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Tchad

Des militants gazés lors de la commémoration de l'indépendance du Tchad

Vue de la ville de N’Djamena capitale du Tchad après 59 ans d’indépendance, N’Djamena, Tchad, le 11 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Les militants du parti "Les transformateurs" qui ont initié une parade dimanche 11 août, date commémorative du 59e anniversaire de l’accession du Tchad à la souveraineté international e ont été gazé par les éléments du groupement mobile d’intervention de la police.

Les militants du parti les transformateurs ont un mauvais souvenir de ce 59e anniversaire de l’indépendance du Tchad.

En voulant donner un cachet particulier à cette journée à travers une opération, où plus de 2.000 drapeaux ont été distribués aux citoyens, des militants ont été dispersés à l’aide de gaz lacrymogène par des éléments de la police nationale.

Un caméraman d’une télévision privée qui suivait le mouvement des "Transformateurs" a été lui aussi brutalisé et son matériel de reportage arraché par la police.

C’est la deuxième fois en moins de deux mois que le parti "Les transformateurs" a eu des altercations avec la police.

En juin dernier, lors du lancement officiel du parti, le véhicule de Succès Masra, qui était dans le cortège présidentiel, a été brisé et lui-même blessé par les éclats de vitres. Une plainte a été déposée contre les responsables du GMIP et l’affaire est encore pendante devant la justice.

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Détenus tchadiens retrouvés morts: la thèse de l'empoisonnement écartée

Les soldats tchadiens gardent des prisonniers dans la cour d'une prison de gendarmerie, Ndjamena, 13 février 2008.

Les 44 prisonniers morts en détention au Tchad en avril n'ont pas été empoisonnés mais ont succombé à de mauvaises conditions de détention, selon une enquête de la Commission nationale des droits de l'Homme rendue vendredi.

"Ce sont les conditions de détention (cellule exiguë, chaleur, la soif et la faim) qui sont à l'origine du décès des 44 détenus", souligne le rapport de cette institution nationale indépendante.

Selon le rapport de la Commission, qui écarte cette thèse, les geôlier "n'ont daigné porter dans ces conditions assistance à personne en danger malgré les cris de détresse et les prières récitées par les détenus toute la nuit de 20H00 à 06H00 du matin".

Le ministre de la Justice tchadien, Djimet Arabi a déclaré prendre acte des conclusions du rapport et précisé qu'une enquête judiciaire est ouverte. "Au moment venu s'il y a de sanctions à prendre contre des personnes à qui les responsabilités sont imputées, ces personnes seront sanctionnées", a-t-il assuré

Mi-avril, les autorités avaient annoncé avoir retrouvé les corps de 44 détenus dans un centre de détention de la gendarmerie de la capitale N'Djamena, sur 58 "membres de Boko Haram" faits prisonniers au cours d'une vaste opération militaire sur le lac Tchad.

Le parquet de N'Djamena avait alors assuré qu'une autopsie avait décelé une substance "létale" dans le corps des victimes. Le ministre de la Justice tchadien, Djimet Arabi, avait évoqué un possible "suicide collectif" par empoisonnement.

"Au moment venu s'il y a de sanctions à prendre contre des personnes à qui les responsabilités sont imputées, ces personnes seront sanctionnées", a-t-il assuré.

Fin juin, l'une des principales associations tchadiennes de défense des droits de l'Homme avait affirmé que les 44 détenus n'étaient pas des membres du groupe jihadiste Boko Haram mais de simples civils.

Le rapport rendu vendredi confirme que "les détenus ont été arrêtés bien après l'opération de l'armée".

Selon des proches des victimes interrogés par la Commission, les détenus étaient "pour la plupart des chefs de famille partis à la recherche de la pitance quotidienne" ou en visite chez des membres de leur famille.

Les quatorze détenus survivants ont aussi été interrogés. La plupart disent avoir été arrêtés pour avoir violé l'état d'urgence et notamment l'interdiction de déplacement instaurés dans la région du lac Tchad avant l'opération militaire.

En cellule, ils racontent avoir été quelques-uns à recevoir des dates pour manger mais "certains tombaient". Ils disent avoir alors "commencé à réciter la prière de la mort (chahada) pendant que d'autres criaient et frappaient pour attirer l'attention des geôliers".

