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Dix civils et un présumé rebelle ougandais tués à Beni en RDC


Le corps d’une victime d’une attaque attribuée à des présumés membres des Forces démocratiques alliées (ADF), est porté à Beni, le 16 avril 2015.

Dix civils et un présumé rebelle ougandais musulman ont été tués à Beni, ville de l'est de la République démocratique du Congo, lors de combats entre rebelles et militaires, suscitant la colère des habitants.

L’armée parle d’une guerre asymétrique, tandis que la société civile et des notables dans cette région demandent plus de protection de la part de la Monusco et l’armée congolaise.

Pendant plus de trois heures, les assaillants munis de machettes et armes à feu ont opéré dans le quartier Rwenzori, situé au nord de la ville de Beni.

Onze corps, dont un présumé membre des ADF, ont été retrouvés et acheminés à la morgue de l’hôpital général.

Parmi les victimes, il y a des femmes, des jeunes et un bébé indique le
président de la société civile à Beni.

>> Lire aussi : Au moins cinq morts dans des combats entre l'armée et des rebelles dans l'est de la RDC

Gilbert Kambale ajoute qu’au moins cinq personnes manquent à l’appel dans ce quartier, elles auraient été kidnappées par les assaillants.

En colère, la population est descendue dans la rue pour manifester son indignation mercredi suite à ce nouveau carnage, alors que l’armée a annoncé le lancement d’une opération de grande envergure au mois de Janvier dernier contre les groupes armés dans cette région de Beni.

Des véhicules de la mission onusienne ont été caillassés par la population en colère et les activités commerciales paralysées.

Les manifestants ont été dispersés par la police soutenue par l’armée, et on signale quelques arrestations des manifestants.​

Depuis janvier, l'armée a lancé une nouvelle opération militaire contre les ADF mais les tueries se poursuivent dans Beni et ses environs.

Les ADF "mènent maintenant une guerre asymétrique: lorsqu'on les attaque d'un côté, ils contournent et contrattaquent de l'autre", a expliqué le capitaine Hazukay.

Opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les ADF sont présentes au Nord-Kivu depuis 1995, et sont accusées d'avoir massacré plusieurs centaines de civils depuis octobre 2014 dans la région de Beni. Les rebelles sont aussi accusés d'avoir tué une quinzaine de Casques bleus tanzaniens en décembre 2017.

>> Lire aussi : La population en débandade suite aux affrontements dans l'Est de la RDC

L'est de la RDC est déchiré par des violences depuis plus de vingt ans.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renforcé mardi le rôle de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), plus grand contingent de Casques bleus du monde avec plus de 16.000 militaires.

La résolution prolonge le mandat de la Monusco (présente en RDC depuis 1999) jusqu'en mars 2019 et souligne la nécessité de protéger les civils d'ici les élections prévues le 23 décembre pour organiser le départ du président Joseph Kabila.

L'ambassadeur congolais auprès de l'ONU, Ignace Gata Mavita, a critiqué cette résolution, estimant que la mission des Casques bleus devrait être avant tout "de lutter contre les groupes armés pour protéger les civils et restaurer la paix et la sécurité dans la partie Est" de la RDC.

Charly Kasereka, correspondant à Goma

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