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Une trentaine de manifestants condamnés à quatre mois de prison ferme au Tchad

Devant la salle d'audience de N'Djamena, au Tchad, le 11 janvier 2018. (VOA/André Kodmadjingar )

Une trentaine de personnes ayant manifesté contre l'austérité et la mauvaise gouvernance au Tchad, ont été condamnées mercredi à quatre mois de prison ferme pour "trouble à l'ordre public".

Poursuivi pour destruction des biens, attroupement non autorisé, trouble à l’ordre public, coups et blessures volontaires sur les éléments de force de l’ordre, trois prévenus ont néanmoins été relaxés pour vice de procédure, treize autres relaxés au bénéfice du doute.

Reportage d'André Kodmadjingar, correspondant à N'Djamena pour VOA Afrique
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Plusieurs autres personnes arrêtées dans la même circonstance attendent d’être fixées sur leur sort pour fait de grève des magistrats.

Au niveau du parquet, personne n’est en mesure de donner le nombre exact des personnes arrêtées.

Mahamat Saleh Youssouf, procureur de la République, près du tribunal de première instance à N'Djamena, au Tchad, le 14 janvier 2018. (VOA/André Kodmadjingar)
Mahamat Saleh Youssouf, procureur de la République, près du tribunal de première instance à N'Djamena, au Tchad, le 14 janvier 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

A cause de la surpopulation des détenus à la maison d’arrêt de N’Djamena, le procureur de la République, Mahamat Saleh Youssouf, a déclaré que les condamnés doivent être transférés dans un autre centre de détention du pays.

Ces dix-sept manifestants condamnés ont été écroués à la maison d'arrêt de N'Djamena, a poursuivi le porte-parole de la police, indiquant que les 77 autres interpellés avaient été relaxés.

>> Lire aussi : Manifester son mécontentement reste un pari risqué au Tchad

"Le parquet réitère à l'endroit des manifestants que le taux de tolérance est de zéro à l'endroit des fauteurs de troubles", a averti le procureur de la République tchadienne, Mahamat Saleh, lors d'une rencontre avec la presse.

Depuis fin janvier, les appels à marcher contre les mesures d'austérité imposées par le gouvernement se sont multipliés autant que leurs interdictions par le gouvernement.

>> Lire aussi : Au moins un mort lors d’une manifestation à N’Djamena

Pour l’avocat de la partie civile Me Midaye Guermabaye, les qualifications retenues contre ses clients ne tiennent pas du point de vue du droit, car dit-il, même s’il y a attroupement, la loi dit que les forces de l’ordre doivent faire trois fois des tirs de sommation avant de procéder aux arrestations.

Hors, il n’en est rien dans ce dossier. Me Midaye entend faire valoir le droit de recours pour obtenir la libération de ses clients.

Pour avoir soutenu un appel à manifester début février, dix partis d'opposition avaient été suspendus pour deux mois pour "troubles à l'ordre public" et "incitation à la violence".

Ce mécontentement social généralisé, soutenu par l'opposition, a pris des allures de fronde contre le président Déby, au pouvoir depuis 1990.

Il fait suite aux mesures d'austérité mises en place par le gouvernement pour pallier la grave crise économique que traverse ce pays pétrolier depuis 2014, accentuée par la chute du prix du baril.

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Guinée: Condé laisse une nouvelle fois planer le doute sur une candidature

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

Le président de la Guinée Alpha Condé, en visite officielle à Abidjan, a une nouvelle fois laissé planer le doute sur une modification de la Constitution qui lui permettrait de briguer un troisième mandat en 2020.

"Il y a un débat en Guinée. Moi j'observe (...), ce qui est évident c'est que le peuple guinéen est un peuple souverain, (...) qu'on ne peut pas empêcher le peuple de s'exprimer s'il le souhaite", a-t-il répondu à la presse qui l'a interrogé sur le sujet.

Il a aussi fait valoir qu'il n'avait "de comptes à rendre qu'au peuple de Guinée et éventuellement au peuple africain, mais pas à l'extérieur". "Je fais ce qui sera la volonté du peuple de Guinée. Pour le moment (...) je laisse le débat se dérouler dans le pays", a-t-il ajouté.

Les principaux partis d'opposition guinéens, ainsi que des associations de la société civile et des syndicats, ont annoncé début avril la création d'une coalition pour empêcher Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest régie jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, Alpha Condé, dont le deuxième mandat constitutionnel s'achève en 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent.

M. Condé, 81 ans, n'a jusqu'à présent pas annoncé de modification de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens. "Personne en Guinée ne m'empêchera d'aller devant le peuple pour lui demander ce qu'il veut et faire la volonté du peuple", avait-il dit le 24 mars devant les militants de son parti.

En janvier, la présidence avait publié des propos de l'ambassadeur de Russie, suggérant d'amender la Constitution pour permettre au chef de l'Etat de briguer un troisième mandat, au grand dam de l'opposition et de la société civile.

Le président ivoirien Alassane Ouattara, 77 ans, dont le deuxième mandat se termine également en 2020, entretient lui aussi le mystère quant à une éventuelle candidature. Il estime avoir le droit de se représenter en raison d'un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l'opposition.

Avec AFP

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