Quatre ans après les promesses faites à leur égard, les Tchadiennes et les jeunes attendent toujours

Lors d'une réunion civile à N'Djamena au Tchad, le 13 février 2016. (VOA/André Kodmadjingar)

Le parti au pouvoir au Tchad célèbre, ce 8 août, le 4e anniversaire du 5e mandat consécutif du président Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans.

Lors de son investiture le 8 août 2016, le président Idriss Déby Itno avait promis aux femmes et aux jeunes qu’il allait créer des conditions propices pour leur épanouissement.

"La promotion et la protection de tous les droits de la femme seront au centre de mes préoccupions", avait déclaré le président.

Il s’engageait à construire une société harmonieuse où la femme ne serait pas considérée comme une citoyenne de seconde zone, mais aurait sa place dans tous les segments de la société. Quatre ans après, le bilan est plutôt mitigé.

"Nous constituons environ 54% de la population, mais nous étions écartées dans l’administration à cause des pesanteurs sociales et le président à bien réfléchi", indique à VOA Afrique Epaïnette Djimina Acyl, députée du parti au pouvoir, le Mouvement patriotique du salut (MPS).

Mais elle ajoute toutefois que beaucoup reste à faire.

"Pourquoi au Rwanda les femmes sont représentés dans le gouvernement à 75%? En France, elles sont à 60% à l’Assemblée nationale?", s'interroge la députée. "Nous également, c’est ce que nous souhaitons", précise-t-elle.

Elle précise que sur les dix arrondissements que compte la ville de N’Djamena, les femmes ne sont maires titulaires que dans trois. Au sein du gouvernement, les femmes sont représentées à 24%, et 26% à l’Assemblée nationale. L'honorable Epaïnette Djimina Acyl demande donc "à ses sœurs" de se battre pour revendiquer leurs droits.

Tout en mesurant pleinement les angoisses et incertitudes des jeunes, Idriss Déby Itno se dit également déterminé à apporter les réponses à leurs préoccupations.

Des fonds ont été mis en place pour soutenir l’entrepreneuriat des jeunes dans les différentes provinces du pays à travers la création de l’Office national d’appui à la jeunesse.

Cette instance a récemment mis au profit de la jeunesse tchadienne un fonds de 30 milliards de francs CFA qui a permis à cette jeunesse de se prendre en charge, soutient Louweh-Adoum Ngardomti Blanchard, président de l’Union des jeunes nationalistes. "Ces fonds ont contribué à la réduction de la pauvreté et du banditisme parmi les jeunes", affirme-t-il.

Mahamat Tchalet, président national des Jeunes patriotes, donne un avis contraire. Pour lui, la promesse n'a été tenue qu'à moitié.

"Il y a eu des jeunes Tchadiens qui sont sortis des écoles professionnelles. Pourquoi on ne les intègre pas?", déplore-t-il. "Il n’y aura pas d’impact", estime Mahamat Tchalé.

La population tchadienne baisse la garde face au coronavirus

Vue d'un maquis de la ville de N'Djamena, Tchad, le 3 août 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Certaines mesures barrières prises contre le coronavirus au Tchad sont comme tombées en désuétude. Les bars et alimentations rouvrent leurs portes alors que les mesures qui ferment ces établissements sont toujours en vigueur.

"La loi régule la société, mais il y a un adage qui dit, quand la loi ignore les réalités, les réalités se révèlent à la loi. C’est ce qui se passe en ce moment", s’exclame Djourninga Kaoutar Lazare, membre de la société civile tchadienne.

Pour lui, les mesures fermant les bars et alimentations ne sont pas adaptées à la réalité. Résigné, il propose aux tenanciers de débits de boissons de ne pas mettre quatre consommateurs autour d’une table, d’appliquer l’hygiène qui consiste à bien laver les verres, de mettre de la musique ou des spots publicitaires qui citent ces différentes mesures barrières. "Sinon, en tenant coûte que coûte à appliquer ces mesures à la lettre, cela va tuer aussi l’économie et si l’économie meurt, les gens doivent aussi mourir donc il faut voir comment faire pour vivre avec le Covid-19", a martelé M. Djourninga.

L'économie face à la sécurité sanitaire

Laldjim Narcisse Mbainadjii, analyste politique, rappelle que le coronavirus, un virus dangereux, n’a pas encore de traitement. Il faut d’autres mesures coercitives pour contrecarrer sa propagation.

Il note qu'au marché, par exemple, "il y a des gens qui ne portent pas de masque, ils se saluent sans gêne malgré l’insistance des autorités. Donc il faut encore des mesures plus fortes pour dissuader", a-t-il insisté.

Les tenanciers de bars sont conscients de cette situation mais évoquent un aspect social pour la réouverture de leurs portes. D’autres ont recours aux forces de l’ordre pour recadrer tout usager qui ne porte pas son cache-nez dans l’espace public.

"Quand on dit aux clients de se laver les mains et de porter les masques, ils refusent. Certains disent qu’ils respirent mal", explique un propriétaire.

D’autres disent qu’ils sont harcelés par leurs bailleurs. "C’est depuis plus de 5 mois qu’on est sans activité mais eux ils ont besoin de leur argent. Il y a nos gérants qui n’ont rien et quand nous ne vendons pas nos bières, comment nous allons les payer?", a justifié un tenancier de bar.

Violences policières pointées du doigt

La Commission nationale des droits de l’homme dénonce l’excès de zèle des forces de défense de sécurité qui frappent physiquement les citoyens qui ne portent pas de masque. Elle dit réserver le droit d’engager des poursuites contre tout agent qui aurait soumis la population à des sévices corporels ou à des traitements disproportionnés par rapport à d’éventuelles infractions.

Quelques consommateurs donnent aussi leurs avis sur la réouverture de ces débits de boissons.

"Qui a autorisé la réouverture de ces débits de boissons ? Si la maladie fait rechute encore là, on va faire comment? Maintenant je suis au cabaret et les gens ne respectent pas la distanciation sociale, ce n’est pas bien", a déploré un consommateur.

Un autre de renchérir: "le gouvernement a tout laissé et nous sommes devant la boisson sans la distanciation sociale; il y a des gens qui pensent même que la maladie est déjà éradiquée".

Contacté par VOA Afrique pour vérifier la levée des mesures fermant les débits de boissons et interdisant le regroupement de plus de 50 personnes, le coordonnateur national de riposte sanitaire, le Dr Choua Ouchemi, a poliment refusé tout commentaire.

Une attaque de Boko Haram fait 10 victimes parmi des civils tchadiens

Des soldats tchadiens sur des chars lors de leur retour du Niger voisin où ils combattaient le mouvement islamiste Boko Haram, à N’Djamena, 11 décembre 2015. / AFP PHOTO / BRHAIM ADJI

Au moins dix civils ont été tués et sept autres enlevés vendredi au Tchad dans une attaque attribuée au groupe jihadiste Boko Haram par un officier de l'armée et le préfet local.

"Vers trois heures du matin, les éléments de Boko Haram ont attaqué Tenana, tuant deux femmes et huit hommes" de ce village de la région du Lac, une zone frontalière du Nigeria, du Niger et du Cameroun, a dit à l'AFP un officier sous couvert de l'anonymat.

"Ils ont enlevé sept hommes, pillé et brûlé le village avant de se retirer", a ajouté la même source.

Selon le site d'informations Tchad Infos, l'attaque a eu lieu dans la localité de Tinana. Les assaillants auraient aussi enlevé deux jeunes femmes, selon le site.

Dans cette région marécageuse parsemée d'îlots où les jihadistes avaient trouvé refuge, l'armée tchadienne avait déclenché en avril une vaste offensive contre Boko Haram après la mort de 98 soldats dans l'attaque d'une de ses bases à Bohoma.

Le préfet de Fouli, Yacoub Mahamat Seitchimi, a confirmé l'attaque de vendredi et son bilan sans donner plus de détails.

"J’ai envoyé le sous-préfet et le commandant de la gendarmerie, ils sont allés compatir avec les familles endeuillées", a-t-il dit.

"Il s'agit des enfants de la localité mécontents qui s'attaquent à leurs propres parents", a-t-il ajouté.

Contacté par l'AFP, le ministre de la Communication, Mahamat Zene Cherif, n'a pas confirmé l'attaque, affirmant qu'il était lui-même en train de "recouper ses informations".

