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Des malades du sida poursuivent l'ex-président Jammeh en Gambie

Yahya Jammeh accueillant le président nigérian Muhammadu Buhari à Banjul en Gambie, le 13 janvier 2017, 19 jours avant son retrait du pouvoir.

Trois malades du sida en Gambie qui affirment avoir servi de cobayes aux prétendus traitements de l'ex-président Yahya Jammeh le poursuivent en justice, selon leurs avocats.

En exil en Guinée Equatoriale depuis janvier 2017 après avoir été contraint de céder le pouvoir qu'il a exercé sans partage pendant 22 ans, Yahya Jammeh se targuait de dons mystiques, notamment de pouvoir guérir l'asthme, l'épilepsie, la stérilité et le sida avec des plantes et des incantations.

"Mes clients réclament des dommages intérêts pour détention illégale, et traitement inhumain et dégradant pendant qu'ils étaient soumis aux soi-disant remèdes de l'accusé contre le VIH/sida", a déclaré leur avocate, Combeh Gaye, peu après avoir déposé sa plainte.

>> Lire aussi : Yahya Jammeh, ou la versatilité au pouvoir

Il s'agit de deux hommes de 64 et 63 ans et d'une femme de 51 ans, appartenant tous trois à des associations de soutien aux malades du sida, selon le texte de la plainte.

Peu après l'annonce fracassante par Yahya Jammeh de sa "découverte" d'un remède contre le sida en janvier 2007, ils avaient fait partie du premier groupe de neuf patients invités à expérimenter son traitement.

Ils affirment que Yahya Jammeh leur interdisait d'utiliser des antirétroviraux pendant toute la durée de son traitement, qui s'est poursuivi jusqu'en juillet 2007, période pendant laquelle ils ont été privés de leur liberté de mouvement.

De plus, ils ont été filmés pendant les séances, malgré leurs réticences, pour apprendre ensuite que les images avaient été diffusées par les médias d'Etat, en particulier la télévision officielle GRTS, selon le texte.

>> Lire aussi : Yahya Jammeh, l'imprévisible président gambien

Malgré l'inefficacité du traitement, particulièrement pénible, ils disent avoir dû sous la contrainte se déclarer guéris, confirmant les déclarations du ministre de la Santé de l'époque, Tamsir Mbowe, ce qui avait conduit d'autres malades du sida à suivre leur exemple.

Ancien militaire, Yahya Jammeh est parvenu au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en 1994 dans cette ex-colonie britannique enclavée dans le Sénégal, à l'exception d'une étroite façade côtière.

Il s'était ensuite fait largement élire et réélire sans interruption jusqu'à sa défaite en décembre 2016 face à Adama Barrow, candidat de l'opposition.

>> Lire aussi : Yahya Jammeh, un homme aux pleins pouvoirs en Gambie

Après six semaines d'une crise à rebondissements provoquée par son refus de céder le pouvoir, il a finalement quitté le pays le 21 janvier 2017 à la suite d'une intervention militaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et d'une ultime médiation guinéo-mauritanienne.

Avec AFP

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Afrique du Sud/ventes d'armes: les conclusions d'une enquête annulées en justice

L'ancien président Jacob Zuma est assis sur le banc des accusés au palais de justice de Pietermaritzburg, en Afrique du Sud, le 27 juillet 2018.

Un tribunal sud-africain a annulé mercredi les conclusions d'une enquête qui lavait de tout soupçon de corruption des responsables gouvernementaux poursuivis dans une affaire de ventes d'armes dans laquelle l'ancien président Jacob Zuma est suspecté d'être impliqué.

L'enquête menée pendant quatre ans sur ce scandale de plusieurs milliards de dollars avait conclu en 2016 qu'il n'y avait pas de preuve de corruption ni de fraude dans cette affaire.

Mais mercredi, un tribunal de Pretoria a estimé qu'elle était entachée d'"importantes erreurs juridiques".

Il a décidé d'annuler les conclusions de l'enquête à cause d'"une série d'erreurs juridiques", d'un manque manifeste de vérification des déclarations de témoins clés, d'un "refus de prendre en compte les preuves écrites contenant les allégations les plus sérieuses pertinentes pour l'enquête".

Selon le tribunal, les enquêteurs ont "complètement échoué" à interroger les témoins avec rigueur "en leur posant des questions avec l'ouverture d'esprit et la curiosité nécessaires".

