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Côte d'Ivoire

Des voix s’élèvent contre la stigmatisation des LGBT

Lucien Lagô (à l’extrême gauche de la première rangée), responsable de l’ONG Action Sociale en compagnie des LGBT, Bouaké, le 7 octobre 2019. (VOA/Siriki Barro)

Longtemps stigmatisés en raison de leur orientation sexuelle, les LGBT aperçoivent une lueur d’espoir. Briser les tabous et la discrimination autour de leur personne, c’est la lutte engagée par certaines organisations non gouvernementales du pays.

Même si aucune loi n’interdit l’homosexualité, les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transsexuels sont marginalisés et victimes de violence de tous genres.

Une lueur d’espoir pour les LGBT en Côte d’Ivoire
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Youssouf est homosexuel, pour cette raison, il a été expulsé de la maison qu’il loue.

"Voir des gens efféminés qui viennent chez toi à la maison, dans une cour musulmane, des femmes qui marchent comme des garçons, ça soulève beaucoup de questions. Le propriétaire de la cour m’a dit qu’il ne veut pas voir ce genre de personne chez lui. Il m’a donné trois mois, mais pendant ces trois mois, je n’avais plus accès ni au courant ni à l’eau", raconte-t-il, non sans émotion.

Lui se fait appeler Rosé Fecha, il est bisexuel. Pour éviter la haine et la furie des homophobes, il a décidé de cacher son appartenance sexuelle.

Il s’explique : "je suis chrétien. J’ai essayé de camoufler mon vrai comportement. Mais c’est tout récemment que ma photo s’est retrouvée sur les réseaux sociaux. Si tu veux parler ou t’expliquer, ça va rentrer dans des choses que toi-même, tu ne pourras pas contrôler. Donc j’ai préféré me taire sur le sujet".




Défendre les droits des personnes LGBT, c’est la mission que s’est assignée l’ONG Action Secours Social. Une organisation qui ambitionne rétablir les LGBT dans leurs droits, mais également lutter contre le VIH/SIDA chez ces personnes. Lucien Lagô en est le responsable.

D’un air triste, il avoue : "souvent quand tu entends parler d’un LGBT, c’est touchant. Ils sont traités de malades, de maudits. Ils sont traités de tout, or, c’est des êtres humains. Ce sont des personnes très vulnérables. Coté santé, c’est des personnes qui ont peur d’aller dans les centres de santé. Or, le taux de VIH dans cette communauté est plus élevé vu le rejet".

Toujours selon Lucien Lagô, les actions de sensibilisation menées auprès des religieux commencent à porter fruits.

"On a essayé de croiser des imams, faire des plaidoyers avec eux. Ce n’était pas facile. Mais après cela, ces imams ont compris beaucoup de choses. Ils ont commencé à accepter. Les personnes qu’on déteste tellement, qu’on maudit chaque jour, ce sont nos enfants".

Plusieurs cas de violence envers les LGBT ont été enregistrés à Bouaké. Le dernier en date remonte au mois de mars 2019. Un jeune gay a subi une attaque à la machette. Par peur, il a décidé de garder le silence sans jamais porter plainte contre ses agresseurs.

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Soro porte plainte à Paris contre le procureur ivoirien

L'ex-président de l'Assemblée National Guillaume Soro

L'ancien chef de la rébellion ivoirienne et ex-Premier ministre Guillaume Soro, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt sous l'accusation d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire", a déposé plainte à Paris contre le procureur d'Abidjan, ont fait savoir jeudi ses avocats.

"Les avocats de M. Guillaume Soro (...) ont déposé, une plainte auprès du Procureur de la République de Paris (...) pour des faits de captation illicite de la vie privée, diffusion illégale, de montage illicite et de tentative d'escroquerie au jugement", selon son cabinet de communication qui a également transmis le certificat de plainte déposée mercredi.

Ancien Premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, M. Soro, qui a annoncé sa candidature à la présidentielle d'octobre 2020, avait tenté le 23 décembre de revenir en Côte d'Ivoire, après six mois à l'étranger. Mais, après avoir appris qu'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt, Soro était reparti en avion vers l'Europe. Plusieurs de ses proches dont des députés ont été ensuite arrêtés.

"Cette plainte fait suite à la diffusion d'un enregistrement par le procureur de la République, Richard Adou, lors d'une conférence de presse au tribunal de première instance d'Abidjan, le 26 décembre et qui a motivé par ce dernier l'émission d'un mandat d'arrêt international contre M. Guillaume Soro", dit le communiqué.

Selon le certificat daté du 22 janvier, M. Soro a porté plainte "contre X" et contre le procureur Richard Adou mais aussi contre trois autres personnes qu'il soupçonne d'avoir participé à l'enregistrement de ses conversations.

Longtemps allié au président Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

M. Soro, figure de la vie politique ivoirienne et populaire parmi la jeunesse, ambitionnait de bousculer l'échiquier politique ivoirien pour la présidentielle de 2020.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait 3.000 morts, le scrutin s'annonce tendu. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés

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Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés

Le parlement ivoirien à Abidjan, le 9 janvier 2017.

L'Assemblée nationale ivoirienne, où le pouvoir dispose d'une majorité absolue, a annoncé mardi avoir voté la levée de l'immunité parlementaire de cinq députés pro-Soro arrêtés après le retour avorté le 23 décembre de l'ex-chef rebelle Guillaume Soro, dont l'immunité a également été levée.

"L'immunité parlementaire des députés est levée suite à un vote au scrutin secret des membres du bureau de l'Assemblée nationale", selon le texte daté de lundi.

