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De l'eau dans le casque d'un astronaute écourte une sortie orbitale à l'ISS

Lancement de la fusée Soyouz.

La formation d'une bulle d'eau dans le casque du scaphandre de l'américain Tim Kopra a conduit la Nasa à interrompre prématurément la sortie orbitale en cours à la Station spatiale internationale (ISS) avec son homologue britannique Tim Peake.

"Il ne court aucun danger" a déclaré le commentateur de la télévision de la Nasa qui retransmettait en direct cette marche dans l'espace. L'astronaute a indiqué avoir senti une bulle d'eau dans son casque environ quatre heures après le début de sa mission.

Cet incident rappelle celui beaucoup plus sérieux en 2013 de l'astronaute italien de l'Agence Spatiale Européenne (ESA) Luca Parmitano: celui-ci avait dû revenir de toute urgence dans la chambre de décompression de la station alors que le casque de son scaphandre se remplissait d'eau et risquait de le noyer.

"C'est très loin d'être aussi sérieux", a expliqué le commentateur de la Nasa.

Tim Kopra, 52 ans, a précisé que la goutte d'eau mesurait dix centimètres sur cinq. Etant donné que l'eau était froide, elle pourrait provenir d'une fuite dans le système de refroidissement de son scaphandre, selon la Nasa qui va maintenant tenter de déterminer l'origine de cette fuite.

"La taille de cette goutte d'eau nous a inquiétés", a expliqué le chef du corps des astronautes de la Nasa Chris Cassidy une fois que les deux astronautes furent revenus en sécurité à l'intérieur de l'avant-poste orbital.

Peu après que Tim Kopra eut fait part de cette eau dans son casque, le directeur de vol au centre de contrôle de Houston au Texas, Royce Renfrew, avait décidé d'interrompre la sortie.

Luca Parmitano s'est dit "heureux" sur Twitter de voir Tim Kopra et Tim Peake revenus en sécurité à l'intérieur de la Station". "C'est comme ça que je mesure le succès: l'équipage en sûreté et l'exécution réussie du principal objectif de la sortie", a-t-il dit.

Malgré cet incident, les deux astronautes ont en effet eu le temps de procéder au remplacement d'un régulateur de tension électrique défectueux, qui était le principal objectif de cette sortie.

Ils ont réintégré la chambre de décompression de l'ISS et ont retiré leur scaphandre 17H31 GMT, mettant officiellement fin à une sortie dans l'espace qui a duré 4 heures et 43 minutes, au lieu des 06H30 prévues.

- Grande attention -

Il s'agissait de la toute première sortie orbitale pour un citoyen britannique, Tim Peake s'inscrivant dans les pas d'Helen Sharman, qui avait été le premier sujet de la Couronne à voler dans l'espace dans l'ancienne station russe Mir en 1991.

Cette première a valu à Tim Peake, 43 ans, d'être l'objet d'une grande attention de la part de ses compatriotes britanniques. Parmi l'un des plus illustres, la légende des Beatles, Paul McCartney, lui a adressé un message sur Twitter pour lui souhaiter "bonne chance".

"Nous vous regardons tous mais pas de panique ! Nous vous souhaitons un bonne balade orbitale dans l'Univers", a-t-il écrit.

De Major Tim à "Major Tom": l'astronaute avait rendu hommage plus tôt cette semaine depuis l'ISS à David Bowie peu après le décès de l'artiste britannique à 69 ans, confiant que "sa musique était une inspiration pour beaucoup".

Pour cette sortie dans l'espace, la troisième pour Tim Kopra, les deux mécaniciens spatiaux avaient dû parcourir environ 60 mètres après leur émergence du sas de l'ISS pour atteindre le site où ils ont retiré le régulateur de tension tombé en panne en novembre dernier. Cet appareil, qui pèse près de 90 kilos (poids sur la Terre), a été remplacé et cela a permis de restaurer la totalité de la puissance électrique de la Station.

Outre le remplacement de ce régulateur qui en lui-même n'a pris qu'une quinzaine de minutes, les deux astronautes devaient installer des câbles pour le futur adaptateur du port d'amarrage de la Station destiné aux vaisseaux commerciaux américains, et ils devaient retirer un éclairage attaché à une caméra extérieure qui ne fonctionne plus.

Cette sortie dans l'espace a été la 192e consacrée à l'assemblage et à l'entretien de l'ISS qui doit rester en service au moins jusqu'en 2024.

Avec AFP

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La traque des exoplanètes récompensée par le Nobel de physique 2019

Les Nobel de physique 2019 James Peebles, Michel Mayor et Didier Queloz.

La cosmologie arbore une nouvelle compréhension de l’Univers depuis le début des travaux des Nobel de Physique 2019, le Canado-Américain James Peebles, un pionnier de la théorie du Big Bang, et les Suisses Michel Mayor et Didier Queloz, les premiers à avoir révélé l'existence d'une exoplanète.

