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Mali

Deux ex-otages reçus à la présidence malienne, un troisième déclaré mort

Les membres de l'ethnie Dogon rentrent dans leur village d'origine après l'arrivée des islamistes, à Binta, Mali, 1er février 2013.

Un journaliste et un préfet maliens pris en otage dans le centre du pays par des djihadistes présumés ont été reçus mercredi au palais présidentiel de Bamako, alors qu'un troisième otage, président d'un tribunal, est décédé en détention, ont indiqué les autorités.

Le préfet de Tenenkou, Makan Doumbia, a été libéré le 17 février, 10 mois après son enlèvement dans la forêt de Kadial, au nord-ouest de Mopti, le 8 mai 2018, a précisé la présidence malienne dans un communiqué.

Le journaliste Issiaka Tamboura, "capturé" le 27 décembre 2018 près de Boni, sur l'axe Mopti-Gao, a retrouvé la liberté mardi, selon la même source.

Reçus à déjeuner au palais de Koulouba par le président Ibrahim Boubacar Keïta, les deux hommes, "marqués psychologiquement", ont remercié le chef de l'Etat pour "tous les efforts déployés par son gouvernement dans le dénouement heureux de la situation dans laquelle leur vie était en danger", selon la présidence malienne.

Dans un communiqué séparé, le gouvernement a affirmé que leur libération était le "fruit d'un long processus initie pour preserver leur vie", sans donner de détails. Mais il assure que "par le biais des passerelles etablies, (il) va poursuivre ses efforts visant a elucider le sort de tous nos concitoyens et d'en tenir informees les familles et l'opinion nationale".

Par ailleurs, le ministre de la Justice avait annoncé mardi aux responsables des syndicats des deux la magistratures que le président du tribunal d'instance de la localité de Niono (centre), enlevé en novembre 2017 par des hommes armés, était décédé fin janvier, selon un communiqué des syndicats de la magistrature.

Le décès du juge de Niono, enlevé à son domicile par des hommes armés, a été acté grâce à des "vérifications, recoupements et confirmation du préfet Makan Doumbia" après sa libération, selon la même source. Les syndicats de magistrats ont annoncé un deuil de trois jours à partir du 25 février "au niveau de toutes les juridictions du pays.

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A Ménaka, dans le nord du Mali, les armes ont commencé à se taire

Des combattants d'un groupe armé local Gatia et du groupe armé pro-gouvernemental Mouvement de Salut de l'Azawad, se rassemblent devant leur siège dans la ville de Menaka le 21 novembre 2020.

Perdue dans le désert du nord-est malien, la ville de Ménaka, au coeur d'une région minée par l'insécurité, connaît depuis quelques semaines une "paix relative" grâce à l'opération "Ménaka sans armes", fruit d'une coopération encore fragile entre militaires maliens et étrangers et divers mouvements armés longtemps rivaux.

Proche de la frontière nigérienne, à 1.500 km de Bamako, Ménaka était tombée en 2012, avec le reste du nord du Mali, sous la coupe d'une coalition formée par la rébellion à dominante touareg et des mouvements islamistes, début d'une spirale de violences dans laquelle l'immense pays sahélien est toujours plongé.

Les islamistes avaient rapidement évincé les rebelles et instauré la charia (loi islamique) dans les villes conquises, avant d'en être chassés par une opération militaire internationale initiée par la France en 2013.

Signataires d'un accord de paix en 2015 avec le gouvernement, ex-rebelles indépendantistes et groupes armés pro-Bamako se sont disputés depuis lors le contrôle de Ménaka, qui a changé de mains à plusieurs reprises.

Malgré l'accord de paix, jusqu'il y a peu, il régnait entre ces groupes une "ambiance digne de 'règlement de comptes à OK Corral'" dans et autour de Ménaka, souligne un diplomate en poste à Bamako.

Trafics en tous genres, fusillades et cambriolages rythmaient la vie des quelque 20.000 habitants (recensement 2009) de la ville. La région demeure un bastion de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique.

"On ne dormait pas"

Depuis le lancement en septembre de l'opération "Ménaka sans armes", une "paix relative" s'est toutefois installée à Ménaka, estime un représentant de la société civile locale, Alhousseni Aghaly.

"Avant, les gens ne dormaient pas, ne savaient pas à quoi s'en tenir ni à quel saint se vouer. Maintenant, on arrive à dormir, même si la peur persiste", a-t-il confié à un correspondant de l'AFP.

Cette opération, lancée peu après le coup d'Etat militaire qui a renversé mi-août le président Ibrahim Boubacar Keïta, fait coopérer de manière inédite l'ensemble des forces en présence, à l'exception des groupes jihadistes, pour sécuriser la ville et ses abords.

Bénéficiant du soutien de la force antijihadiste française Barkhane et de la Mission de l'ONU (Minusma), elle représente l'application d'un pan essentiel des accords de paix de 2015, jamais réellement mis en oeuvre.

Cette fois, un équilibre semble avoir été trouvé.

L'armée malienne et les Casques bleus de l'ONU patrouillent en ville. Quant aux combattants du Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA), du "Gatia", autre groupe pro-gouvernemental, et d'autres éléments de groupes signataires ex-rebelles, ils tiennent une dizaine de check-points aux alentours de Ménaka.

"On a mis une ceinture tout autour de Ménaka pour que tout ce qui entre ou sort puisse être contrôlé", explique Moussa Ag Acharatoumane, le leader du MSA.

"Intérêts convergents"

Pourtant, Ménaka est encore loin d'être "sans armes".

Sur leurs pick-ups ou juchés par dizaines sur le toit d'un bâtiment en bordure de la ville, les combattants du MSA, turban sur la tête, tout comme les membres du Gatia, exhibent leurs fusils-mitrailleurs et leurs lance-roquettes.

De même, il ne faut pas trop tenir compte des motos qui contournent les check-points mis en place par l'opération, ni les tranchées annoncées par la Minusma qui n'ont pas (encore) vu le jour.

Pour le maire de Ménaka, Nanoute Koteya, dans un climat tendu, le plus important est bien ce début d'entente entre les ex-rebelles et les progouvernementaux, et leur cohabitation avec les Forces armées maliennes.

"Ce qu'il manquait commence à arriver", se réjouit-il.

"Il faudra voir ce que ça donne sur le long terme", nuance un notable local.

Cette cohésion apparente relève en grande partie d'une "convergence d'intérêts", ajoute le diplomate en poste à Bamako.

En se montrant à son avantage à Ménaka, l'armée malienne gagne en légitimité dans une région où elle a surtout connu de sévères humiliations.

Les dirigeants du MSA et du Gatia espèrent, de leur côté, faire valoir leur poids auprès des autorités de transition en place à Bamako et se renforcer sur la scène politique locale, souligne Adam Sandor, chercheur à l'organisme de recherche canadien Centre FrancoPaix.

Le président Bah Ndaw fait faux bond aux téléspectateurs

Le président Bah Ndaw à Bamako, le 26 octobre 2020.

Le président de transition malien Bah Ndaw a fait faux bond lundi soir aux téléspectateurs auxquels il devait annoncer des mesures contre le Covid-19, ouvrant le champ aux spéculations sur les causes de cette mystérieuse défection.

Non seulement la présidence avait annoncé l'allocution pour le journal du soir de la télévision nationale, mais un texte au ton alarmiste sur la pandémie en avait circulé et avait même été partagé par la présidence elle-même sur les réseaux sociaux, avant d'en être retiré.

A l'heure dite, le chef de l'exécutif de transition mis en place par des militaires après le putsch du 18 août n'est pas apparu à l'écran, pas plus qu'au cours de la nuit, a constaté l'AFP.

La présidence n'a fourni aucune explication à cette déprogrammation qui a ouvert la voie aux conjectures dans un pays plongé dans une crise profonde, non seulement sécuritaire, mais politique.

Dans une version de l'allocation ayant circulé, Bah Ndaw tirait la sonnette d'alarme devant la progression "exponentielle" selon lui de la maladie. Il annonçait le rétablissement d'un couvre-feu nocturne, la limitation des heures d'ouverture des marchés et la fermture des écoles pendant quatre semaines.

L'intervention de Bah Ndaw avait été préenregistrée, mais la présidence a d'abord demandé à la télévision de couper certains passages, avant qu'elle ne soit finalement annulée, a expliqué à l'AFP une source proche de la diffusion s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Le Mali avait déjà décrété un couvre-feu, parmi d'autres mesures, fin mars, et l'avait levé début mai.

Les mesures sanitaires prises à l'époque, en particulier celles restreignant le commerce, passent pour avoir accru le ressentiment contre le pouvoir de l'ancien président Ibrahim Boubacar Keïta, jusqu'à ce qu'il soit déposé par des officiers en août.

Après l'accueil favorable fait au coup d'Etat, la grogne grandit contre les militaires devant la lenteur de la transition censée ramener les civils au pouvoir sous 18 mois.

Attaques simultanées contre des camps de forces maliennes et étrangeres

Attaques simultanées contre des camps de forces maliennes et étrangeres
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Tirs d'obus et de roquettes sur des camps militaires

Les Casques bleus de l'ONU du Burkina Faso patrouillent le jour des élections à Tombouctou le 28 juillet 2013. (REUTERS/Joe Penney).

Des camps des forces étrangères et maliennes ont été visés simultanément lundi à Ménaka, Gao et Kidal (nord) par des tirs d'obus et de roquettes, a-t-on appris de sources militaires maliennes et étrangères.

Aucune victime n'a été rapportée après ce qui semble être une rare opération coordonnée contre les forces étrangères.

"A Ménaka, Gao et Kidal, les camps des forces étrangères ont été attaqués lundi matin, probablement par les mêmes terroristes, à l'aide d'obus et de roquettes. Il n'y a pas eu de victimes, mais des dégâts matériels", a déclaré à l'AFP un responsable de l'armée malienne basée dans le nord.

"Les terroristes ont tenté sans succès de mener une action coordonnée contre les camps de (la force française) Barkhane, des Casques bleus de l'ONU, contre la force européenne Takuba et contre l'armée malienne dans les localités de Gao, Menaka, et Kidal", a dit un responsable militaire étranger.

"La situation est sous contrôle dans les trois localités", a-t-il ajouté.

Une source au sein de la mission de l'ONU à Kidal a fait état d'une dizaine d'obus "qui n'ont pas fait de victimes, mais des dégâts en cours d'évaluation". Les forces de Barkhane sont stationnées dans le même camp.

Sollicité par l’AFP, l’état-major français n’avait toujours pas réagi à ces informations lundi en fin de matinée.

L'attaque de Kidal a été précédée par le passage autour du camp d'un groupe d'hommes à moto avant l'aube, a dit un agent de sécurité du camp. "C’est après leur passage qu’il y a des tirs de roquettes et mitrailleuses. Pas de morts mais des dégâts matériels importants", a-t-il dit.

Le nord est l'un des foyers des violences et des agissements jihadistes auquel le Mali est en proie depuis 2012, malgré l'engagement de forces onusiennes, étrangères et françaises.

Sahel : "avec les terroristes, on ne discute pas" selon le président Macron

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours lors d'une conférence de presse à l'ouverture d'une réunion des forces du G5 Sahel à Nouakchott en Mauritanie le 2 juillet 2018.

Le président français Emmanuel Macron a martelé vendredi l'opposition complète de la France, engagée militairement au Sahel, à toute négociation avec les jihadistes, alors que ce sujet fait débat dans la région, notamment au Mali.

"Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat", a-t-il lancé dans un entretien avec l'hebdomadaire Jeune Afrique.

"Il faut s'inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d'Alger", a souligné Emmanuel Macron en référence à l'accord de de paix conclu en 2015 entre le pouvoir central malien, les groupes armés pro-Bamako et l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali.

"Ceux-ci prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut dialoguer avec des groupes terroristes, qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris nos soldats", a-t-il ajouté.

Cet accord ne concerne pas les groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou à l'organisation Etat islamique (EI) qui poursuivent, voire intensifient leurs actions depuis cinq ans, faisant des centaines de morts.

Le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane, a toutefois souligné lors d'une visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, le 26 octobre à Bamako, que le "dialogue national inclusif", vaste concertation du pays tenue fin 2019, avait "très clairement indiqué la nécessité d'une offre de dialogue avec les groupes armés" jihadistes.

"Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme", a préféré relever Emmanuel Macron.

Le président français a par ailleurs indiqué qu'il aurait, "dans les prochains mois des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane", la force française de plus de 5.000 hommes présente au Sahel. Une décision était jusqu'ici attendue d'ici la fin de l'année.

Près d'un an après l'envoi de 600 soldats supplémentaires au Sahel pour reprendre l'avantage face aux jihadistes, Paris est sur le point de réduire le nombre de militaires déployés, avaient indiqué début novembre des sources concordantes à l'AFP.

"J'ai besoin d'une réitération claire du souhait de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés", a souligné le chef de l'Etat, qui avait déjà demandé un tel engagement à ses homologues du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) au sommet de Pau (sud-ouest de la France) en janvier.

Barkhane doit se "recentrer vraiment sur nos ennemis, l'EIGS et les groupes strictement terroristes", a souligné le chef de l'Etat en référence à l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) qui s'inscrit dans la nébuleuse de l'EI, et que Paris et ses alliés du G5 Sahel avaient déjà désigné comme cible principale au sommet de Pau.

Il n'a en revanche pas cité le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, selon l'acronyme arabe) dirigé par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, affilié à Al-Qaïda.

Il faut également "accélérer la montée en puissance des armées du G5 Sahel" et "internationaliser notre présence" en y associant d'autres pays européens, a-t-il rappelé.

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