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Ebola: l'OMS évalue l'épidémie mercredi après le décès du premier cas à Goma

Le personnel médical de l'unité de traitement Ebola (ETU) à l'hôpital général de Bwera, dans l'ouest de l'Ouganda, à la frontière avec la RDC,le 12 décembre 2018.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) va de nouveau évaluer mercredi la portée de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, après le décès du premier cas enregistré dans une métropole, Goma, deuxième ville du pays et carrefour des Grands Lacs.

Un peu plus d'un mois après les deux premiers cas enregistrés à l'étranger en Ouganda, l'OMS va de nouveau se demander s'il faut élever cette épidémie - qui a tué 1.668 personnes depuis l'été dernier - au rang d'"urgence de santé publique de portée internationale".

La situation doit être pour cela "grave, soudaine, inhabituelle ou inattendue", avec des "répercussions pour la santé publique au-delà des frontières nationales de l'État touché", ce qui "peut exiger une action internationale immédiate", selon les critères du Règlement sanitaire international.

La réponse avait été "non" le 14 juin.

Comme pour l'Ouganda, ce premier cas diagnostiqué à Goma, la plus grande ville touchée par l'actuelle épidémie avec un à deux millions d'habitants, semble bousculer la routine de la "riposte" face à une épidémie déclarée le 1er août 2018.

"Il est important d'évaluer le niveau de risque", a déclaré à la presse à Goma Ibrahima Socé Fall, directeur général adjoint de l'OMS.

"L'évaluation de l'OMS montre que le risque est élevé pour les provinces et les pays voisins, notamment l'Ouganda et le Rwanda", a ajouté le coordinateur de l'OMS sur place Michel Yao.

Goma est proche du Rwanda, qui a déconseillé à ses ressortissants de traverser la frontière.

La ville, bien connue des humanitaires et des Nations unies, dispose d'un aéroport connecté à Kinshasa, Entebbe-Kampala et Addis Abeba. Des bateaux partent vers la province voisine du Sud-Kivu.

- "Envoyé spécial" français -

En préambule à sa conférence de presse, l'OMS a confirmé le décès du patient diagnostiqué dimanche à Goma lors de son transfert à Butembo, l'un des principaux foyers de l'épidémie à 250 km à vol d'oiseau au nord.

Ce patient "était pratiquement en phase terminale donc c'était un transfert assez délicat", a relevé M. Yao de l'OMS.

Il est présenté par les autorités comme un pasteur d'une Eglise chrétienne qui avait présenté les premiers symptômes le mardi 9 juillet avant de voyager en bus vers de Butembo vers Goma le vendredi 12.

Originaire de Bukavu (Sud-Kivu), il est arrivé à Butembo début juillet. Là, il avait prêché dans sept églises où il avait touché des fidèles, y compris des malades, d'après le ministère de la Santé.

Le gouverneur de la province du Nord-Kivu Carly Nzanzu a demandé à la population de Goma de "suivre les conditions hygiéniques": "Si à Goma, on se comporte très bien, on accompagne l'équipe de la riposte, il y aura plus de peur que de mal".

L'épidémie était circonscrite jusqu'à présent dans la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma), et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

La France a annoncé, sous la pression des événements, qu'elle nommait un "envoyé spécial" pour Ebola en RDC. Il s'agit du professeur Yves Levy, spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

La veille, le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan avait regretté l'absence de contribution financière française.

"Ce serait bien d'avoir davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a ajouté le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart.

Avec AFP

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L'Unicef plaide pour la réouverture des écoles en RDC

Des élèves à la sortie de classe, le 27 novembre 2016, au Sud-Kivu, en RDC. (VOA/Ernest Muhero)

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a appelé jeudi le gouvernement de la République démocratique du Congo à rouvrir les écoles qui ont été fermées depuis mi-décembre pour freiner la propagation du coronavirus, en forte accélération.

"Aucun effort ne doit être ménagé pour rouvrir les écoles et s'assurer que les enfants apprennent à lire, à écrire et à réaliser des calculs de base tout en développant leurs connaissances", a déclaré Édouard Beigbeder, représentant de l'Unicef en RDC, cité dans un communiqué.

L'agence "appelle le gouvernement à donner la priorité à la réouverture des écoles et à prendre toutes les mesures de prévention pour rendre les écoles aussi sûres que possible".

L'Unicef estime que "les écoles ne constituent pas le principal moteur de la propagation de la pandémie mais que leur fermeture menace directement le développement, la santé, la sécurité et le bien-être des enfants".

"Si les enfants sont exposés à une deuxième longue période de fermeture des écoles, les effets se feront sentir pendant plusieurs générations", ajoute-t-il.

La fermeture des écoles doit uniquement constituer "une mesure de dernier recours, après que toutes les autres possibilités ont été envisagées", insiste l'agence onusienne.

Les tentatives de l'AFP pour joindre le ministre de l'Enseignement primaire et secondaire ou ses services n'ont pas abouti dans l'immédiat.

Mais sur Twitter, le ministre Willy Bakonga a indiqué que deux commissions mises en place par son ministère étudiaient "la question de l'enseignement à distance", assurant que "les travaux s'effectuent en tenant compte de tous les paramètres tant pédagogiques que les réalités de terrain".