Dans cette affaire de ventes d'armes d'un montant d'environ deux milliards de dollars, le gouvernement avait acquis un vaste arsenal, notamment des avions de combats, des hélicoptères, des navires de guerre et des sous-marins auprès de pays tels que la Grande-Bretagne, la France et la Suède.

L'ex-président Zuma (2009-2018) est aussi poursuivi pour corruption dans une affaire de ventes d'armes datant des années 1990. Il est soupçonné d'avoir touché 4 millions de rands (260.000 euros au cours actuel) de pots-de-vin du groupe français de défense Thales à la faveur d'un contrat d'armement de près de 4 milliards d'euros. Les deux parties ont toujours nié ces allégations.

Avec AFP

Somalie: un Etat du Sud bouclé avant une élection régionale

Carte de Jubaland, Somalie

L'Etat du Jubaland, dans le sud de la Somalie, était bouclé mercredi, à la veille d'une élection sur fond d'opposition entre autorités régionales et fédérales, et de tensions avec le Kenya et l'Ethiopie voisins.

Le scrutin très disputé pour la présidence de cet Etat semi-autonome a été reporté à plusieurs reprises à cause, selon les analystes, d'une lutte de pouvoir entre Mogadiscio, le gouvernement régional et leurs soutiens étrangers.

Les autorités de la capitale régionale, le port de Kismayo, ont décrété la fermeture de l'aéroport et des frontières jusqu'au 23 août.

"Les forces de sécurité patrouillent dans et autour des quartiers périphériques de Kismayo pour prévenir toute tentative de perturber l'élection. L'aéroport a aussi été temporairement fermé de sorte qu'il n'y aura aucun vol le jour de l'élection", a déclaré à l'AFP un responsable sécuritaire local, Abdulkarim Warsame.

Le président du Jubaland et favori du scrutin est Ahmed Madobe, un ancien seigneur de guerre qui, avec l'aide de troupes kényanes, a chassé les islamistes shebab de leur bastion, Kismayo, en 2012.

Mogadiscio est accusé par le Jubaland de tenter d'évincer M. Madobe en apportant son soutien à l'opposition, dans l'espoir, selon les observateurs, de voir un président loyaliste accéder au pouvoir dans cette région stratégique et d'accroître le contrôle du gouvernement fédéral.

Les autorités de Mogadiscio ont annoncé qu'elles ne reconnaîtraient pas le résultat du scrutin de jeudi, après avoir refusé la semaine dernière le nouveau Parlement --qui désigne le président régional--, jugé non inclusif.

Les opposants à M. Madobe organisent un scrutin parallèle.

La Mission des Nations unies en Somalie a appelé mercredi à "un seul processus électoral, crédible, inclusif, équitable et pacifique". "Nous redoutons qu'en l'absence d'un tel accord, la probabilité d'une instabilité et de la division au sein du Jubaland n'augmente de manière significative", a-t-elle ajouté.

Selon Matt Bryden, du centre d'analyse Sahan, basé à Nairobi, ces tensions ont des implications plus larges, dans la mesure où le Kenya soutient fermement son allié Madobe tandis que l'Ethiopie est au côté des autorités de Mogadiscio pour l'évincer.

Selon lui, il existe "un risque pour la stabilité de la région, pas seulement de la Somalie".

Le Kenya considère le Jubaland, une région relativement prospère de Somalie où il a beaucoup de troupes, comme une zone-tampon entre son territoire et les shebab qui ont mené plusieurs attaques sanglantes sur son sol.

Avec AFP

Le Soudan se dote d'un nouveau pouvoir

Le général Abdel Fattah al-Burhane, président du Conseil souverain, lors de la cérémonie de prestation de serment à Khartoum le 21 août 2019.

La transition vers un pouvoir civil au Soudan, née de l'accord historique entre les militaires et la contestation, a pris corps mercredi avec l'investiture du Conseil souverain et d'un nouveau Premier ministre, saluée par l'ONU.

Plus de quatre mois après la destitution et l'arrestation du président Omar el-Béchir, poussé vers la sortie par des mois de manifestations, le Soudan est doté de nouvelles institutions, le Conseil souverain devant superviser la transition qui durera un peu plus de trois ans.

Un gouvernement devrait être formé dans la semaine qui vient, puis les nouvelles institutions s'attelleront à tenter de redresser un pays à l'économie exsangue et marqué par des conflits meurtriers dans plusieurs régions.

