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Des blessés à Grand Bassam lors des élections en Côte d'Ivoire


Un homme peint un mur dans le cadre du Festival international du dessin animé et de la bande dessinée d'Abidjan de Coco Bulles, en hommage aux victimes de l'attaque de 2016 à Grand-Bassam, le 18 mars 2017.

Plusieurs personnes ont été blessées à Grand-Bassam, près d'Abidjan, dans une charge de la police contre des habitants qui réclamaient la proclamation des résultats de l'élection municipale, alors que les deux principaux candidats revendiquent la victoire.

"La population était rassemblée dimanche soir devant la préfecture pour réclamer la proclamation des résultats" de l'élection qui s'est tenue samedi, a expliqué à l'AFP le candidat du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) et maire sortant, Georges Ezaley, qui revendique la victoire avec plus de 1.300 voix d'avance.

"Vers 1 heures (locale et GMT), la police a dispersé la foule en lançant des (grenades) lacrymogènes, il y a eu plusieurs blessés, notamment des personnes âgées", a déclaré M. Ezaley, affirmant craindre que sa victoire ne lui soit volée.

"Dimanche matin, les résultats bureau de vote par bureau de vote ont été validés par la Commission électorale indépendante (CEI), et signés par les représentants de tous les candidats. Pourtant la CEI n'avait toujours pas proclamé les résultats dimanche soir. Il y a quelque chose qui cloche dans cette affaire", a encore estimé Georges Ezaley.

"Les gens avaient assiégé la préfecture pour attendre les résultats. Ils ont été gazés", a indiqué à l'AFP une habitante de Grand-Bassam sous couvert d'anonymat.

Le candidat du parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Jean-Louis Moulot, a de son côté accusé le camp de M. Ezaley de fraudes et de violences.

"Le maire sortant a produit des faux procès-verbaux" de résultats de vote. Il a aussi "envoyé des voyous prendre le contrôle du collège moderne (un bureau de vote) pendant une heure, d'où nos représentants ont été expulsés", a affirmé M. Moulot à l'AFP. "La maison du numéro deux de ma liste, Aka Martin, a été saccagée", a-t-il aussi accusé.

"Le candidat du PDCI a exercé une pression maximum sur la CEI pour que les résultats soient proclamés en urgence", a déclaré M. Moulot, affirmant avoir remporté le scrutin. "J'en appelle au calme, qu'on laisse la CEI faire son travail".

Le scrutin avait démarré très en retard samedi, les bureaux de vote n'ayant ouvert que vers midi.

Les élections municipales et régionales en Côte d'Ivoire ont été marquées par de nombreux incidents et contestation de résultats. Quatre personnes ont été tuées lors de la campagne, puis du scrutin et le jour suivant, lors de différents affrontements entre militants politiques.

Lundi matin, la CEI nationale n'avait toujours pas proclamé l'ensemble des résultats du pays.

L'élection municipale de la commune du Plateau à Abidjan, la plus riche du pays, n'était toujours pas tranchée, entraînant une vive tension.

Ces élections constituaient un test avant le scrutin présidentiel de 2020, qui occupe déjà la scène politique ivoirienne.

Avec AFP

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