Les trois chercheurs ont contribué à "une nouvelle compréhension de la structure et de l'histoire de l'univers", a souligné l'Académie royale des sciences de Suède lors de l’annonce du Nobel le 8 octobre, estimant que leurs travaux avaient "changé à jamais nos conceptions du monde".

L’astrophysicien James Peebles, 84 ans, pionnier du Modèle standard en cosmologie avec la matière noire et l'énergie noire, a étudié dès les années 60 le rayonnement fossile et ses rapports avec la naissance des galaxies et des grandes structures qui les rassemblent.

Illustration représentant l'exoplanète rocheuse LHS 1140 en orbite autour d’une étoile naine rouge à 40 années-lumière de la Terre, qui pourrait être le nouveau détenteur du titre «meilleur endroit pour rechercher des signes de vie au-delà du système solaire.»
Illustration représentant l'exoplanète rocheuse LHS 1140 en orbite autour d’une étoile naine rouge à 40 années-lumière de la Terre, qui pourrait être le nouveau détenteur du titre «meilleur endroit pour rechercher des signes de vie au-delà du système solaire.»

"Ses travaux nous ont révélé un univers dont seulement 5% du contenu est connu (…) Le reste, soit 95%, est de la matière noire inconnue et de l'énergie noire", a précisé l'académie. Peebles reconnait là tout le mystère, bien qu’il estime sa théorie "entièrement testée".

Le tandem d’astrophysiciens Michel Mayor, 77 ans, et Didier Queloz, 53 ans, récompensés pour la découverte de la première exoplanète en orbite autour d'une étoile sur la séquence principale, avait révélé l’existence de 51 Pegasi b en octobre 1995. Sur cette lancée, la quête d'une planète qui auraient des caractéristiques similaires à la Terre, favorables à la vie, se poursuit inlassablement. A ce jour, 4.118 exoplanètes ont été répertoriées, mais très peu seraient situées dans la zone habitable de leur étoile.

En Avril 2017, la planète LHS 1140b, située à 40 années-lumière de la Terre, a été citée comme pouvant héberger des signes de vie. La nouvelle venue au compteur des découvertes spatiales venait alors rejoindre un groupe de sept planètes extrasolaires, dont l’existence avait été révélée en février de la même année. Plus réjouissant encore, trois d’entre elles orbitant autour de l’étoile TRAPPIST-1 pourraient abriter des océans.

Illustration de trois exoplanètes en orbite autour de l’étoile naine TRAPPIST-1. Au moins sept planètes gravitent autour de cette étoile à 39 années-lumière de la Terre.
Illustration de trois exoplanètes en orbite autour de l’étoile naine TRAPPIST-1. Au moins sept planètes gravitent autour de cette étoile à 39 années-lumière de la Terre.

"Comme l'étoile est très petite, les planètes laissent une grosse trace. Elles passent juste devant, et les planètes ont la taille de la Terre. Elles font un gros transit et cela devient relativement facile d'aller chercher des détails comme l'effet de l'atmosphère autour de ces planètes", avait déclaré en février 2017 à VOA Afrique Didier Queloz, coauteur de l'étude, récompensé cette année pour la fameuse 51 Pegasi b découverte 24 ans plus tôt. Le nouveau télescope James Webb, un joyau en matière de précision, permettra de découvrir si ces merveilles possèdent une atmosphère et abritent la vie, s’était alors réjoui M. Queloz.

L’astrophysicien Didier Queloz, Nobel de physique 2019, devant le laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge en Grande Bretagne. Il partage ce Nobel avec James Peebles et Michel Mayor. (photo Fred Lewsey/Cambridge University).
L’astrophysicien Didier Queloz, Nobel de physique 2019, devant le laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge en Grande Bretagne. Il partage ce Nobel avec James Peebles et Michel Mayor. (photo Fred Lewsey/Cambridge University).

"Les recherches du professeur Queloz ont permis de découvrir que les planètes sont abondantes dans notre galaxie, en orbite autour d'autres étoiles. Nous pouvons maintenant estimer qu'il y a des dizaines de milliards d’exoplanètes potentiellement habitables", a souligné le professeur Andy Parker, chef du laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge en Grande-Bretagne. "Cela nous rapproche encore plus de la question de savoir si nous sommes seuls dans l'univers: il semble de plus en plus probable que la vie sous une forme quelconque aura trouvé un pied dans ces nombreux nouveaux mondes", a-t-il ajouté.

A noter que le prix Nobel de physique se distingue par la rareté notoire de récipiendaires femmes depuis sa création en 1901. Seulement trois femmes ont été récompensées contre environ 300 hommes: la Canadienne Donna Strickland en 2018 pour des recherches sur les lasers de haute précision utilisés en médecine, l'Américaine Maria Goeppert-Mayer en 1963 pour des études sur la structure en couches du noyau atomique, et la Française Marie Curie en 1903, qui décrocha également le Nobel de Chimie en 1911.