L'économiste Abdallah Hamdok, ancien collaborateur des Nations unies, a prêté serment comme Premier ministre lors d'une brève cérémonie à Khartoum, peu de temps après avoir atterri dans la capitale soudanaise depuis Addis Abeba.

"Les priorités du gouvernement seront d'arrêter la guerre, de construire une paix durable, de faire face à la sévère crise économique et de mettre en place une politique étrangère équilibrée", a-t-il déclaré à des journalistes.

Quelques heures plus tôt, le Conseil souverain avait été intronisé en remplacement du Conseil militaire de transition qui avait pris les rênes du pays depuis la chute de M. Béchir le 11 avril.

Ces deux avancées ont été saluées dans un communiqué du Conseil de sécurité de l'ONU. "Il s'agit de pas importants pour apporter la paix et la sécurité à la population du Soudan", souligne ce texte publié à New York.

Le Soudan n'est désormais plus exclusivement dirigé par des militaires, pour la première fois en trois décennies, même si l'armée doit dans un premier temps présider le Conseil souverain.

Le chef du Conseil militaire sortant, le général Abdel Fattah al-Burhane, a prêté serment à sa tête.

Vêtu de son uniforme militaire et coiffé de son habituel béret vert, il a été intronisé lors d'une courte cérémonie, une main sur un exemplaire du Coran et un bâton de maréchal sous le bras. Les autres membres de la nouvelle instance --composée de six civils et cinq militaires-- ont prêté serment peu après.

Parmi eux, deux femmes, dont une issue de la minorité chrétienne.

- Défis intérieurs et extérieurs -

Selon les termes de l'accord officiellement signé samedi, le général Burhane dirigera le Conseil pendant 21 mois et un civil lui succédera pour le reste des 39 mois de transition prévus.

Les nouvelles institutions vont faire face à de lourds défis.

Le Soudan a souffert de dizaines d'années de sanctions américaines. En 2017, l'embargo économique a été levé, mais Washington maintient le pays sur la liste noire des "Etats soutenant le terrorisme".

En outre, l'Union africaine a suspendu le Soudan de l'organisation panafricaine en juin, quelques jours après la dispersion meurtrière d'un sit-in des protestataires à Khartoum.

Selon un comité de médecins proche de la contestation, plus de 250 personnes ont été tuées dans la répression sur l'ensemble des huit mois de révolte, d'après la même source.

Sur le plan intérieur, les nouvelles autorités auront la lourde tâche de redresser une économie exsangue et de pacifier un pays encore marqué par plusieurs conflits, du Darfour (ouest) au Kordofan-Sud (sud).

Dans son communiqué, le Conseil de sécurité appelle à reprendre "rapidement" les négociations pour mettre un terme à ces différents conflits.

L'intronisation du nouveau Conseil a été bien accueillie dans la rue mais des habitants ont averti qu'ils resteront vigilants.

- Béchir jugé -

"Si le Conseil ne répond pas à nos aspirations et ne sert pas nos intérêts, nous n'hésiterons pas à faire une autre révolution", a mis en garde Ramzi al-Taqi, un vendeur de fruits. "Nous renverserons le Conseil tout comme nous l'avons fait avec l'ancien régime".

Les nouvelles institutions se mettent en place au moment où s'est ouvert le procès d'Omar el-Béchir, porté au pouvoir par un coup d'Etat et qui a dirigé le pays pendant 30 ans.

Il a comparu lundi devant un tribunal de Khartoum, pour répondre d'accusations de corruption. Selon des enquêteurs, il a reconnu avoir perçu 90 millions de dollars en espèces de l'Arabie saoudite, hors budget de l'Etat.

Son procès ne concerne toutefois pas les accusations de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et de génocide dans la région du Darfour (ouest) pour laquelle le recherche la Cour pénale internationale (CPI) depuis une décennie.

Amnesty International a exhorté Khartoum à ratifier le Statut de Rome de la CPI, ce qui permettrait de transférer M. Béchir devant ce tribunal.

Malgré l'euphorie, des craintes subsistent dans le camp de la contestation en raison notamment de l'omniprésence de Mohamed Hamdan Daglo, chef d'une redoutée force paramilitaire qui a été nommé au Conseil souverain.

Depuis avril, il était N°2 du Conseil militaire de transition, et c'est lui qui a cosigné samedi l'accord avec la contestation.

Ses Forces de soutien rapide (RSF) sont accusées d'implication dans la répression de la contestation, et de crimes au Darfour sous le régime Béchir.

Avec AFP

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