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RDC

Difficile reconversion pour Lambert Mende, l'ex-voix du régime Kabila

Lambert Mende dans les studios de VOA, Washington, le 31 janvier 2018

Intarissable porte-parole du régime Kabila pendant dix ans en République démocratique du Congo, l'ex-ministre de la Communication Lambert Mende connaît un atterrissage difficile dans sa province du Sankuru (centre) où sa candidature au poste de gouverneur est contestée.

Lundi, M. Mende, candidat unique, n'avait toujours pas été élu par les grands électeurs que sont les députés provinciaux, alors que le vote a eu lieu dans la plupart des 26 provinces que compte le pays.

Le président de la République Félix Tshisekedi a demandé "au président de la Commission électorale de reporter l'élection", a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur par intérim, Basile Olongo.

M. Olongo a fait allusion à des risques de troubles en cas d'élection de M. Mende.

Mi-février, au moins une personne avait été tuée dans des affrontements entre la police et des manifestants qui demandaient le rejet de la candidature de M. Mende, membre de la coalition pro-Kabila du Front commun pour le Congo (FCC) et porte-parole du gouvernement de 2008 à 2018.

Samedi déjà, une majorité des grands électeurs avaient refusé de siéger pour entériner sa candidature unique.

La candidature d'un rival de M. Mende, Stéphane Mukumadi, a été invalidée par la cour d'appel du Sankuru parce qu'il possédait une double nationalité, française et congolaise, interdite par la loi en RDC.

"J'avais un rival qui est en conflit avec la Constitution et les lois de la République du fait de sa nationalité étrangère. Et la cour d'appel a recalé sa candidature pour cette raison-là. Est-ce que je dois m'en excuser?", a expliqué M. Mende au site d'actualité.cd.

"On veut faire croire aux gens qu'une candidature unique est illégale tout simplement", a-t-il ajouté.

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Prochaine cible de l'internationale djihadiste en Afrique ?

Les habitants des quartiers périphériques du centre-ville fuient après une attaque meurtrière à la machette, à Beni, Nord-Kivu, 15 août 2016.

Plus grand pays d'Afrique sub-saharienne, l'instable République démocratique du Congo est-elle dans le viseur de l'islam radical ou des mouvements affiliés à l'internationale djihadiste qui opèrent dans de nombreux pays sur le continent, du Mali à la Somalie?

La question vient de se reposer dans l'est du pays, où l'agence de propagande de l'État islamique (EI) a revendiqué pour la première fois une attaque dans la province agitée du Nord-Kivu près de la frontière avec l'Ouganda. Au moins deux soldats congolais ont été tués le 16 avril dans cette attaque à Kamango, dans le territoire de Beni.

"Nous prenons au sérieux ce genre de déclarations", a commenté lundi la cheffe de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), Leila Zerrougui.

"On sait, nous, que l'attaque a été menée par les ADF", a-t-elle ajouté, en faisant allusion aux Forces démocratiques alliées (ADF), historiquement des musulmans ougandais qui luttent contre leur président Yoweri Museveni et qui sont implantés dans cette zone du Congo depuis 1995.

Sans chef, ni mot d'ordre, les ADF sont accusés d'avoir massacré depuis octobre 2014 plus de 1.000 civils, et d'avoir tué 15 Casques bleus tanzaniens dans un raid contre la base de Semuliki en décembre 2017.

"Nous avons expliqué les tentatives de rapprochement des ADF avec les groupes terroristes internationaux", affirme à l'AFP le porte-parole de l'armée congolaise dans la région, Mak Hazukai, pour qui la revendication de l'EI "n'est pas une nouveauté".

Les ADF tentent de rallier "d'autres groupes djihadistes", avance aussi le Groupe des experts sur le Congo (GEC) dans un rapport de novembre.

A l'appui de leur thèse, les experts mentionnent l'arrestation en juillet 2018 d'un Kényan, Waleed Ahmed Zein, présenté comme un "conseiller financier" de l'État islamique en Irak et en Syrie.

