain et les humanitaires anticipaient également l'apparition de maladies transmises par l'eau, compte tenu des eaux stagnantes et de la promiscuité dans les centres d'hébergement.

"Il est inévitable que des cas de choléra et de paludisme apparaissent", a estimé le ministre Correia, précisant qu'"un centre de traitement du choléra" était mis en place.

La Croix-Rouge avait annoncé vendredi des premiers des cas de choléra au Mozambique, mais les Nations unies et Maputo ont affirmé ne pas en avoir, pour l'heure, enregistré.

"Il y aura des maladies transmises par l'eau", a cependant prévenu Sebastian Rhodes-Stampa de l'Ocha. "Mais si (...) on a des centres déjà en place, on sera capable de gérer la situation", a-t-il ajouté.

- Logistique cauchemardesque -

Près de deux millions de personnes sont affectées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe.

Au Mozambique, plus de 100.000 personnes on trouvé refuge dans des centres d'hébergement d'urgence, notamment des écoles.

A Beira, les rescapés se bousculent pour obtenir nourriture et vêtements, tandis que la Croix-Rouge tente de réunir des membres de familles dispersées.

"Je ne sais pas où est mon mari", témoigne à Beira Céleste Dambo, secourue par un bateau de pêche à Buzi, l'un des districts les plus touchés.

Elle dort à même le sol, avec ses trois enfants, dans le gymnase de l'école Samora Machel à Beira.

Dix jours après le passage du cyclone, la "logistique" pour accéder aux disparus et acheminer l'aide "reste un défi", constate l'Ocha.

Au moins 80% des infrastructures électriques de Dondo, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Beira, sont endommagées, selon le gouvernement. Beira, où vivent un demi-million de personnes, reste partiellement privée d'électricité.

Mais les travaux de réparation de la seule route qui permet d'accéder à la ville et avait été partiellement emportée par les eaux viennent d'être terminés.

A Beira samedi soir, quelques lampadaires étaient allumés. Les rues étaient de nouveau encombrées, signe que la vie reprenait ses droits. Le peu de restaurants ouverts affichaient complets.

- Messe dans la nuit -

Dans la cathédrale Ponta Gea, qui a miraculeusement survécu aux intempéries, une messe a été célébrée en hommage aux victimes, avec une seule torche et quelques bougies.

"Les gens ne savent pas quoi faire car ils ont perdu leurs maisons, ils ne savent pas où dormir (..). Mais les Mozambicains ne vont pas se laisser abattre", a lancé le père Pedro.

Dans l'assemblée, une fidèle regardait son missel à la lumière de son portable.

"On ne peut pas être endeuillés. Nous devons continuer. On essaie de reconstruire notre ville", a déclaré un autre croyant, Wilfried Deliviai, 19 ans.

Des rescapés profitaient de la décrue, dimanche pour reconstruire leurs maisons avec les moyens du bord.

A Buzi, où des centaines d'habitants dorment dehors, dans la rue ou sur des toits, une femme tentait, de l'eau jusqu'aux genoux, de récupérer une tôle pour son abri. D'autres balayaient des maisons où l'eau avait atteint jusqu'à deux mètres.

Avec AFP

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