En 2020, les autorités avaient fermé les écoles pendant 6 mois entre mars-septembre. Rouvertes en octobre, les écoles ont de nouveau été fermées le 18 décembre pour endiguer la deuxième vague.

La RDC a enregistre un total de 20.479 cas de Covid-19, dont 626 décès, depuis mars 2020, selon les derniers chiffres officiels publiés jeudi. Le nombre de cas a augmenté exponentiellement depuis décembre.

La Guinéenne Bintou Keita prend les commandes de la Monusco

Bintou Keita, à l'époque où elle était secrétaire générale adjointe aux opérations de maintien de la paix, au siège de l'ONU, le 27 février 2018.

La Mission de la paix onusienne en République démocratique du Congo (Monusco) change de patronne: c’est la Guinéenne Bintou Keita qui va en prendre les commandes à partir de février, a annoncé le Conseil de sécurité des Nations unies jeudi.

Madame Keita remplacera l’Algérienne Leila Zerrougui qui était à la tête de la Monusco depuis 27 décembre 2017.

Jusqu'à présent, la nouvelle cheffe des Casques bleus en RDC était sous-secrétaire générale de l'ONU pour l'Afrique, après avoir été adjointe aux Opérations de maintien de la paix en 2017.

Bintou Keita, 62 ans, a plus de trente ans d'expérience, particulièrement dans les domaines de la paix, de la sécurité, du développement, et des droits de l'homme.

Elle a rejoint les Nations unies en 1989 et a occupé des fonctions au Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et au Darfour en 2015 où elle a dirigé l'opération hybride Union africaine-Nations unies (MINUAD).

Par ailleurs, elle a travaillé en tant que Représentante exécutive adjointe du Secrétaire général de l’ONU pour le Bureau intégré des Nations unies au Burundi.

La nouvelle cheffe des Casques bleus en RDC était aussi Responsable de la gestion de la crise de la maladie à virus Ebola pour la Sierra Leone, cheffe de cabinet et directrice des opérations auprès de la Mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre l’Ebola de 2014 à 2015.

Mme Keita est titulaire d'une maîtrise en économie sociale qu'elle a obtenu à l'Université de Paris II, France, et d'un diplôme d'études supérieures en administration et gestion des entreprises de l'Université de Paris IX.

Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exprimé sa profonde reconnaissance à Leila Zerrougui pour sa contribution et ses services importants à la Monusco.

Avec 15000 casques bleus et un budget annuel de plus d’un milliard de dollars, la Monusco est l’une des plus importantes et difficiles opérations de maintien de la paix des Nations unies.

Le mandat de la Monusco a été renouvelé en décembre par le Conseil de sécurité de l'ONU pour un an avec une amorce prudente de désengagement étalé sur plusieurs années, sans échéance de fin établie.


La Guinéenne Bintou Keita désormais à la tête de la MONUSCO

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Une marche pour dénoncer les tueries dans l'Est de la RDC

Des membres de la Lucha manifestent à Goma, en RDC, le 1er mai 2018. (Twitter/Lucha)

Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) veut organiser jeudi une marche pour dénoncer les tueries dans l'Est de la République démocratique du Congo.

La Lucha, un des principaux mouvements citoyens congolais, estime que les violences et les tueries dans l'Est semblent augmenter au lieu de baisser. Le mouvement citoyen soutient que 1.206 civils ont été tués en un peu plus d'un an dans la région troublée de Beni. Leurs attaques ont aussi provoqué la mort des dizaines de militaires congolais et des membres de la Force de la mission des Nations unies au Congo (Monusco).

L'ONG dénonce la dérive qu’occasionnent les opérations de l’armée régulière. Celles déclenchées le 30 octobre 2019 ont dispersé les rebelles ADF sur des zones assez vastes "plutôt que d'arrêter les tueries et de neutraliser les assaillants", dénoncent les militants de la Lucha.

Pendant qu'ils sont dispersés, les ADF, des rebelles musulmans ougandais, continuent, selon la Lucha, " à massacrer des civils à leur passage", rapporte l'AFP.

La Lucha affirme avoir noté une expansion des tueries vers le secteur de Rwenzori et une partie de la province voisine de l'Ituri, des zones jadis calmes. Les experts de l'ONU ont confirmé au Conseil de sécurité que les ADF opèrent désormais en petits groupes mobiles.

Ils se déplacent de l'extrême Nord vers la partie Sud-Est au parc national des Virunga. Ils ont "exécuté 50 otages" dans leur fuite face à une offensive de l’armée à Loselose, dans le Rwenzori, selon les forces gouvernementales.

La Lucha, mouvement citoyen né à Goma, regroupe des jeunes indignés et se définit comme apolitique et non violent.

Depuis mars 2015, le mouvement a été à la pointe de la contestation contre le pouvoir de l'ancien président Joseph Kabila (2001-2018). Leurs manifestations étaient systématiquement interdites ou réprimées et plusieurs de ses militants ont été arrêtés, jugés et/ou condamnés.

1.200 civils tués en un an dans la région de Beni

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