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Des "inondations catastrophiques" pourraient provoquer une famine au Soudan du Sud selon l'ONU


Des proches accompagnent une femme dinka touchée par le choléra dans un hôpital temporaire à Mingkaman, un camp pour personnes déplacées internes (PDI), dans les États des Lacs de l'Est, Soudan du Sud, 26 avril 2017.

Les inondations dévastatrices qui ont frappé le Soudan du Sud, après une période de sécheresse intense, pourraient provoquer une famine dans plusieurs régions du pays dans les prochains mois, a mis en garde jeudi le Programme alimentaire mondial (PAM).

Près d'un million de personnes subissent les effets des inondations qui ont submergé des villes entières, selon l'agence de l'ONU pour les réfugiés, aggravant une situation humanitaire déjà catastrophique après six ans d'une atroce guerre civile.

Quelque 5,5 millions de Soudanais du Sud pourraient souffrir de la famine début 2020, à une période où la population commence ordinairement à bénéficier de la récolte des mois précédents, selon le Progamme alimentaire mondial des Nations unies.

Mais l'avant-dernière récolte a été brûlée par la sécheresse et la dernière noyée par les eaux.

"Le nombre de personnes ayant besoin d'aide va augmenter, en raison de l'ampleur catastrophique des destructions causées par les inondations depuis octobre, faisant suite à la sécheresse qui a frappé certaines régions du pays plus tôt dans l'année", a déclaré le PAM dans un communiqué.

"Si nous n'obtenons pas de financements au cours des prochaines semaines, nous serons confrontés à une véritable famine. Nous avons besoin d'aide et nous en avons besoin maintenant", a souligné le directeur exécutif du PAM, David Beasley.

L'agence onusienne affirme avoir besoin de 242 millions d'euros au premier semestre 2020.

Le terme famine est employé dans le cadre d'un système mondial de classification, l'échelle IPC, élaboré par plusieurs agences humanitaires.

On parle de famine dès lors que plus de 20% de la population d'une région donnée ne disposent plus que d'un accès très limité à la nourriture de base, que le taux de mortalité est supérieur à deux personnes pour 10.000 par jour et qu'une malnutrition aiguë touche plus de 30% de la population.

"La famine déclarée en 2017 au Soudan du Sud avait été vaincue après quatre mois, à l'issue d'une réponse humanitaire concertée à grande échelle", a rappelé le PAM. "Les experts assurent maintenant que les perspectives de sécurité alimentaire du pays n'ont jamais été aussi sombres".

L'instabilité politique est également très forte puisque le président Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar ont été incapables de former, avant une date-butoir fixée au 12 novembre, un gouvernement d'union nationale. Ils disposent d'un nouveau délai, qui expire en février 2020.

Les deux hommes avaient signé un cessez-le-feu en septembre 2018, à Addis Abeba, interrompant en grande partie les massacres qui ont provoqué la mort de 400.000 personnes et déplacé environ 4 millions d'habitants, soit le tiers de la population.

Le pays avait plongé dans la guerre civile en 2013, lorsque M. Kiir, un Dinka, avait accusé M. Machar, alors son vice-président, membre de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'Etat - seulement deux ans après l'accession du Soudan du Sud à l'indépendance, à l'issue d'un conflit sanglant avec le Soudan.

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