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Des millions d'enfants incapables de lire ou compter après des années à l'école

  • VOA Afrique

Des enfants à l'école en Afrique du Sud, en novembre 2009.

Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, des millions d'enfants ne savent ni lire, ni écrire, ni résoudre des opérations de mathématiques élémentaires même après avoir passé plusieurs années sur les bancs de l'école, a révélé mardi la Banque mondiale.

"Cette crise de l'apprentissage scolaire accentue les disparités sociales au lieu de les réduire", constate-t-elle dans un rapport. "Les jeunes élèves déjà défavorisés par la pauvreté, les conflits, leur genre ou un handicap entrent dans la vie adulte sans avoir acquis ne serait-ce que les compétences de base", ajoute-t-elle.

Lorsqu'on a demandé à des élèves de troisième année de l'école primaire au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda de lire en anglais ou en swahili une phrase simple du genre "le nom du chien est Fido", les trois quarts d'entre eux n'ont ainsi pas compris ce qu'elle voulait dire.

"Dans les campagnes indiennes, près de trois quarts des élèves de troisième année du primaire n'ont pas pu faire une opération de soustraction à deux chiffres telle que 46-17", selon un autre exemple. "En cinquième année du primaire, la moitié en était toujours incapable".

La Banque mondiale note en outre que malgré une amélioration des compétences des Brésiliens âgés de 15 ans, au rythme actuel, ils n'atteindront pas la note moyenne en mathématiques des pays riches avant 75 ans. Et il leur faudra 263 ans pour atteindre le niveau moyen en lecture.

"Cette crise de l'apprentissage (scolaire) est d'ordre moral et économique", a commenté Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale, observant qu'un bon apprentissage scolaire était notamment synonyme de "perspective d'emploi".

Le rapport ajoute que, selon les évaluations internationales de référence en matière de lecture, de calcul et d'écriture, les notes de l'élève moyen d'un pays pauvre sont inférieures à celles de 95% des élèves de pays à revenu élevé.

Et, pour les élèves affichant d'excellentes performances dans certains pays à revenu intermédiaire, leur niveau équivaut seulement au niveau inférieur des élèves d'un pays plus riche.

De manière plus positive, le rapport souligne que des progrès importants peuvent être réalisés dès lors que "l'apprentissage scolaire devient une priorité pour les dirigeants".

Et de citer l'exemple la Corée du Sud où la scolarisation pour tous a été mise en place en 1995 avec un enseignement de qualité jusqu'au secondaire, si bien que ses jeunes se hissent désormais au plus haut niveau dans les classements internationaux alors que le pays avait un taux d'alphabétisation extrêmement faible au début des années 50.

Les résultats du Vietnam sont aussi éloquents: à un test de suivi des acquis des élèves du second cycle du secondaire en mathématiques, science et lecture de l'OCDE réalisé en 2012, les résultats ont montré que ses jeunes de 15 ans avaient le même niveau que ceux d'Allemagne bien que le Vietnam soit nettement plus pauvre.

Avec AFP

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