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Du sarin utilisé en Syrie cinq jours avant l'attaque de Khan Cheikhoun


De la fumée et des débris s’élèvent après un bombardement à Damas, Syrie, 25 septembre 2017.

L'agent neurotoxique sarin a été utilisé dans une localité au nord-ouest de la Syrie fin mars, cinq jours avant l'attaque meurtrière de Khan Cheikhoun qui a fait plus de 80 morts, a annoncé l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques.

"L'analyse des échantillons collectés (par l'OIAC) se rapporte à un autre événement survenu dans la partie nord de la Syrie le 30 mars de cette année", a déclaré le directeur général de l'OIAC Ahmet Üzümcü dans une interview à l'AFP.

"Les résultats prouvent l'existence de sarin", a-t-il ajouté. "Nous ne savons pas grand-chose pour le moment. On rapporte que cinquante personnes ont été blessées. On ne fait pas état de morts."

Le 4 avril, un raid aérien avait frappé Khan Cheikhoun, petite ville contrôlée par des rebelles et des jihadistes dans la province d'Idleb, faisant 83 morts selon l'ONU, au moins 87 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans la nuit du 6 au 7 avril, 59 missiles de croisière Tomahawk avaient été tirés par deux navires américains en Méditerranée vers la base aérienne syrienne d'Al-Chaayrate (centre).

L'attaque de Khan Cheikhoun était jusqu'à présent considérée comme la première utilisation de sarin depuis celle du 21 août 2013 dans des secteurs aux mains des rebelles, en périphérie de Damas. D'après les Etats-Unis, le régime est responsable de cette attaque, qui a fait selon eux au moins 1.429 morts.

Or, M. Üzümcü a déclaré à l'AFP que du sarin avait été utilisé cinq jours plus tôt dans la localité de Latamné, ville située à une vingtaine de kilomètres au sud de Khan Cheikhoun alors aux mains des rebelles.

La mission d'enquête de l'OIAC, qui tente d'entrer en contact avec les victimes, a récupéré des échantillons de sol, des vêtements et des éléments métalliques "qui ont été envoyés à nos laboratoires et nous avons reçu les résultats voici quelques jours".

Mais "je ne pense pas que la mission d'enquête pourra aller sur les lieux", qui sont toujours en zone de conflit, a fait remarquer le directeur général.

L'OIAC concentre actuellement son travail sur cet événement qu'elle prend "très au sérieux". "Il est inquiétant qu'il y ait eu une utilisation ou exposition au sarin avant même l'incident du 4 avril", a commenté M. Üzümcü.

Avec AFP

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