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Des milliers de personnes rassemblées après la mort tragique d'un vendeur de poisson au Maroc


La ville marocaine d'Al Hoceima, août 2004. (wikicommons/Westonmr)

Des milliers de personnes ont participé dimanche dans une ville du nord du Maroc aux funérailles d'un marchand de poisson, mort broyé par une benne à ordures et dont le décès a suscité une vive émotion localement.

Transporté dans une ambulance jaune, le corps de Mouhcine Fikri a traversé la ville d'Al-Hoceima (nord) jusqu'à une localité voisine, suivi par des milliers de personnes, selon des images diffusées sur internet.

Des marcheurs brandissaient en tête de cortège un drapeau berbère, tandis que des dizaines de taxis ouvraient la marche, débutée vers 10H00 (locales et GMT).

"On est en train de faire une grande marche, le cortège dépasse un kilomètre de long", a raconté un témoin, interrogé au téléphone par l'AFP.

Mouhcine Fikri, un marchand de poisson d'une trentaine d'années, est décédé vendredi soir, happé par une benne à ordures alors qu'il tentait apparemment de s'opposer à la saisie et à la destruction de sa marchandise par des agents de la ville.

Le drame a choqué la population locale et des dizaines de personnes s'étaient rassemblées le soir même sur les lieux de l'incident. Une photo de la victime inanimée, la tête et un bras dépassant du mécanisme de compactage, a été largement diffusée sur les réseaux sociaux, qui ont relayé plusieurs appels à manifester dans tout le pays.

Le ministère de l'Intérieur et le parquet d'Al-Hoceima ont ordonné l'ouverture d'une enquête.

"Criminels, assassin, terroristes!", criaient certains des membres du cortège, sous les youyous des femmes. "Martyr Mouhcine, repose toi, nous continuons le combat!", lançait l'un des marcheurs.

"Les habitants du Rif soutiennent le martyr Mouhcine (...), nous exigeons de savoir ce qui s'est passé et demandons de trouver le ou les coupables", dénonçait un autre manifestant.

Dans la région du Rif, la ville côtière d'Al-Hoceima, comptant environ 55.000 habitants, fut le coeur de la révolte contre le colonisateur espagnol dans les années 1920, puis le théâtre d'une insurrection populaire en 1958.

Longtemps délaissée sous le règne de Hassan II, la région a une réputation de frondeuse et entretient des relations difficiles avec le pouvoir central marocain. Elle fut aussi l'un des foyers de la contestation lors du mouvement du 20 février, la version marocaine des Printemps arabes en 2011.

Avec AFP

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