Après l'offensive d'avril, qui avait conduit les troupes tchadiennes à se déployer jusqu'au Niger et au Nigeria, le président Idriss Déby Itno, qui aura en décembre passé 30 ans au pouvoir, avait affirmé qu'il n'y avait "plus un seul jihadiste sur l'ensemble de la zone insulaire".

Mais le 9 juillet, un véhicule de l'armée avait sauté sur une mine artisanale à Kalam, ce qui avait provoqué la mort d'au moins huit soldats tchadiens dans une attaque également attribuée à Boko Haram.

Les avocats des officiers tchadiens condamnés dans une affaire de trafic de drogue dénoncent un vice de procédure

Palais de justice de N'Djamena, 11 trafiquants de drogue sont condamnés de 5 à 10 de prison, le 11 janvier 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, 11 personnes ont été condamnées pour trafic de drogue à des peines allant de 5 à 10 ans par le tribunal de grande instance de N’Djamena. Le collectif d’avocat des prévenus dénonce une procédure entachée d’irrégularités.

L’affaire remonte à janvier 2020, quand un véhicule allant vers la Libye est intercepté par les services de sécurité. A bord, les agents trouvent une importante quantité de cartons de tramadol et un antidouleur utilisé comme drogue dans plusieurs pays africains.

Des procédures sont engagées contre ces présumés trafiquants. Ils sont poursuivis pour délit de trafic de drogue, détention illégale d’arme, faux et usage de faux.

D'autres personnes sont aussi poursuivies pour complicité de trafic de drogue, blanchissement d’argent et tentative de corruption.

Six ont écopé de 10 ans de prison ferme et quatre sont condamnés à 5 ans de prison dont un avec sursis pour des raisons de santé. Certains sont condamnés à payer des amendes lourdes.

Un général, deux colonels et un responsable de l'ANS

Un général de l'armée tchadienne, deux colonels et un responsable de l'Agence nationale de sécurité (ANS, services de renseignement) font partie des personnes condamnées à 10 ans de prison.

Maitre Alain Kagombé, l’un des avocats des prévenus à N'Djamena, le 20 juillet 2020. ((VOA/André Kodmadjingar)
Maitre Alain Kagombé, l’un des avocats des prévenus à N'Djamena, le 20 juillet 2020. ((VOA/André Kodmadjingar)


"C’est une distribution des peines qui est extrêmement décevante. Elle est décevante et nous a semblé que le tribunal a répondu à l’attente publique. C’est une décision beaucoup plus politique que juridique. C’est sans surprise", a déclaré Maitre Alain Kagombé, l’un des avocats des prévenus.

Il informe avoir a déjà fait appel et se dit prêt à aller jusqu’à la Cour d’appel, voire à la Cour suprême.

"Beaucoup d’innocents ont été injustement condamnés", déplore le juriste.

"Une parodie de justice"

Maitre Max Loalngar, président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme, avocat au barreau du Tchad qui défendait aussi les prévenus, a claqué la porte au début de la procédure.

"Nous avions dès l’entame de la procédure soulevé les exceptions qui tenaient donc à la garantie d’un procès équitable. Malheureusement, ces exceptions ont été rejetées non pas parce qu’elles n’étaient pas fondées mais uniquement parce que les gens voulaient coûte que coûte faire un procès pour donner je ne sais quel exemple", a indiqué Max Loalngar. Il estime que "c’est une parodie de justice".

A l’audience, le procureur de la République avait déclaré que l’un des prévenus a tenté de le corrompre avec une somme d’un milliard de francs CFA pour que le dossier soit classé sans suite. "Je suis à ma 17e année de service et je n’ai jamais accepté des pots de vin venant de qui que ça soit", a déclaré Youssouf Tom, indigné.

La juridiction a ordonné la confiscation du véhicule servant le transport de ces drogues et les armes utilisées par les trafiquants, ainsi que la mise sous scellé d’une somme de 600 millions de francs CFA, correspondant à une partie de la somme destinée à corrompre les autorités judiciaires pour le classement du dossier au profit de l’état.

Selon nos informations, 24 heures seulement après leur condamnation, ils ont été transportés vers la prison de haute sécurité de Korotoro dans le Nord.

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