Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

Crise en RDC: Forrest, le magnat du Katanga, en a vu d'autres

L'entrepreneur belgo-congolais George Forrest dans son bureau de Lubumbashi le 16 février 2018.

Des rebelles ont voulu l'exécuter, des ONG l'ont accusé de trafics, l'arrivée des Chinois a bousculé son empire: le magnat George Forrest a bâti l'une des plus grandes fortunes d'Afrique dans son pays en crise.

A 2.000 km de la capitale Kinshasa et ses lourdes incertitudes politiques, c'est un septuagénaire élégant -veste bleu à col Mao, pochette ton sur ton- qui reçoit dans ses bureaux de Lubumbashi (sud-est), la relativement paisible capitale du Katanga minier.

Un drapeau français flotte à l'entrée : ce fils d'un Néo-Zélandais né en 1940 dans l'ex-Congo belge a été consul honoraire de France, titre qu'il a transmis à son fils, comme son groupe aux activités multiples (mines, énergie, banque, agro-alimentaire).

En 1995, Forrest a opté pour la nationalité belge. Mais de nombreux Congolais le considèrent encore comme l'un des leurs, tant sa vie se confond avec l'histoire du pays depuis l'indépendance de 1960.

En 1965, Mobutu Sese Seko prend le pouvoir, rebaptise le Congo Zaïre et instaure une dictature rongée par la corruption. Au Katanga, les Forrest oeuvrent dans les travaux publics et une fabrique de cigarettes.

En 1974, Mobutu nationalise l'économie et la famille Forrest, installée au Congo depuis 1922, perd tout. "Sans indemnité. Peu après, mon père est décédé. Un choc".

La "zaïrinisation" se traduit vite par une banqueroute. Mobutu bat le rappel des étrangers. Forrest reprend la gestion des affaires familiales dans son fief de Kolwezi, l'autre grande ville du Katanga.

En 1978, Kolwezi est envahie par des rebelles qui massacrent des Congolais et des Blancs. "J'étais visé. Ils disaient que j'étais l'ami de la France et de Mobutu. J'ai été mis au mur pour être exécuté. Ce sont mes travailleurs qui m'ont sauvé". Mobutu se tourne vers la France, qui lui envoie des parachutistes pour libérer Kolwezi.

- 'C'est vous, Forrest ?' -

Dans les années 1980-90, Forrest diversifie ses activités dans les ciments et l'extraction minière, dopée par l'explosion mondiale des téléphones portables.

L'histoire du Congo s'emballe de nouveau. Avant son assaut final contre Kinshasa et le vieux maréchal Mobutu en mai 1997, le chef rebelle Laurent-Désiré Kabila marque une étape à Lubumbashi.

"C'est vous Forrest?", aurait demandé le disciple de Mao Tse-Toung et du Che Guevara lors des présentations avec le grand industriel, qui n'en mène pas large.

Kabila ne spoliera pas Forrest, se contentant de réquisitionner son parc automobile.

En 1999, le "Mzee" (sage, en Swahili) le propulse même à la tête du joyau du Congo, la Générale des carrières et des mines (Gécamines), qui exploite les fabuleuses richesses du pays et remplit les caisses de l'Etat. "J'avais passé un accord avec Kabila père. La Gécamines versait tous les mois officiellement quatre millions de dollars à la Banque centrale".

Après l'assassinat en 2001 du père et l'avènement du fils Joseph Kabila, Forrest se retire de la Gécamines pour reprendre ses propres activités, libéré de tout soupçon de conflit d'intérêts.

Au fil des années 2000, des ONG l'accusent de pillages de minerais et la presse évoque des trafic d'armes. "J'ai toujours été blanchi. Les ONG, c'est du business. Si vous ne les financez pas, elles vous attaquent".

- 'On est bien avec tout le monde' -

A l'époque, Forrest se présente comme le "premier investisseur et employeur privé" de RDC, où les capitaux étrangers débarquent.

En 2007, Kinshasa et Pékin signent un "contrat du siècle", mines contre infrastructures. Forrest est prié de céder aux Chinois des gisements de cuivre et de cobalt.

"Les Chinois font des propositions très intéressantes pour le pays, mais contre combien de milliards de matières premières? Proportionnellement, ce n'est pas juste".