Soit une femme primée tous les soixante ans parmi une centaine d’hommes récompensés.

TRAPPIST-1: l’astrophysicien Didier Queloz, joint par Nathalie Barge
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Entretien VOA du 23 février avec Didier Queloz, colauréat du Nobel de physique 2019:

Didier Queloz: Comme l'étoile est très petite, les planètes laissent une grosse trace. Elle passe juste devant, et les planètes ont la taille de la Terre. Elles font un gros transit et quand on a un transit relativement important, cela devient relativement facile d'aller chercher des détails comme par exemple l'effet de l'atmosphère autour de ces planètes (…) C'est unique au monde et c'est vraiment quelque chose qui va apporter une nouvelle information sur le monde des exoplanètes, à savoir: est-ce que les planètes qui ont à peu près la densité de la Terre -donc probablement, qui ont des structures identiques à celles de la Terre- ont toutes des atmosphères? Et si elles ont des atmosphères, quelle est la nature et la structure de leurs atmosphères?

VOA Afrique: Trente-neuf années-lumière, qu'est-ce que cela représente?

D. Queloz: En termes astronomiques, c'est vraiment tout près mais il est vrai qu’en termes humains, c'est extrêmement éloigné. Donc, là, on parle de distances astronomiques. Dès que vous voulez aller vers une autre étoile, vous êtes déjà à des distances qui sont inhumaines. Donc il faut complètement oublier la notion de distance. Par contre, quand vous comparez les distances de ces étoiles avec les distances de toutes les étoiles de la galaxie, alors elles sont extrêmement proches parce que la galaxie à 100 millions d'années-lumière de taille, et l'univers a, à peu près, 16 milliards d'années-lumière de taille. Donc là on est vraiment dans la banlieue autour du système solaire.

VOA Afrique: Est-ce qu'il est possible que certaines de ces planètes soient habitables?

D. Queloz: Il y en a trois dans la zone habitable mais, encore une fois, ça ne veut absolument rien dire. Parce que, par exemple, Vénus, dans notre système solaire, est dans la zone habitable, mais on ne peut pas y habiter car son atmosphère ne permet pas d'y vivre. En fait, je crois que c'est là l'avancée exceptionnelle qu’il y a avec cette découverte, et ça, on pourra le faire. C'est une première mondiale. Cela n'était pas possible, ça ne sera pas possible pour toutes les planètes trouvées, mais c'est effectivement possible pour celles-ci. Donc demain, on va vraiment avoir une démarche scientifique et à partir des données, on va tirer des conclusions. Et là, on va pouvoir avoir un modèle de l'atmosphère de ces planètes, et on pourra répondre à votre question.

VOA Afrique: Est-ce que la présence d'eau implique automatiquement la présence de vie?

D. Queloz: Personne ne sait rien par rapport à cela. La seule chose que l'on constate, c'est qu’il y a de l’eau sur terre et de la vie. Mais l'eau est une molécule banale. On en voit partout dans l'univers. Il n'y a rien d'exceptionnel. L'eau, c'est vraiment très simple: hydrogène-oxygène. L'oxygène est un des sous-produits de la formation stellaire. L'hydrogène est partout depuis le début dans l'univers, donc l'eau, il y en a dans le système solaire, il y en a partout. (…) On s'attend à la trouver. Si on ne la trouve pas, ça pose des questions. (…) Et il y a effectivement une théorie sur Terre qui dit que l'eau qu'on a sur terre est peut-être venue des comètes qui sont tombées sur la Terre. Toutes ces questions, on peut commencer à y répondre. Donc c’est en cela qu’il est très intéressant d'aller voir s'il y a de l'eau sur ces planètes. Cela nous apporte un élément d'information sur notre propre histoire également.

VOA Afrique: C'est une découverte extraordinaire en effet. Alors à quoi vous attendez-vous maintenant?

D. Queloz: (…) Actuellement, on mesure cette étoile avec le télescope spatial dont l'objectif est d’essayer d'aller dire quelque chose sur leur atmosphère. C'est très difficile d'arriver à prédire ce qui va se passer mais ce qui est parfaitement sûr, c'est qu'on va avoir le contenu de l'atmosphère de toutes ces planètes. Alors, qu'est-ce qu'on va y trouver? Je n'en sais rien. On pourrait très bien réaliser qu'elles ont toutes des atmosphères et que trois ou quatre ont de l'eau liquide, comme on pourrait très bien réaliser que toutes n’ont aucune atmosphère et qu'elles sont complètement sèches parce que, dû à leur histoire et à la radiation de l'étoile, l'atmosphère a disparu. Vraiment, ça fait partie de l'exploration scientifique. On a entamé une aventure. L'aventure n'est pas terminée. Elle commence et on emporte le public avec nous pour l’amener au fil de la découverte. Et c'est comme ça que la science se passe.

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