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Des ONG manifestent à l'AG de Bolloré à Paris contre la pollution en Afrique et en Asie

  • VOA Afrique

Un homme se promène près d'un oléoduc aux alentours des plages de Akodo, Lagos, le 25 juin 2016.

Des ONG ont accueilli jeudi à Paris les actionnaires du groupe Bolloré avec du poisson pourri pour réclamer un dialogue avec le groupe, propriétaire indirect de plantations accusées de polluer et de bafouer les droits de populations d'Afrique et d'Asie.

"Honte à Bolloré, qui soutient des dictatures", ont scandé lors d'une manifestation de deux heures la trentaine de militants d'une demi-douzaine d'organisations non gouvernementales, notamment devant la tour Bolloré à Puteaux, en région parisienne. Le groupe Bolloré détient près de 40% de Socfin, holding luxembourgeoise qui possède ces plantations.

Certains ont accueilli les actionnaires, qui se rendaient à l'assemblée générale du groupe, munis de cannes à pêche avec au bout de la ligne du poisson pourri, symbole de pollution.

"Ca fait maintenant plusieurs années que les communautés villageoises riveraines des plantations de la Socfin, au Cameroun, en Côte d'Ivoire, au Liberia, en Sierra Leone, subissent des abus des plantations de palmiers, d'hévéas de la Socfin, que ça soit des problèmes de rivières polluées, des problèmes d'espace vital autour des villages qui ne sont pas respectés, des problèmes d'accès aux centres de santé, ou aux écoles", a expliqué à l'AFP Adrien Roux, porte-parole de l'ONG française ReAct.

La Socfin, holding luxembourgeoise dont le groupe Bolloré détient 39%, possède des plantations de palmiers à huile et d'hévéas dans plusieurs pays africains (RDC, Liberia, Cameroun, Côte d'Ivoire, Sierra Leone...), ainsi qu'en Indonésie et au Cambodge.

"Aujourd'hui, l'inquiétude, c'est l'asymétrie de pouvoir terrible entre des communautés qui demandent un espace vital pour leurs cultures, qui demandent l'école pour les enfants et la puissance d'un groupe tentaculaire qui a une empreinte générale à l'échelle du continent", a déclaré M. Roux, dénonçant un "refus du dialogue" de Bolloré.

Mais cela pourrait changer, à en croire une autre porte-parole de l'ONG.

Présents à l'AG, une dizaine de militants, actionnaires symboliques, ont distribué un contre-rapport aux actionnaires "pour montrer la réalité de ce qui se passe sur le terrain".

Parmi les militants, Marielle Benchehboune a interpellé Vincent Bolloré, lui réclamant une rencontre internationale avec des représentants des communautés pour "définir un cadre de dialogue" et conclure un accord global qui mette fin à "toutes les formes de répression dans les différents pays".

Le PDG de Bolloré aurait selon elle "reconnu son pouvoir d'influence auprès du PDG de la Socfin" et aurait accepté le principe d'une rencontre à Paris, courant juin.

Avec AFP

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