"La police kényane a prétendu qu'il était responsable du transfert de plus de 150.000 dollars via un réseau lié à l'ISIS (Etat islamique) qui couvrait de nombreux pays, y compris la RDC", écrit le GEC.

"Des responsables ougandais affirment que Zein était en contact avec les ADF, et une déserteuse des ADF a déclaré au GEC qu'un homme répondant à ce nom lui avait envoyé de l'argent à Kampala", poursuit le GEC.

"Des sources proches du gouvernement des États-Unis ont également confirmé que Zein avait envoyé de l'argent aux ADF", assure le GEC.

En visite à Washington début avril, le nouveau président congolais Félix Tshisekedi a agité la "menace islamiste" pour consolider l'appui que lui apportent les États-Unis. Il a dit redouter que les djihadistes vaincus en Irak et en Syrie ne viennent "se redéployer" en RDC.

Un discours convenu, pour le chercheur français Thierry Vircoulon: l'islam radical dans la région est une "menace utile" pour "les régimes dictatoriaux qui ont besoin de justifier leur répression interne et de s'attirer les bonnes grâces des puissances du Nord", écrivait-il avant l'élection de M. Tshisekedi, à la fin des années Kabila.

- "Une menace réelle" -

En novembre, en pleines tensions pré-électorales, l'ambassade des États-Unis à Kinshasa avait fermé pendant plusieurs jours en raison d'une "possible menace terroriste", sans autre précision.

Pays laïc de quelque 80 millions d'habitants très majoritairement chrétien, la RDC compte 10% de musulmans, d'après la Communauté islamique au Congo (Comico), leur représentation légale.

La Comico fait l'objet d'une lutte pour le pouvoir depuis fin 2018. En octobre, son siège a été pris d'assaut par des imams d'un "Conseil théologal national" qui ont nommé un "comité de crise" pour renverser l'ancien comité directeur.

Les "putschistes" ont affirmé vouloir "purifier" le siège "de toutes les impuretés trouvées ici sur place", selon un message de leur chef de file Cheikh Idi Ngoma sur le site d'information spécialisé dkm-tv.com.

Il s'agit d'"une bande de personnes sans droit ni qualité agissant véritablement comme une milice", a accusé le représentant légal de la Comico, Cheikh Ali Mwinyi, joint par l'AFP.

Dans une lettre datée du 8 décembre adressée au ministre de l'Intérieur, il affirme que ce groupe "représente une menace réelle pour la sécurité nationale".

Sur dkm-tv.com, Cheikh Mwinyi estime que derrière les "putschistes" se trouve une ONG financée par l'Arabie Saoudite, l'ACPDEC, l'Association caritative pour la promotion et le développement communautaire.

Sur sa page Facebook, l'ACPDEC a posté des photos de mosquées construites ou restaurées par ses soins dans la province du Bandundu (ouest). Une journaliste de l'AFP a aussi constaté en février que plusieurs mosquées toutes neuves avaient été construites le long de la route entre Kinshasa et Kikwit.

A Kikwit, chef-lieu du Bandundu, "le nombre de mosquées est passé de 1 à 5" en trois ans dans cette ville d'environ deux millions habitants, dont 4.000 musulmans, selon Idi Lisaka, un imam et responsable de la radio musulmane locale. Les nouvelles mosquées sont construites par l'ACPDEC, a-t-il confirmé.

"Ces mosquées ne sont pas contrôlées par la communauté islamique", insiste le représentant légal de la Comico, Cheikh Ali Mwinyi.

Historiquement, l'islam est entré dans l'est du Congo avec les caravanes des commerçants esclavagistes arabes venus de Zanzibar au XIXe siècle.

Des expatriés libanais et indiens en RDC sont également de confession musulmane. La société Congo Futur d'un homme d'affaires libanais établi en RDC, Ahmed Tajedden, a été sanctionnée en 2010 par le Trésor américain pour financement présumé du Hezbollah, considéré comme un groupe terroriste par Washington.

Avec AFP

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