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Des milliers de manifestants dans les rues d'Alger

Manifestation du mouvement Hirak à Alger, le 23 avril 2021.

Les Algériens ont de nouveau manifesté vendredi lors de marches du mouvement populaire du Hirak, pour réclamer la fin de "l'injustice et (de) l'oppression" au moment où le régime intensifie sa répression à l'approche d'élections législatives.

Plusieurs milliers de personnes ont participé à la marche hebdomadaire à Alger à partir des quartiers populaires de Belouizdad (ex-Belcourt) et Bab El Oued, fiefs de la contestation, ainsi que de la grande artère Didouche Mourad, a constaté l'AFP.

"Vendredi 114: Stop Violence, Injustice et Répression", pouvait-on lire sur des pancartes, en référence à la 114e semaine de manifestations depuis la naissance du mouvement pro-démocratie le 22 février 2019.

"Violence, injustice et oppression", c'est "le résumé de la semaine", a déclaré un septuagénaire à l'AFP.

Des protestataires ont également demandé la "liberté pour les prisonniers". "Qu'ils jeûnent avec nous!" en ce mois de ramadan, ont-ils crié.

Soixante-six détenus d'opinion, poursuivis en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles, sont actuellement incarcérés dans le pays, selon le site spécialisé Algerian Detainees.

Manifestation du mouvement Hirak à Alger, le 23 avril 2021
Manifestation du mouvement Hirak à Alger, le 23 avril 2021

Les hirakistes ont défilé sans incident au milieu d'un important déploiement des forces de l'ordre dans le centre de la capitale et devant les bâtiments officiels, selon des journalistes de l'AFP.

Mais aucune caméra d'organismes de presse n'a pu filmer le cortège vendredi.

Les marches du Hirak, qui ont repris fin février après un an de suspension à cause de la crise sanitaire, se déroulent dans un climat de répression accrue alors que le pouvoir veut imposer sa "feuille de route" électorale --via des législatives anticipées le 12 juin-- sans tenir compte des revendications de la rue.

"Y a pas d'élections", ont lancé les manifestants vendredi.

De leur côté, les autorités continuent de cibler opposants politiques, militants, journalistes et internautes, multipliant poursuites judiciaires et condamnations.

Un journaliste du quotidien francophone Liberté, Rabah Karèche, a été placé cette semaine en détention provisoire et un lanceur d'alerte, Noureddine Tounsi, condamné à un an de prison.

Les forces de sécurité ont arrêté mardi huit personnes accusées d'"activités subversives" au sein d'une association culturelle de Bab El Oued financée, selon la Sûreté nationale, par une ambassade étrangère non identifiée.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé jeudi avoir engagé des poursuites judiciaires contre un petit parti d'opposition "non agréé", l'Union pour le changement et le progrès (UCP), qui a décidé de ne pas participer aux élections de juin.

L'UCP a répondu vendredi, dans un communiqué, avoir agi "conformément à la loi régissant les partis politiques".

Ce parti a condamné "ces pratiques qui s'inscrivent dans une volonté manifeste du pouvoir d'éliminer toutes les forces démocratiques de la scène politique".

Des Algériens crient des slogans lors d'une manifestation anti-gouvernementale dans la capitale Alger, le 23 avril 2021.
Des Algériens crient des slogans lors d'une manifestation anti-gouvernementale dans la capitale Alger, le 23 avril 2021.

A l'approche de la campagne électorale, les journaux proches du pouvoir stigmatisent "des forces obscures qui veulent semer le chaos" en Algérie, dénonçant "des forces rétrogrades et des organisations occultes à la solde des puissances étrangères et des feuilles de route émanant d'outre-mer".

Par ailleurs, comme chaque vendredi à Alger, ont été déployées des banderoles fustigeant la France et le président Emmanuel Macron, accusé de soutenir un président algérien "illégitime" aux yeux des manifestants, ainsi que des affiches exhortant à boycotter les produits français.

Des rassemblements ont eu lieu également à Oran (nord-ouest), à Sétif (nord-est) et en Kabylie, à Béjaïa, Tizi Ouzou et Bouira, notamment.

Né en février 2019 du rejet massif d'un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, impotent et reclus, le Hirak réclame un changement radical du "système" politique en place depuis l'indépendance du pays en 1962.

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Deux transgenres condamnées par un tribunal camerounais

Les mains de Blanche, 26 ans, une femme transgenre, à Douala, au Cameroun, le 24 avril 2021.

Un tribunal camerounais a condamné mardi deux transgenres à cinq ans de prison pour "tentative d'homosexualité" et autres infractions, a-t-on appris de leurs avocats.

Selon les avocats, les deux personnes condamnées avaient été arrêtées le 8 février dans un restaurant à cause des vêtements qu'elles portaient.

Les militants des droits de l'homme affirment que leur détention s'inscrit dans le cadre de la criminalisation croissante des minorités sexuelles et des personnes transgenres au Cameroun.

Le tribunal a imposé une peine maximale de cinq ans de prison, assortie d'une amende de 200 000 francs CFA.

Outre la "tentative d'homosexualité", ils ont été reconnus coupables d'outrage public à la pudeur et de défaut d'identification.

"C'est une décision politique", a déclaré l'une des avocates, Alice Nkom, qui a promis de faire appel du verdict. "C'est Yaoundé (le gouvernement central) qui a dit que ces personnes ne devaient pas apporter l'homosexualité au Cameroun".

Contacté, un porte-parole du gouvernement n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Un tabou

Le Cameroun fait partie d'un contingent de plus de 30 pays africains où les relations entre personnes de même sexe sont illégales. Ses tribunaux ont déjà condamné des personnes à des peines de prison de plusieurs années pour leur prétendue homosexualité.

Human Rights Watch a déclaré le mois dernier que les arrestations de ces deux personnes semblaient s'inscrire dans le cadre d'une "recrudescence générale" des actions policières contre les minorités sexuelles.

Depuis mai 2020, 53 personnes ont été arrêtées lors de descentes dans des organisations de lutte contre le VIH et le sida au Cameroun. Des certaines d'individus ont déclaré avoir été battus et soumis à des "examens anaux" forcés pour confirmer les accusations d'homosexualité, a indiqué Human Rights Watch.

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