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Les grands hôpitaux du Faso se dotent de centres de triage covid

Le Centre médical du quartier Kossodo, à Ouagadougou, le 23 avril 2021.

Le Burkina Faso est le seul pays de la sous-région à n’avoir pas encore lancé sa campagne de vaccination contre le coronavirus.

Les autorités sanitaires du Burkina Faso ont mis en place des centres de triage pour tous les usagers des hôpitaux. Les cas suspects seront immédiatement isolés et pris en charge.

Tous les grands hôpitaux du pays possèdent des centres de triage. A Dédougou, à plus de 230 km de la capitale, pour avoir accès au Centre hospitalier régional (CHR), il faut montrer patte blanche. Prise de température, lavage de mains, gel hydro-alcoolique... le dispositif est bien fonctionnel.

"L’unité de triage rassure la population. Il faut dire que si tu quittes une région on te parle d’une maladie qui est très contagieuse qui fait peur, tu viens dans un centre de santé qui est supposé être le centre de référence de la région, et que tu ne vois pas une équipe qui semble s’occuper de ça, cela fait peur. Mais si tu arrives et tu passes dans le dispositif, ça rassure", a dit Dr Alex Franc Somé, médecin dans cet hôpital.

Les cas suspects sont détectés à partir de ce centre de contrôle.

"Au niveau de cette unité, on vous fait le screening. Il s’agit de prendre votre température. On peut voir si vous êtes un cas suspect ou un cas confirmé. A partir de cette unité de triage, les agents peuvent suspecter quelque chose et après aller à des examens approfondis à travers des tests PCR", explique Gustave Dabiré, le directeur du CHR de Dédougou.

"C’est pour nous protéger de la maladie à coronavirus. Avec le lavage de mains et la prise de température, cela nous aide beaucoup", a affirmé Esther Souli, une habitante de Dédougou qui est déjà passée par ce centre de triage de l’hôpital.

De retour à Ouagadougou, au Centre médical du quartier Kossodo, le dispositif fonctionne aussi. Mieux, l’hôpital depuis un moment réalise des tests de coronavirus. Ce qui n’était pas le cas aux premières heures de l’apparition de la maladie.

"Le prélèvement ici est convoyé au Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS). C’est le CORUS qui est chargé de repartir aux différents laboratoires pour des analyses. 48 ou 72 heures après, il nous envoie les résultats", a déclaré Réné Paré, Technicien du génie sanitaire du centre de triage de Kossodo.

Ce dispositif de vérification dans les grands centres de santé permet de limiter la propagation du coronavirus tout en continuant la prise en charge des patients.

Depuis le début de la pandémie plus de 13 000 personnes ont déjà fait la maladie. 156 en sont décédées.

Le Burkina est le seul pays de la sous-région à n’avoir pas encore lancé sa campagne de vaccination contre le coronavirus. Le gouvernement dit ne pas aller dans la précipitation et affirme que le comité de gestion de la vaccination est dans une "démarche méthodologique, scientifique et de préparation" en attendant les vaccins.

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Le Burundi débute la vaccination anti Covid sur la base du volontariat

Le Burundi lance une campagne de vaccination contre le virus Ebola pour les agents de santé et de première ligne (Photo : Organisation mondiale de la Santé)

"Si vous avez des conséquences néfastes demain, ne vous en prenez pas au gouvernement ", a réaffirmé le Premier ministre burundais, le général Alain-Guillaume Bunyoni dimanche, à la veille du début de la campagne de vaccination qui, vraisemblablement suscite très peu d'engouement.

Seule une poignée de Burundais a reçu une dose de vaccin contre le Covid-19 depuis le lancement cette semaine de la campagne de vaccination, l'une des plus tardives au monde.

"Nous avons débuté la vaccination lundi après-midi avec seulement quelque 25 volontaires a expliqué un médecin qui a requis l'anonymat. Après des mois de déni de l'épidémie, les autorités burundaises ont finalement accepté de recevoir mi-octobre 500.000 doses du vaccin Sinopharm, offertes par la Chine.

Visiblement sceptiques, elles ont plusieurs fois prévenu qu'elles ne feraient pas de campagne de sensibilisation ni ne porteraient la responsabilité d'éventuels effets secondaires. "Si vous avez des conséquences néfastes demain, ne vous en prenez pas au gouvernement ", a réaffirmé dimanche le Premier ministre, le général Alain-Guillaume Bunyoni.

Il ajoute que le vaccin contre le Covid a été découvert très vite, donc ceux qui l'ont inventé n'en connaissent pas encore les conséquences néfastes". Selon les données de l’OMS, le Burundi a enregistré 19.730 cas de Covid-19 pour 14 décès.

La vaccination se fera sur la base du volontariat.

Pour Agathon Rwasa, chef du principal parti d'opposition (le CNL), la vaccination doit s'accompagner d'un effort pour "intensifier la campagne de sensibilisation pour que chacun soit conscient que le danger (du Covid-19) est bel et bien là".

Dans la population, certains ne croient en effet pas aux vaccins, ni même au Covid-19.

"Dans notre pays, cette pandémie n'était pas grave. (...) Ici, on souffre de la grippe. Ce vaccin, c’est pour les blancs, on n'en a pas besoin chez nous", affirme ainsi Egide Nsabimana, cordonnier de 32 ans.

Mais pour Gracia Iteka, "c'est bien que le vaccin arrive". "C'était une maladie qui tuait beaucoup de personnes", affirme cette entrepreneure de 23 ans.

"Je suis prêt à prendre ce vaccin dès qu'il sera disponible au Burundi parce que dans d'autres pays, ils injectent déjà", rappelle Olivier Kivuto, mécanicien de 26 ans.

Dans le cadre d'un plan national de lutte contre la pandémie pour les six prochains mois, les autorités burundaises vont également introduire un pass sanitaire pour les personnes sortant de Bujumbura, principale ville du pays.

Maintenant, seuls deux pays au monde n'ont pas lancé de campagne de vaccination: l'Erythrée et la Corée du Nord, qui sont des Etats très fermés.

Bientôt, l'obligation vaccinale pour les fonctionnaires nigérians

Vaccination contre le COVD-19 à l'extérieur d'une mosquée dans la banlieue d'Abuja, au Nigeria, le 8 octobre 2021.

La mesure sera difficile à respecter: le Nigeria a reçu moins de 10 millions de doses de vaccins pour plus de 200 millions d’habitants.

Au Nigeria, le gouvernement veut introduire une obligation de vaccination pour les fonctionnaires de l’Etat fédéral. Les autorités ont annoncé que les agents fédéraux non-vaccinés ne seront pas autorisés à entrer dans leurs bureaux à partir du 1er décembre.

L’obligation vaccinale concerne tous les agents exerçant dans les établissements et services publics, qu’ils soient au Nigeria ou dans les missions diplomatiques à l’étranger.

"A compter du 1er décembre 2021, tous les employés du gouvernement fédéral sans exception seront tenus de présenter une preuve de vaccination contre le Covid-19 ou de présenter un résultat de test PCR COVID-19 négatif effectué dans les 72 heures pour accéder à leurs bureaux", confirme Boss Mustapha, président de la Commission nationale sur le covid-19 et secrétaire général du gouvernement de la fédération​.

Deux Etats du Sud du Nigeria avaient déjà rendu la vaccination obligatoire pour accéder aux lieux publics et aux rassemblements, suscitant de vives réactions.

Portée devant les tribunaux, la décision avait été révoquée par une Haute Cour fédérale siégeant à Port Harcourt, la capitale de l’Etat de Rivers.

A Abuja, la capitale, la menace du gouvernement fédéral ne semble pas obtenir le soutien de certains fonctionnaires. La vaccination contre le Covid-19 reste un sujet qui divise à cause de nombreuses réticences observées.

Deji Adeyanju, du groupe des Nigérians concernés, menace d’aller en justice pour tenter d’empêcher le gouvernement d’imposer la vaccination aux travailleurs.

"C’est une violation des droits fondamentaux des gens. Comment pouvez vous dire que les personnes non vaccinées ne peuvent pas avoir accès à leurs lieux de travail? Jusqu’aujourd’hui, il n’y a aucune loi qui empêche les gens d’avoir accès à leurs lieux de travail, de prière ou même dans les marchés", scande l'activiste.

De l'avis des experts, cette mesure sera difficile à faire respecter dans un pays qui a reçu moins de 10 millions de doses de vaccins pour une population de plus de 200 millions d’habitants.

A ce jour, environ 7 millions de personnes seulement ont reçu une première dose dans tout le pays et plus de 2 millions sont complètement vaccinées, selon l’Agence nationale de soins de santé primaires.

Le Nigeria a enregistré 219 mille infections et plus de 4000 décès depuis février 2020. Le gouvernement ambitionne de faire vacciner 70% de la population pour freiner efficacement la propagation du virus.

La fondation Gates investit 120 millions de dollars pour l'accès à la pilule anti-Covid

La pilule expérimentale pour le traitement du COVID-19 appelée molnupiravir, développée par Merck.

La fondation Bill et Melinda Gates a annoncé mercredi un investissement de jusqu'à 120 millions de dollars pour faciliter l'accès des pays pauvres à un traitement prometteur contre le Covid-19 sous forme de pilule.

Le laboratoire américain Merck a développé un médicament, le molnupiravir, qui réduit fortement les risques d'hospitalisation et de décès lorsqu'il est pris dans les premiers jours de l'infection.

Ce traitement par comprimés, donc facile à administrer, offre une alternative très attendue aux vaccins, notamment pour les pays connaissant des difficultés d'accès à ces derniers. Son autorisation est actuellement en cours d'évaluation par l'Agence américaine des médicaments (FDA).

L'argent investi par la fondation Gates sera notamment utilisé pour encourager la production de génériques du médicament par des entreprises, notamment indiennes, auxquelles Merck a d'ores et déjà accordé une licence.

Merck prévoit de fabriquer les doses nécessaires pour 10 millions de traitements d'ici la fin de l'année. Mais une grande partie risque de revenir aux pays riches, comme cela a été le cas pour les vaccins.

"L'approvisionnement mondial (de vaccins) a été acheté par les pays riches", a déclaré à l'AFP Trevor Mundel, président de la division santé mondiale de la fondation. "Nous devons empêcher que cela arrive à nouveau."

Certains fabricants de génériques "ont dit pouvoir facilement produire 10 millions de traitements par mois, mais le problème est qu'ils ne le feront probablement pas avant de voir quelle est la demande et qui paiera", a-t-il expliqué. "C'est ce que nous voulons accélérer, nous ne voulons pas qu'ils attendent."

La fondation Gates a par ailleurs permis le développement d'une technique "plus simple et plus rentable" pour fabriquer ce médicament, qui a été partagée avec les fabricants de génériques.

Elle prévoit également d'investir une partie de l'argent dans des programmes de communication autour de l'utilisation de ce médicament, afin qu'il soit connu dans ces pays et qu'il y soit fait recours de façon appropriée.

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