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Des intempéries font au moins 126 morts en Europe


Deux hommes se tiennent debout dans les débris après les inondations qui ont causé d'importants dégâts à Hagen, dans l'ouest de l'Allemagne, le 15 juillet 2021.

Le bilan des intempéries dévastatrices en Europe a atteint vendredi au moins 126 morts, la plupart en Allemagne, où de nombreuses personnes restent disparues, faisant craindre une tragédie bien plus grave encore.

Il s'agit de la pire catastrophe naturelle dans ce pays depuis la guerre.

La Belgique paie aussi un lourd tribut avec au moins 23 décès. Et les inondations consécutives à des pluies diluviennes ont aussi causé de nombreux dégâts aux Pays-Bas, au Luxembourg ou encore en Suisse.

Mais c'est l'ouest de l'Allemagne qui a été le plus affecté par les crues subites, avec à elle seule au moins 103 morts, selon le dernier bilan vendredi.

Comme à la "guerre"'

"Nous vivons ici depuis plus de 20 ans et nous n'avons jamais vécu quelque chose ça, c'est comme si nous étions en guerre", témoigne auprès de l'AFP un habitant de Schuld, un village de Rhénanie-Palatinat en grande partie détruit, Hans-Dieter Vrancken, 65 ans.

"C'est impossible à décrire avec des mots, en deux heures les voitures étaient emportées, les arbres arrachés et les maisons s'effondraient", ajoute-t-il.

De nombreux villages de cette zone présentent une image de désolation.

Des personnes utilisent des radeaux en caoutchouc dans les eaux de crue après que la Meuse soit sortie de son lit lors de fortes inondations à Liège, en Belgique, jeudi 15 juillet 2021.
Des personnes utilisent des radeaux en caoutchouc dans les eaux de crue après que la Meuse soit sortie de son lit lors de fortes inondations à Liège, en Belgique, jeudi 15 juillet 2021.

Le bilan pourrait encore grimper : "Au fur et à mesure que les caves se vident ou qu'on pompe l'eau, nous ne cessons de tomber sur les corps de gens qui ont laissé leur vie dans ces flots, ce qui fait que je ne peux pas me prononcer sur le bilan final", a déploré vendredi Roger Lewentz, ministre de l'Intérieur de Rhénanie-Palatinat, l'une des deux régions les plus touchées avec la Rhénanie du Nord-Westphalie voisine.

Près de Cologne, une portion de village s'est littéralement effondrée sur elle-même suite à un glissement de terrain vendredi. Les images, spectaculaires, de la zone sinistrée montraient un vaste cratère béant dans lequel se déversaient des masses de terre, d'eau brune et de débris.

Les autorités ont prévenu que plusieurs personnes y avaient perdu la vie.

"C'était le chaos"

Par ailleurs, rien qu'en Rhénanie-Palatinat, les autorités ont indiqué être toujours sans nouvelles de 1.300 personnes dans le canton le plus frappé, celui de Bad Neuenahr-Ahrweiler, ce qui pourrait toutefois être lié aux perturbations téléphoniques.

Concrètement, "nous tablons encore sur 40, 50 ou 60 disparus et quand vous avez des personnes qui n'ont pas donné signe de vie depuis tant de temps (...) on doit craindre le pire", a déclaré Roger Lewentz.

Il doit en outre continuer à pleuvoir dans certaines régions de l'ouest du pays. Et le niveau du Rhin et de plusieurs de ses affluents monte dangereusement.

Près d'un millier de soldats ont été mobilisés pour aider aux opérations de secours et de déblaiement dans les villes et villages.

A Ahrweiler, plusieurs maisons se sont littéralement effondrées. Sous les décombres, la ville donne le sentiment d'avoir été victime d'un tsunami.

"A 23H30, il n'y avait qu'un peu d'eau, à 1H du matin, tout était sous l'eau. Notre appartement, notre bureau, les maisons de nos voisins, tout était sous l'eau. En quinze minutes. C'était très rapide", a témoigné auprès de l'AFP Agron Berischa, dans le district d'Ahrweiler.

Des "milliards d'euros" de dégâts

"C'est une catastrophe unique, d'une ampleur sans précédent", assène Gerd Landsberg, directeur général de l'association allemande des villes et municipalités. "À en juger par les dégâts, des milliards d'euros sont en jeu", chiffre-t-il.

Ces intempéries ont placé la question du réchauffement climatique au centre de la campagne électorale, qui bat son plein en Allemagne en vue du scrutin législatif du 26 septembre, au terme duquel Angela Merkel quittera le pouvoir.

Une voiture est recouverte à Hagen, en Allemagne, mercredi 15 juillet 2021, par les débris apportés par la crue du fleuve Nahma la nuit précédente.
Une voiture est recouverte à Hagen, en Allemagne, mercredi 15 juillet 2021, par les débris apportés par la crue du fleuve Nahma la nuit précédente.

Une atmosphère plus chaude retient en effet davantage d'eau et peut provoquer des précipitations d'extrême intensité. Celles-ci peuvent avoir des conséquences particulièrement dévastatrices en zone urbaine, avec des cours d'eau mal drainés et des constructions en zone inondable.

Tous les candidats rivalisent de promesses, à deux mois et demi des élections. Le président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeier, a exhorté vendredi, dans une déclaration solennelle, à lutter "résolument" contre le réchauffement climatique.

"Ces inondations confirment ce que dit la science sur le réchauffement climatique", a dit vendredi à Dublin la présidente de la Commission Européenne Ursula von der Leyen.

"Mes pensées vont aux victimes des intempéries (...). La France est solidaire dans cette épreuve", a de con côté assuré le président Emmanuel Macron.

En Belgique, des personnes sont toujours portées disparues et 21.000 habitants sont privés d'électricité. L'armée a été déployée dans quatre des dix provinces du pays pour participer aux secours et notamment aux nombreuses évacuations.

La situation pourrait aussi s'aggraver en Suisse, avec des risques de crues de plusieurs lacs et cours d'eau.

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