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Mali

Démission d'un militaire accusé d'agression au Mali

Des membres de l'Armée malienne (FAMA) lors d'une patrouille mixte dans les environs du district de Meneka, au nord du Mali. le 19 avril 2017.

Un officier malien siégeant à la commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) a démissionné après avoir été accusé de violences sur un journaliste qui avait publié un texte critique sur cette institution, indiquent des sources concordantes.

La CVJR, établie en 2014 pour enquêter sur les violences dans le nord du Mali de l'indépendance en 1960 à 2013, a pour mission de "contribuer à 1'instauration d'une paix durable à travers la recherche de la vérité, la réconciliation et la consolidation de l'unité nationale", selon l'ordonnance de sa création.

Le différend a opposé la semaine dernière le secrétaire général de la CVJR, le colonel Abdoulaye Makalou, à Hamidou Touré, directeur du journal en ligne malimedias.com, qui avait publié sur sa page Facebook un article au vitriol sur le bilan de cette institution.

L'officier, qui "fait l'objet dans les médias et les réseaux sociaux d'accusations d'exactions à l'égard d'un journaliste", selon un communiqué publié mardi par le président de la CVJR, Ousmane Oumarou Sidibé, "a de sa propre initiative remis le 3 décembre sa lettre de démission".

Il justifie son départ "par sa volonté de sauvegarder les acquis engendrés par la CVJR", selon M. Sidibé, qui appelle "au respect de la présomption d'innocence et de la dignité du colonel" Makalou et annonce l'ouverture d'une enquête "afin de situer les responsabilités sur ce regrettable incident".

Le journaliste a pour sa part affirmé publiquement avoir été "séquestré, torturé, et menacé de mort", et même été forcé à boire sa propre urine, des accusations démenties par le colonel Makalou.

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a condamné dans un communiqué lundi "les sévices inacceptables subis par le directeur de Malimedias.com".

"La crédibilité de la CVJR, dont la mission première est justement d'enquêter sur des exactions, est en jeu", souligne RSF, qui exhorte la Commission à mettre "tous les moyens à disposition des enquêteurs pour que les auteurs d'actes d'une telle gravité à l'encontre d'un journaliste soient sanctionnés".

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les jihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire, qui se poursuit.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes.

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Sahel : "avec les terroristes, on ne discute pas" selon le président Macron

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une conférence de presse à l'ouverture d'une réunion des forces du G5 Sahel à Nouakchott en Mauritanie le 2 juillet 2018.

Le président français Emmanuel Macron a martelé vendredi l'opposition complète de la France, engagée militairement au Sahel, à toute négociation avec les jihadistes, alors que ce sujet fait débat dans la région, notamment au Mali.

"Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat", a-t-il lancé dans un entretien avec l'hebdomadaire Jeune Afrique.

"Il faut s'inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d'Alger", a souligné Emmanuel Macron en référence à l'accord de de paix conclu en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro-Bamako et l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali.

"Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut dialoguer avec des groupes terroristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats", a-t-il ajouté.

Cet accord ne concerne pas les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou à l'organisation Etat islamique (EI) qui poursuivent, voire intensifient leurs actions depuis cinq ans, faisant des centaines de morts.

Le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, a toutefois souligné lors d'une visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, le 26 octobre à Bamako, que le "dialogue national inclusif", vaste concertation du pays tenue fin 2019, avait "très clairement indiqué la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes.

"Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme", a préféré relever Emmanuel Macron.

Le président français a par ailleurs indiqué qu'il aurait, "dans les prochains mois des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane", la force française de plus de 5.000 hommes présente au Sahel. Une décision était jusqu'ici attendue d'ici la fin de l'année.

Près d'un an après l'envoi de 600 soldats supplémentaires au Sahel pour reprendre l'avantage face aux jihadistes, Paris est sur le point de réduire le nombre de militaires déployés, avaient indiqué début novembre des sources concordantes à l'AFP.

"J'ai besoin d'une réitération claire du souhait de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés", a souligné le chef de l'Etat, qui avait déjà demandé un tel engagement à ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) au sommet de Pau (sud-ouest de la France) en janvier.

Barkhane doit se "recentrer vraiment sur nos ennemis, l'EIGS et les groupes strictement terroristes", a souligné le chef de l'Etat en référence à l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) qui s'inscrit dans la nébuleuse de l'EI, et que Paris et ses alliés du G5 Sahel avaient déjà désigné comme cible principale au sommet de Pau.

Il n'a en revanche pas cité le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, selon l'acronyme arabe) dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, affilié à Al-Qaïda.

Il faut également "accélérer la montée en puissance des armées du G5 Sahel" et "internationaliser notre présence" en y associant d'autres pays européens, a-t-il rappelé.

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