Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Côte d'Ivoire

Dernier hommage à Bernard Dadié, "père de la littérature ivoirienne"

Funérailles de l'écrivain ivoirien Bernard Dadié à la cathédrale Saint-Paul d'Abidjan le 12 avril 2019.

Le père de la littérature ivoirienne, l'écrivain Bernard Dadié, décédé à l'âge de 103 ans, a été inhumé vendredi à Abidjan en présence d'une foule importante et après des hommages militaires.

Une foule composée d'anonymes et de personnalités politiques, dont le ministre ivoirien de la Culture, Maurice Bandaman, l'ex-première Dame Simone Gbagbo ou l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny, ont assisté à la messe de requiem.

Le cardinal d'Abidjan, Mgr Jean-Pierre Kutwa, a décrit "un homme affectif cultivant l'amour et vénérant la vérité".

"Nous avons besoin aujourd’hui dans notre Côte d'Ivoire de beaucoup d'amour et beaucoup de vérité pour que notre pays (...) soit toujours debout pour des siècles et des siècles", a affirmé le religieux dans son discours.

Après la messe, trois détachements de l'armée ivoirienne ont rendu les honneurs militaires à l'écrivain dont le cercueil, recouvert du drapeau national orange-blanc-vert, était dressé sur le parvis de la Cathédrale St Paul du Plateau, avant son enterrement au cimetière de Williamsville.

Bernard Dadié, décédé le 9 mars, a abordé tous les genres littéraires: poésie, roman, chroniques, contes traditionnels et surtout théâtre.

En 1950 il publie un recueil de poèmes engagés, "Afrique debout !" qui dénonce les relations de domination entre Blancs et Noirs dans l'Afrique coloniale.

Son autobiographie romancée, "Climbié", parue en 1952, est sans doute son oeuvre la plus célèbre, également très critique vis-à-vis du colonialisme. En 1980, son roman "Les jambes du fils de Dieu" (1980) remporte aussi un franc succès.

Bernard Dadié a reçu deux fois le grand prix littéraire d'Afrique noire avec "Patron de New York" (1965) et "La ville où nul ne meurt" (1968).

Toutes les actualités

Nos invités: Philippe Lacôte, mon cinéma, ma passion

Nos invités: Philippe Lacôte, mon cinéma, ma passion
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:28:35 0:00

Beaucoup d'Ivoiriens ne voient pas leurs noms sur la liste des électeurs

Beaucoup d'Ivoiriens ne voient pas leurs noms sur la liste des électeurs
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:47 0:00

L’opposition ivoirienne dans la rue contre un 3e mandat d’ADO

L’opposition ivoirienne dans la rue contre un 3e mandat d’ADO
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:29 0:00

Quatre morts dans des violences liées à la candidature d'Alassane Ouattara

Quatre morts dans des violences liées à la candidature d'Alassane Ouattara
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:04 0:00

Quatre Ivoiriens morts lors des manifestations contre le 3e mandat de Ouattara

Un homme tient une machette alors que des habitants en colère brûlent des pneus et bloquent la rue pendant des manifestations qui avaient tué au moins six femmes, le 3 mars 2011 à Abobo, un quartier ouvrier de Abidjan. PHOTO AFP / ISSOUF SANOGO (Photo par ISSOUF SANOGO / AFP)

En Côte d'Ivoire, au moins quatre personnes sont mortes mercredi et jeudi dans des violences liées à la candidature controversée à un troisième mandat du président Alassane Ouattara.

L'opposition et des membres de la société civile avaient appelé à manifester jeudi alors que les autorités avaient interdit tout rassemblement pour non-respect "des procédures appropriées".

A Bonoua (Sud-Est), fief de l'ex-première dame Simone Gbagbo, un jeune de 18 ans a été tué lors de heurts avec les forces de l'ordre, a annoncé à l'AFP Jean-Paul Améthier, le maire de la ville.

"Le commissariat de Bonoua a été saccagé par les manifestants en colère", a témoigné Hervé Niamkey, un habitant. La situation était tendue jeudi soir dans cette ville traversée par la voie internationale qui relie Abidjan au Ghana.

Des violences ont fait trois morts mercredi lors de violences à Daoukro, fief de l'ancien président Henri Konan Bédié également candidat à la présidentielle, entre ses partisans et des jeunes favorables au président Ouattara.

"Le calme revient timidement, mais nous déplorons trois morts" a indiqué une source sécuritaire, sous couvert de l'anonymat. Des témoins ont aussi fait état de trois morts.

"Nous avons entamé des pourparlers avec la population pour ramener le calme" a annoncé le maire de la ville, Aubin Djè Koffi.

- "ADO, dégage !" -

D'autres heurts ont eu lieu jeudi entre manifestants et force de l'ordre, notamment dans la capitale économique Abidjan. Ces manifestation ont rassemblé plusieurs centaines de personnes.

"Nous manifestons pour le départ du président Ouattara, parce que sa candidature viole la Constitution. Nous ne voulons pas accepter un troisième mandat", a expliqué Hervé Séka, dans le quartier d'Anono.

Dans le quartier populaire de Yopougon, des affrontements entre policiers et manifestants ont paralysé la circulation.

A Port-Bouet, quartier donnant sur la mer et abritant le port et l'aéroport d'Abidjan, des dizaines de manifestants ont bloqué la voie principale, certains brandissant des pancartes "ADO dégage!" en référence aux initiales du président Alassane Dramane Ouattara.

Dans le quartier chic de Cocody, où résident beaucoup de hauts fonctionnaires et où se trouvent la plupart des ambassades, les forces anti-émeute avaient été déployées en grand nombre. Les policiers y ont interpellé un groupe de femmes chantant l'Abidjanaise (l'hymne national).

La situation restait volatile dans le reste du pays. Des incidents ont notamment eu lieu à San Pedro, deuxième port du pays (sud-Ouest).

Dans la région d'Adzopé (proche d'Abidjan), des femmes vêtues de blanc en signe traditionnel de colère ont envahi la voie principale.

- "On a tous peur" -

Des arbres ont été abattus pour paralyser l'axe routier Abengourou-Agnibilekro, dans l'Est.

Jeudi à Ferkessédougou (nord), fief de Guillaume Soro, ancien allié de Ouattara passé dans l'opposition et aujourd'hui en exil en France, le marché hebdomadaire s'est vidé après des rumeurs sur une marche de protestation.

"Aujourd'hui on a tous peur" , a témoigné Mourlaye Koné, employé d'une société sucrière.

"Ce n'est pas fini. Tant que Guillaume Soro n'est pas rentré au pays nous allons continuer", a promis un partisan de l'ancien chef de la rébellion, visé par plusieurs procédures judiciaires mais qui ambitionne toujours d'être candidat à la présidentielle.

Le président Alassane Ouattara, 78 ans, avait été élu en 2010 face au chef d'Etat sortant, Laurent Gbagbo. Ce dernier avait refusé de reconnaître sa défaite, plongeant le pays dans la crise jusqu'à son arrestation par les forces de son rival, appuyées par les forces française et de l'ONU.

Alassane Ouattara avait été réélu en 2015, puis avait annoncé en mars passer le relais à son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly pour le scrutin d'octobre. Mais celui-ci est décédé le 8 juillet d'un infarctus. Après ce décès, Alassane Ouattara a annoncé le 6 aout qu'il briguerait finalement un troisième mandat.

La Constitution limite à deux les mandats présidentiels, mais opposition et pouvoir sont en désaccord sur l'interprétation de la réforme adoptée en 2016: les partisans de Ouattara affirment qu'elle a remis le compteur des mandats à zéro, ses adversaires jugent anticonstitutionnelle une troisième candidature.

L'ex-président Henri Konan Bédié a dénoncé comme "illégale" la candidature de M. Ouattara, son ancien allié. Agé de 86 ans, il est lui-même le candidat désigné du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), la principale formation d'opposition).

La situation se tend de plus en plus à l'approche du scrutin du 31 octobre, dix ans après la crise née de la présidentielle de 2010, qui avait fait 3.000 morts et vu Alassane Ouattara accéder au pouvoir.

Voir plus

XS
SM
MD
LG