La levée d'immunité de Loukimane Camara, Kando Soumahoro, Alain Lobognon, Mamadou Soro, Soumaila Yao ainsi que de Guillaume Soro, a été votée après "une requête du groupe RHDP" (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), coalition soutenant le président Alassane Ouattara, précise le communiqué.

La justice ivoirienne accuse l'ex-Premier ministre et ex-président de l'Assemblée nationale d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire" pour s'emparer du pouvoir. M. Soro avait appris le 23 décembre qu'un mandat d'arrêt avait été lancé à son encontre alors qu'il était dans un vol le ramenant en Côte d'Ivoire après six mois d'absence à l'étranger. Il avait alors fait demi-tour tandis que les forces de l'ordre avaient arrêté certains de ses proches dont les cinq députés.

"C'est une situation totalement ubuesque. On baigne dans le non-droit, dans les vices de procédure. Un groupe parlementaire ne peut pas demander la levée de l'immunité de députés et encore plus le bureau de l'Asssemblée ne peut pas statuer sur la levée de l'immunité", a réagi Louis Ouattara, un proche de M. Soro.

Longtemps allié d'Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

Jusqu'à cette affaire, M. Soro était considéré comme un challenger sérieux pour la présidentielle par les analystes politiques, qui le disent populaire, notamment auprès de la jeunesse.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui fait 3.000 morts, la prochaine présidentielle s'annonce tendue. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Les évêques ivoiriens "préoccupés" avant la présidentielle

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Après la mort d'un enfant dans un train d'aterrissage, un quartier d'Abidjan sur le point d'être rasé

Un avion de la compagnie nationale ivoirienne Air Cote d'Ivoire, un Airbus A320 de nouvelle génération, a atterri à l'aéroport Felix Houphouet-Boigny d'Abidjan, le 18 juillet 2017.

Les habitants du quartier populaire d'Adjouffou vidaient lundi leurs maisons avant qu'elles ne soient rasées pour instaurer un périmètre de sécurité autour de l'aéroport d'Abidjan, conséquence de la découverte le 8 janvier du corps d'un enfant dans le train d'atterrissage à Roissy.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'enfant âgé de 14 ans a sans doute escaladé un mur de l'aéroport puis s'est accroché aux roues de l'avion juste avant le décollage d'un vol Abidjan-Paris.

La semaine dernière, les autorités ont annoncé "la création d'un périmètre de sécurité, une bande de 200 mètres" tout autour de la clôture de l'aéroport. Le quartier d'Adjouffou, qui compte environ 25.000 habitants, va donc être partiellement détruit et le début des opérations devaient débuter lundi.

Ce n’’est pas bon! On n’a rien. On fait quoi maintenant? Je ne vais plus à l'école. Regardez mon papa!", s'insurge Aicha Sawadogo 14 ans. Son père ramasse les dernières affaires de sa maison, un taudis aux murs en carton et bois. La jeune fille éclate en sanglots: Ce n’’est pas bon, pas bon..."

L'eau a été coupée depuis trois jours. Sur certains murs, on voit l'inscription en rouge "AD" (à détruire). Lundi, les habitants qui avaient déjà commencé le déménagement les jours précédents, emportaient tout ce qu'ils pouvaient de leurs maisons, arrachant portes, fenêtres et toits. Le quartier semble avoir été dévasté par une tempête ou une explosion.

Francs Kablan, chauffeur routier, neuf bouches à nourrir, est désemparé. Il donne un coup de main à un voisin pour l'aider à enlever son toit. "Je suis là parce que je ne sais pas où aller. On a mis les affaires chez la famille de ma femme. Je suis né ici, 40 ans que j'habite ici. Avant, il n'y avait pas de mur, on voyait les avions. Il n'y a jamais eu de problème. L'enfant n'est pas passé par ici", estime-t-il.

- "Que le gouvernement ait pitié" -

"Tout le monde paie le prix pour une seule personne", crie une femme en écoutant M. Kablan.

"Que le gouvernement ait pité de nous. Nous, on est pauvre. On souffre déjà assez. On n'a pas d'argent pour louer. Mes affaires sont dispersées. Je ne suis pas allée à l'école ce matin", se lamente Epiphanie Djossou, 19 ans, élève de terminale. Amélie Djossou, sa grand-mère, habite le quartier depuis 50 ans. "Au début il y avait une maison par ci, par là. Maintenant c'est une ville. On ne sait pas où aller", dit-elle.

La mort du jeune Laurent Barthélémy Ani Guibahi, retrouvé le 8 janvier dans le train d'atterrissage d'un avion Roissy, a ému tout le pays, mais certains se sont aussi inquiétés des mesures de sécurité autour de l'aéroport dans un pays sous la menace djihadiste. La Côte d'Ivoire a été touchée par un attentat en mars 2016 (19 morts) dans la station balnéaire de Bassam proche de l'aéroport.

"Même un poulet quand tu le déplaces, tu prévois un autre endroit pour lui. Rien n'est prévu pour nous. Il faut des mesures d'accompagnement", affirme Abdul Ouattara, 41 ans, qui a toujours habité le quartier. "Quand on était jeune, on traversait la piste pour cultiver du manioc ou cueillir des mangues... On a toujours été ici. Il y a des écoles, des boutiques, des églises, des mosquées..."

Des sites pour reloger les expulsés sont à l'étude, avait assuré Hamed Diomandé, directeur de cabinet du ministre des Transports, la semaine dernière.

Le quartier d'Adjouffou se situe sur l'emprise de l'aéroport et donc des terrains appartenant à l'Etat même s'il se trouve à l'extérieur de la clôture.

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