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Des Sud-Coréens en Corée du Nord pour d'émouvantes réunions de famille

Les Sud-Coréens avec leurs parents nord-coréens alors qu'ils font leurs adieux après la réunion de la famille séparée à Diamond Mountain en Corée du Nord, le 26 octobre 2015.

Plusieurs dizaines de Sud-Coréens d'un âge avancé sont passés lundi au Nord pour y rencontrer des parents qu'ils n'ont plus revus depuis la Guerre de Corée (1950-1953), à l'occasion de poignantes réunions de familles séparées depuis des décennies.

Cette nouvelle série de réunions, les premières depuis trois ans, ont débuté par la suite dans la station de montagne nord-coréenne du Mont Kumgang, a indiqué un responsable du gouvernement sud-coréen.

Elles se veulent aussi une illustration supplémentaire de la remarquable détente entre le Nord et le Sud, après des années de montée des tensions en raison des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang.

Des millions de personnes ont été séparées de membres de leur famille par ce conflit qui a scellé la division hermétique de la péninsule.

Aucun traité de paix n'ayant été signé, Nord et Sud sont encore, techniquement, en état de guerre, et toute communication civile est rigoureusement proscrite.

Depuis 2000, les deux camps ont organisé 20 séries de réunions de familles, au gré de l'amélioration des relations bilatérales. Mais, 65 ans après l'armistice, le temps est compté pour les survivants.

Les 89 Sud-Coréens tirés au sort pour ces réunions s'étaient pour la plupart mis sur leur trente-et-un en prévision de ces rencontres forcément bouleversantes.

Revoir son fils de 71 ans

Ils ont pris place à bord de 14 autocars où étaient parfois aussi rangés des fauteuils roulants. Certains paraissaient enthousiastes, d'autres un peu incrédules, et leur convoi escorté par la police et du personnel médical, a pris la direction du Nord.

Des reporters de l'AFP à la frontière les ont ensuite vus pénétrer dans la partie nord de la Zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule.

De lundi à mercredi, les participants passeront environ 11 heures avec les membres de leur famille au Nord, souvent sous la supervision d'agents nord-coréens, avant de se séparer à nouveau, probablement pour toujours.

Lee Keum-seom, 92 ans, fait partie des rares parents qui doivent retrouver un enfant au Nord. Les années passant, ces réunions de familles concernent de moins en moins un enfant et son père ou sa mère.

Dans sa fuite pendant la guerre, elle avait perdu son mari et son fils de quatre ans, et avait pris, seule avec sa fille, un ferry à destination du sud.

C'est avec sa fille qu'elle est partie lundi pour le Nord. Son fils a aujourd'hui 71 ans.

"Je n'avais jamais imaginé que ce jour arrive", a déclaré Mme Lee. Je ne savais même pas s'il était en vie."

20 cuillères en inox

Initialement, 130.000 Sud-Coréens s'étaient portés candidats en 2000 pour ces réunions. L'immense majorité sont aujourd'hui décédés. La plupart des survivants ont plus de 80 ans. Le doyen, cette année, s'appelle Baik Sung-kyu et a 101 ans.

Il doit rencontrer sa belle-fille et sa petite fille. Alors en cadeau, il a apporté des habits, des sous-vêtements, 30 paires de chaussures, des brosses à dent et du dentifrice.

"J'ai aussi pris 20 cuillères en inox", ajoute-t-il. "J'ai tout acheté parce que ce sera ma dernière fois."

Certains de ceux qui avaient été tirés au sort pour la réunion de cette année ont renoncé en apprenant que leur père, leur mère, leur frère ou leur soeur de l'autre côté de la frontière était mort, et qu'ils ne rencontreraient que des parents éloignés qu'ils n'ont jamais vus.

Mais Jang Hae-won, 89 ans, qui avait fui avec son frère sa ville natale de la province de Hwanghae, a souhaité aller rencontrer son neveu et sa nièce pour leur raconter la vie de leur père.

"Ils ne savent pas à quoi ressemblait leur père alors je vais leur parler de lui et leur dire quand il est mort", dit-il. "Mais c'est tout, car plus nous parlerons et plus ce sera triste."

Ceux qui ont participé par le passé à ces rencontres ont souvent regretté que ce soit trop court. La plupart ont aussi raconté à quel point les "adieux", à la fin des trois jours, pouvaient être éprouvants.

D'autres ont été consternés par le fossé idéologique les séparant. Quelques uns, par ailleurs, ont eu toutes les peines du monde à recoller les morceaux après des décennies de séparation, et en raison de leur grand âge.

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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