A 78 ans, le patriarche a cédé son groupe à son fils Malta, en gardant un oeil sur la banque BCDC -rachetée au Français BNP- et ses élevages de 38.000 bêtes.

La RDC traverse une nouvelle crise, avec le maintien au pouvoir du président Kabila dans l'attente d'élections annoncées pour décembre.

L'un des principaux opposants est une vieille connaissance des Forrest, l'ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, en exil de fait à Bruxelles.

Katumbi, Forrest: les deux noms sont aussi associés au TP Mazembe de Lubumbashi, gloire du football africain (Katumbi est président du club, Forrest fils, premier vice-président).

Ces liens n'ont "rien de politique. Le pouvoir le sait très bien", commente prudemment Forrest, qui botte en touche toute question sur "Moïse", candidat déclaré à la succession de Kabila.

"On a passé beaucoup d'événements et beaucoup de crises parce qu'on ne se mêle pas de politique. On est bien avec tout le monde". Forrest pointe à la seconde place des fortunes de l'Afrique francophone sub-saharienne, selon le magazine Forbes qui avançait le chiffre de 800 millions de dollars fin 2016.

Avec AFP

See all News Updates of the Day

Ghana: agressions contre des journalistes, trois policiers suspendus

Un journaliste d'investigation avec le visage caché lors d'une interview à Accra, Ghana, 12 juin 2018.

La police ghanéenne a suspendu trois agents mis en cause dans l'agression de journalistes qu'ils avaient frappés, dans un contexte d'inquiétude professionnelle après le meurtre d'un journaliste anti-corruption réputé.

Les policiers suspendus mercredi sont accusés d'avoir frappé trois journalistes du Ghanaian Times impliqués dans une infraction routière, qui les filmaient à Accra, le 14 mars. Parmi les journalistes, une femme a dû être hospitalisée.

La violence de cette agression a choqué, dans un pays souvent salué pour son dynamisme démocratique, classé 23e sur 180 pays dans l'indice mondial 2018 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) - devant la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Mais en janvier, l'assassinat par des hommes non identifiés du journaliste d'investigation Ahmed Hussein-Suale, qui avait révélé de graves scandales de corruption dans le monde du football africain, avait déclenché une vague d'indignation.

L'Association des journalistes du pays a qualifié l'agression des trois journalistes de "barbare, à une époque où la police est censée faire respecter la loi et non l'enfreindre".

"Cet incident ne doit pas s'ajouter à la liste des cas d'agressions non résolus de journalistes par des policiers. Cette culture de l'impunité doit prendre fin maintenant !", a-t-elle ajouté.

Selon les médias locaux, depuis 2006, plus de 20 agressions de journalistes par des policiers ou des militaires n'ont fait l'objet d'aucune poursuite. Dans la plupart des cas, les journalistes étaient en train de filmer les membres des forces de sécurité.

"L'Etat n'est pas intéressé par l'ouverture de poursuites judiciaires contre ses fonctionnaires", a commenté l'avocat Samson Anyenini, qui a défendu à plusieurs reprises des médias lors de procès au civil.

Pour le porte-parole de la police ghanéenne David Eklu, les allégations d'agressions de membres des forces de l'ordre contre des journalistes sont "prises très au sérieux".

Avec AFP

Macron ne se rendra pas aux commémorations du génocide rwandais

Le président français, Emmanuel Macron, à gauche, reçoit le président rwandais, Paul Kagame, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2018..

Emmanuel Macron, qui avait été invité par Kigali à participer à la 25e commémoration du génocide rwandais le 7 avril, ne s’y rendra pas et a chargé le député de la République en Marche (Larem) Hervé Berville, orphelin tutsi, de le représenter, a annoncé jeudi l’Elysée.

“Le président de la République a été sensible à l’invitation mais il ne pourra pas s’y rendre, il a donc désigné le député des Côtes-d’Armor, Hervé Berville, pour le représenter”, a-t-on indiqué. “La France sera aux côtés du Rwanda dans ce moment de deuil et de recueillement”.

Nicolas Sarkozy est le seul président français à s’être rendu au Rwanda, en février 2010.

