Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Des fermiers dénoncent leur éviction violente pour l'extension d'un parc en RDC


Un gorille de Grauer berce un jeune dans le parc national de Kahuzi-Biega au Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 5 novembre 2012.

Un collectif de fermiers congolais a dénoncé vendredi leur éviction forcée dans le parc de Kahuzi-Biega ayant conduit à la perte des centaines de têtes de bétail, dans l'est de la République démocratique du Congo.

"Nous déplorons le déguerpissement forcé dont nous sommes victimes, effectué par la force du parc de Kahuzi-Biega appuyé par les militaires" congolais, a déclaré à l'AFP Freddy Nanindja, un leader du groupe de fermiers de la chefferie de Nindja dans la province du Sud-Kivu.

>> Lire aussi : L'Unesco interpelle Kinshasa après l'attaque contre le parc des Virunga

Depuis le 25 juin, "nous avons perdu plus de 500 vaches, 60 moutons, 20 chèvres, 45 maisons brulés tandis que 5 bergers et agents de nos fermes ont été victimes d'arrestations arbitraires", a poursuivi M. Nanindja qui est aussi prince au sein de la chefferie.

"J'ai écris au parc de surseoir son plan de déguerpissement de ces fermiers qui se fait malheureusement avec violence", a affirmé Thaddée Miderho, administrateur du territoire de Kabare, interrogé par l'AFP.

Une réunion entre fermiers et responsables du parc est prévue le 12 juin, a-t-il annoncé.

Une vingtaine des fermiers ont été chassés de trois sites sur un couloir de 7,4 km reliant le terrain de haute altitude et celle de la basse altitude du parc, selon les témoignages recueillis par l'AFP.

La chefferie de Nindja, situé dans le territoire de Kabare, est aussi menacé d'évacuation par le parc.

Le parc national de Kahuzi-Biega veut mettre en application un décret présidentiel datant de 1975, sous le dictateur Mobutu Sese Seko, qui étend le parc de Kahuzi-Biega de 60.000 hectares à 600.000 hectares par la récupération de ce couloir envahi par des fermes de certains dignitaires natifs du Sud-Kivu.

"Il n'est pas normal que le parc procède à la récupération de ces blocs sans consulter ses occupants qui y mènent depuis des années des activités d'élevage et d'agriculture", a estimé Bienfait Bahizire, président de la société civile locale.

Il appartient au gouvernement de trouver une solution durable à ce conflit, a-t-il souligné.

La plupart des fermiers ainsi que les habitants de la chefferie de Nindja disent détenir des documents sur la propriété datant de 1954, pendant l'époque coloniale.

Les responsables du parc n'ont pas réagi aux sollicitations de l'AFP.

Refuge de gorilles menacés et repaire de groupes armés, leparc national de Kahuzi-Biega s'étend sur les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema, sur la façade orientale de la RDC.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG