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Décès du sociologue français Georges Balandier, grand spécialiste de l'Afrique


Le sociologue et anthropologue français Georges Balandier, grand spécialiste de l'Afrique, est décédé mercredi à l'âge de 95 ans, a annoncé l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) où il a été directeur d'études.

Georges Balandier est connu pour avoir forgé, avec le démographe Alfred Sauvy, le concept de "Tiers-Monde".

"Son décès est confirmé", a indiqué mercredi l'EHESS, confirmant l'information donnée par le quotidien Le Monde.

Quant il part pour sa première mission anthropologique en Afrique, en 1946, le jeune universitaire, né le 21 décembre 1920, est encore pétri des enseignements de l'ethnologie traditionnelle, alors vouée à l'exploration de sociétés "primitives", réputées sans histoire et sans mouvement.

La réalité qu'il découvre, dans une société sénégalaise tiraillée par la question coloniale, est tout autre.

Georges Balandier, résistant pendant la Seconde guerre mondiale, y est sensible. Il considère d'emblée comme prioritaires l'analyse des mouvements sociaux et culturels qui secouent le continent.

Dès 1947, il participe au côté du philosophe Jean-Paul Sartre et de son ami ethnologue Michel Leiris à la revue "Présence Africaine", fondée par l'intellectuel sénégalais Alioune Diop. Sa première contribution s'intitule "Le Noir est un homme".

"Faire de l'ethnologie sans tenir compte de la situation coloniale équivaut à se moquer du monde", lance-t-il en 1951, en publiant un article qui fait grand bruit sur "la situation coloniale".

Anthropologue de terrain, il parcourt la Côte d'Ivoire, la Guinée, le Bénin, le Congo, le Mali, le Gabon, la Mauritanie... et y tisse des liens avec les grandes figures de la décolonisation : Sékou Touré, Houphouët-Boigny, Léon M'Ba, Léopold Sedar Senghor.

En 1957 il forge avec le démographe Alfred Sauvy le concept de "Tiers-Monde". Une référence au tiers état de la Révolution française, pour qualifier l'aspiration d'un ensemble de peuples et de nations à obtenir une place plus juste dans l'Histoire.

Auteur d'une vingtaine d'ouvrages, l'universitaire a inauguré au début des années 1960 la chaire de sociologie africaine à la Sorbonne. Il a également créé le Centre d'études africaines au sein de l'EHESS.

Au cours des dernières années, Georges Balandier voyait dans les nouvelles technologies l'émergence de "nouveaux Nouveaux Mondes", qu'il appelait les anthropologues à explorer afin de "produire la théorie qui permette de les interpréter et peut-être de les maîtriser un peu mieux".

Après l'annonce de son décès, le sociologue Michel Wieviorka a salué la disparition d'une "grande figure de la sociologie et des études africaines".

Avec AFP

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