Les relations entre la France et le Rwanda ont traversé plusieurs zones de turbulences ces dernières décennies, empoisonnées par la question du rôle joué par Paris lors du génocide des Tutsis en 1994.

L’actuel président rwandais Paul Kagamé a notamment accusé en 2014 Paris d’avoir “participé” à ces massacres qui ont fait selon l’Onu 800.000 morts, des accusations rejetées par les autorités françaises.

En mai 2018, à l’occasion de la visite de Paul Kagamé à Paris, Emmanuel Macron avait exprimé le souhait de nouer une relation “pragmatique” avec Kigali mais avait écarté dans l’immédiat un retour d’un ambassadeur français au Rwanda, reconnaissant que la normalisation prendrait du temps.

Avec Reuters

Les Algériens restent mobilisés un mois après le début de la contestation

Manifestation dans les rues d'Alger, contre le gouvernement, le 19 mars 2019.

Un mois après le début de la contestation, les Algériens entendent rester mobilisés, avec de nouvelles manifestations vendredi pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et dont le camp se fissure.

Les deux précédents vendredis ont vu une mobilisation record. Le 15 mars, des manifestations ont été enregistrés dans 40 des 48 préfectures du pays, selon des sources sécuritaires, et des diplomates ont évoqué "des millions" d'Algériens dans les rues.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se sont poursuivis cette semaine autour des mots-dièses "Mouvement_du_22_mars", "Partez tous!", ou du slogan "Nous sommes unis, ils sont finis".

La météo annonce de la pluie, pour la première fois depuis le début de la contestation le 22 février, mais il en faut plus pour décourager les manifestants, qui appellent à se munir d'un parapluie et de l'orner du drapeau national -vert et blanc frappé de l'étoile et du croissant rouges-, accessoire désormais indispensable du manifestant algérien.

​"La rue va gronder sous la pluie", assure un twitto.

"Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika", indique une affichette circulant sur les réseaux sociaux, qui invite également "les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (...) leur ingérence".

Les manifestations, sans précédent depuis l'élection de M. Bouteflika en 1999, sont restées jusque-là globalement pacifiques.

Lors d'une tournée à Rome, Moscou -allié historique d'Alger- et Berlin, le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que M. Bouteflika remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d'une présidentielle dont la date n'a pas encore été fixée.

- Fissures -

En reportant le 11 mars l'élection présidentielle prévue le 18 avril jusqu'à l'issue d'une conférence nationale chargée -à une date non précisée- de réformer le pays et de le doter d'une nouvelle Constitution, le chef de l'Etat a prolongé d'autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.

Agé de 82 ans, M. Bouteflika est affaibli par les séquelles d'un AVC qui, depuis 2013, l'empêchent de s'adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

Aucune sortie de crise ne semble émerger, chaque camp campant sur ses positions. Le président refuse de céder le pouvoir et le "prolongement" du mandat a continué d'être largement rejeté.

Etudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de "technocrates" semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination.

Et le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l'attitude à adopter.

Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s'élargir parmi ceux qui il y a à peine plus d'un mois étaient les plus fervents partisans d'un cinquième mandat du chef de l'Etat, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue.

- Qui décide -

Mercredi, le patron de la propre formation du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN), s'est livré à un exercice de grand écart, en assurant que l'ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, "soutient le mouvement" de contestation, tout en prônant le "dialogue" proposé par le chef de l'Etat.

Du côté du principal allié, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, a affirmé que le parti s'était "trompé" en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un cinquième mandat.

Plus grave, il a accusé des "forces non constitutionnelles" de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide "réellement" à la présidence.

Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika.

Le RND, parti de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment sacrifié à la colère populaire, a eu beau se démarquer des déclarations de son porte-parole, les protestataires voient dans l'apparent délitement du "système" un encouragement à poursuivre de la mobilisation.

La contestation en Algérie, pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l'Etat de briguer un cinquième mandat. Et sa promesse ensuite de ne pas se porter candidat à une présidentielle à la date inconnue n'a pas apaisé les Algériens.

Avec AFP

Eliminatoires de la CAN 2019

Eliminatoires de la CAN 2019
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:04:24 0:00

Déparasitage des enfants

Déparasitage des enfants
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:38 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG