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États-Unis

Deux Américaines découvrent leurs héritages esclavagistes et offrent des compensations

Le festival a organisé une danse sacrée en l'honneur de Baba Chuck Davis, décédé deux semaines avant le festival, à Washington D.C., le 5 juin 2017. (VOA/Nastasia Peteuil)

La "compensation", c’est l’idée que les Américains blancs devraient payer une dette morale aux Américains noirs pour compenser l’esclavage et le racisme institutionnalisé. Une jeune étudiante l'a fait avec une donation de 200.000 dollars.

Depuis 2018, l'association Soul2Soul, basée à Denver, a reçu un énorme don anonyme de 200 000 dollars. Les fondateurs, la révérende Dawn Riley Duval et Tawana Davis, ont découvert que la mystérieuse bienfaitrice est une étudiante.

Elle s'était récemment plongée dans son arbre généalogique pour un travail en classe. Ce qu’elle a découvert, c’est une nouvelle information qui lui a causé une "profonde tristesse", comme le raconte la radio publique CPR. Elle avait grandi en croyant que sa famille, installée dans le Mississippi à la fin du XVIIIe siècle, n’avait jamais possédé d’esclaves. Mais il s’est avéré que c'était loin d'être la réalité.

Elle a déterré une cassette de sa grand-mère et a appris l'existence d'Alice. Alice était une fille esclave donnée à son arrière-arrière grand-mère "aristocratique" lorsqu'elle a quitté la Caroline du Nord pour le Mississippi. Même après son émancipation, Alice est restée".

Une compensation économique et sociale

La donatrice a discuté avec sa professeure pour "racheter" le rôle de sa famille dans l’esclavage et honorer Alice, qui l'a envoyé vers l'association Soul2Soul.

Elle fit discrètement son don et pensa que c'était ça. Mais les révérends se sont approchés, voulant en savoir plus.

"Pour moi, les compensations sont importantes, c’est un changement de société, c’est quelque chose que nous devons faire en tant que pays", a-t-elle déclaré. "C’est pourquoi j’ai pensé que c’était davantage des 'réparations personnelles', puis j’ai dit que c’était des 'réparations partielles personnelles', parce que je ne sais pas quel est le bon chiffre, ni que l’argent est tout. Je ne pense pas que ce soit le cas."

La révérende Riley Duval a souligné que les compensations sont une partie importante de la guérison des blessures raciales aux Etats-Unis.

"Il doit y avoir une compensation. Nous comprenons que la justice économique et la justice réparatrice font partie intégrante de la justice raciale", a-t-elle confié. "Donc, il doit y avoir une compensation vers la réconciliation."

"Nous avons fait appel à d'autres femmes noires qui nous aident à élargir le travail des soeurs Soul2Soul", a-t-elle ajouté. "Soul2Soul Sisters est une organisation de justice raciale extrêmement férocement confiée, dirigée par des femmes noires vers la guérison et la libération des Noirs."

Sa grand-mère au KKK

Lotte Lieb Dula, analyse financière à la retraite, a pris un chemin similaire à celui du donateur anonyme de Soul2Soul au début de 2018.

Sa grand-mère de Dula est décédée en janvier. Alors qu'elle range ses affaires, elle trouve un vieux livre encore bien conservé où elle y découvre des inventaires d'esclaves avec leurs valeurs monétaires individuelles appartenant à ses ancêtres.

C’est ainsi que Lotte Lieb Dula comprend qu’une grande partie de la richesse ancestrale de sa famille provient de l’esclavage. Elle fait plus de recherches et recense plus de 400 esclaves considérés comme la propriété de ses ancêtres. Elle a également mis à jour un ancien annuaire du Smith College dans lequel sa grand-mère était membre du KKK.

"Je veux passer à côté de la culpabilité et de la honte, et je veux agir", se souvient-elle.

Elle a rejoint un groupe national appelé "Venir à la table", qui relie les descendants des esclaves aux descendants des propriétaires d'esclaves.

Elle a également créé un fonds de bourses d'études pour les étudiants noirs souhaitant étudier les sciences politiques ou le droit.

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Procès de Trump: l'accusation boucle l'exposé de ses griefs

Destitution de Trump: Bataille entre démocrates et républicains au sénat

Les procureurs démocrates bouclent vendredi leur présentation du dossier d'accusation contre Donald Trump au quatrième jour d'un procès en destitution au Sénat où, malgré la portée historique des débats, pointe une certaine lassitude.

Après de longues heures à la barre, les sept élus de la Chambre des représentants reprendront la parole à la mi-journée pour dérouler leurs griefs contre le président des Etats-Unis, le troisième seulement à subir une telle épreuve.

Ils céderont la place samedi à la défense, qui disposera à son tour de 24 heures sur trois jours pour demander l'acquittement immédiat du locataire de la Maison Blanche. Compte-tenu de la majorité républicaine au Sénat (53 élus sur 100), il est quasi certain de gagner son procès.

Les démocrates espèrent toutefois écorner son image, alors qu'il est en pleine campagne de réélection.

"Vous ne pouvez pas faire confiance à ce président pour qu'il fasse ce qui est bon pour ce pays", par contre il fait "ce qui est bon pour Donald Trump", a lancé le procureur en chef Adam Schiff dans une conclusion tard jeudi.

"Il doit être destitué car le bien et la vérité comptent. Sinon nous sommes perdus", a ajouté l'élu démocrate dans une envolée empreinte d'émotion.

Le leader des sénateurs démocrates Chuck Schumer a reconnu jeudi que ce discours "poignant" "s'adressait au bon sens des Américains".

- "Mensonges" -

Avant de participer au rassemblement annuel des militants anti-avortements, qui lui permet de cimenter sa base électorale, Donald Trump s'est plaint d'avoir "eu à endurer des heures et des heures de mensonges, de fraudes et de tromperies".

"Le coup monté de la destitution perturbe les élections de 2020", a-t-il reconnu sur Twitter, avant de se plaindre du calendrier: "mes avocats vont être obligés de commencer samedi, ce qu'on appelle la Vallée de la Mort en télé!"

L'un d'eux Jordan Sekulow fils de l'avocat personnel de Donald Trump Jay Sekulow a déclaré sur la chaîne Fox qu'ils allaient "attaquer toutes les inexactitudes" des procureurs. "On va plaider que le président était totalement dans son droit, tel que garanti par la Constitution", a-t-il ajouté.

Donald Trump se retrouve en procès parce qu'il a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, son adversaire potentiel à la présidentielle, et qu'il a au même moment gelé une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre avec la Russie.

Pour les démocrates, il a utilisé les moyens de l'Etat pour faire pression sur Kiev afin de "salir" son rival "en d'autres termes, de tricher à l'élection", selon les mots d'Adam Schiff. Et une fois "démasqué", il a gêné l'enquête du Congrès, lui reprochent-ils encore.

La Chambre des représentants, aux mains des démocrates, l'a donc mis en accusation le 18 décembre pour "abus de pouvoir" et "entrave au travail du Congrès". Ce second chef sera au coeur des débats vendredi.

- "Du bon boulot" -

Pour ses partisans, l'impétueux président était dans son droit en demandant à l'Ukraine d'enquêter sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, dans ce pays gangrené par la corruption.

"Quand il s'agit de l'instance du président Trump" à demander une enquête sur les Biden, "je pense qu'il a raison", a encore déclaré vendredi l'influent sénateur républicain Lindsey Graham.

Fair-play, il a reconnu qu'Adam Schiff "avait fait du bon boulot", mais il lui a reproché d'avoir assuré que le président servait ses intérêts plus que ceux de l'Amérique: "cette décision revient aux électeurs".

D'autres sénateurs républicains ne se sont pas montrés aussi élégants, affichant clairement leur lassitude face à des arguments qui, de l'aveu même d'Adam Schiff, "se répètent" parfois.

Ils ont été vus haussant les épaules, ricanant ou piquant du nez pendant la présentation des démocrates. L'un d'eux a même écrit un grand "SOS" sur une feuille blanche lisible depuis la tribune réservée à la presse.

D'autres se sont régulièrement échappés dans l'antichambre de l'hémicycle, en violation des règles strictes du procès qui leur interdisent de parler, sortir de la salle d'audience, ou consulter leurs portables.

Le procès contre Trump se poursuit

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Donald Trump s'affiche avec les militants anti-avortement

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Quatrième jour du procès en destitution de Donald Trump

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Trump s'affiche avec les militants anti-avortement au cœur de Washington

Le président Donald Trump participe à une manifestation "Marche pour la vie" à Washington, D.C, le 24 janvier 2020.

Les yeux rivés sur le scrutin de novembre, Donald Trump participe vendredi à Washington à la grand-messe annuelle des militants anti-avortement, une première pour un président en exercice.

Sur les immenses pelouses du "National Mall", l'avenue monumentale de la capitale fédérale, le président américain sera la star incontestée de cette "Marche pour la vie".

Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, dans l'enceinte du Congrès, les sénateurs poursuivront leurs débats dans son procès en destitution, tache indélébile sur son mandat.

Le milliardaire républicain qui, en 1999, se disait très "pro-choice" (favorable à la possibilité de choisir l'avortement), est plus que jamais déterminé à se positionner comme le président le plus "pro-life" de l'Histoire.

La démarche est loin d'être anodine: en 47 ans d'existence, la "March for Life" n'a jamais accueilli un hôte de la Maison Blanche. Marjorie Dannenfelser, présidente de "Susan B. Anthony List", puissante organisation anti-avortement, y voit un véritable "tournant".

Soucieux de théâtraliser sa participation, Donald Trump a débuté sa journée en citant, dans un tweet, Jeanne Mancini, présidente du mouvement organisateur de ce grand rendez-vous: "Nous n'avions jamais vu un président des Etats-Unis venir en personne à la Marche pour la vie". "Maintenant, c'est fait! A tout à l'heure Jeanne", a-t-il ajouté.

Après le discours présidentiel, prévu en milieu de journée, le cortège remontera l'artère verdoyante du Mall pour rejoindre le bâtiment de la Cour suprême, situé juste à côté du Congrès.

En 2019, l'ancien homme d'affaires de New York avait promis aux manifestants, par écran géant interposé, d'opposer son veto à toute législation "affaiblissant la protection de la vie humaine".

La manifestation est organisée tous les ans autour du 22 janvier, date anniversaire de l'arrêt emblématique de la Cour suprême "Roe v. Wade", rendu en 1973, et légalisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans tous les Etats-Unis.

- Le test de la Louisiane -

A l'approche du scrutin du 3 novembre, où il briguera un second mandat, Donald Trump, qui n'a jamais cherché à élargir son socle électoral, sait qu'il doit jouer serré avec les chrétiens évangéliques blancs, qui avaient voté à 81% pour lui en 2016.

Avec les nominations de Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh à la Cour suprême, qui ont cimenté l'institution dans le conservatisme, il a galvanisé les militants anti-avortement.

Leur rêve? Remettre en cause l'arrêt "Roe v. Wade". Ou, à défaut, autoriser les Etats à adopter des lois très restrictives sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG).

Le premier test décisif aura lieu en mars, quand la Cour suprême se penchera sur une loi adoptée en 2014 en Louisiane, Etat conservateur du Sud.

Le texte prévoit d'imposer aux médecins volontaires pour pratiquer des IVG d'avoir une autorisation d'exercer dans un hôpital situé à moins de 50 kilomètres du lieu de l'opération.

Selon les défenseurs du droit à l'avortement, ces conditions sont trop drastiques et seul un médecin et une clinique pourront continuer à pratiquer des IVG dans tout l'Etat. Un nombre très insuffisant, soulignent-ils, pour les quelque 10.000 avortements pratiqués chaque année.

La Louisiane justifie cette mesure en évoquant les risques de complication et la nécessité, en cas de problème, de pouvoir transférer les patientes dans des hôpitaux voisins.

La décision permettra d'évaluer si le temple du droit américain a, sur ce sujet très sensible, changé de position. En juin 2016, six mois avant l'arrivée du magnat de l'immobilier au pouvoir, elle avait jugé illégale une loi similaire adoptée au Texas.

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