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Davos, c'est quoi au juste?

"Davos", c'est quoi au juste? Qui est invité? Pour faire quoi? Petite revue du Forum économique mondial, rendez-vous annuel de l'élite internationale, qui s'ouvre mardi.

C'est devenu un raccourci pour désigner le Forum économique mondial (World Economic Forum ou WEF en anglais), qui se tient chaque année fin janvier dans cette station de ski huppée, nichée dans les Alpes suisses.

Conçu en 1971 par le professeur d'économie allemand Klaus Schwab comme un lieu d'échanges entre hommes d'affaires européens et américains, ce 48e forum s'est mué en grand rendez-vous de l'élite mondiale.

Chaque année, quelque 3.000 participants - grands patrons, responsables politiques, intellectuels, militants de l'environnement ou des droits de l'Homme, artistes - y débattent, parfois interpellés par des contestataires.

Une manifestation hostile à la venue du président américain Donald Trump est annoncée mardi à Zurich. A Davos, un rassemblement jeudi a été proscrit par les autorités en raison d'un trop fort enneigement.

Les mesures de sécurité sont draconiennes. Quelque 4.000 soldats et policiers suisses sont mobilisés pour surveiller les alentours du Centre des congrès et les différents hôtels de la ville.

Les invités

Parmi les quelque 70 chefs d'Etat et de gouvernement présents à l'édition 2018, le Premier ministre indien Narendra Modi ouvrira le bal mardi.

Des dirigeants européens de premier plan seront au rendez-vous: le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, la Première ministre britannique Theresa May et le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni.

L'Afrique sera représentée notamment par le successeur de Robert Mugabe au Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, ou le nouveau président du Congrès national africain (ANC), le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa. Côté Amérique Latine, les présidents brésilien Michel Temer et argentin Mauricio Macri font le déplacement.

Des intellectuels, tel l'écrivain israélien Yuval Noah Harari, auteur du célèbre "Sapiens", ou le psychologue canadien Steven Pinker, apporteront leur contribution aux débats, de même que la lauréate pakistanaise du prix Nobel de la paix Malala Yousafzai. La star britannique Elton John, la comédienne australienne Cate Blanchett ou l'acteur bollywoodien Shah Rukh Khan ajouteront une touche "people".

Enfin, la participation vendredi de Donald Trump, la première d'un président américain depuis celle de Bill Clinton en 2000, promet de faire sensation.

- MEDITATION ET COCKTAILS -

Des séances de méditation du petit matin aux cocktails de fin de soirée, en passant par les séminaires et projections, les journées s'annoncent bien remplies. Friands des thèmes consensuels, les participants planchent cette année sur "Construire un avenir commun dans un monde fracturé".

Certains se pencheront ainsi sur la "Quatrième révolution industrielle" et l'avenir du travail face à l'intelligence artificielle et l'automatisation. D'autres débattront des enjeux géostratégiques à l'heure du Brexit, des risques financiers, de la sécurité alimentaire ou de la mobilisation face aux épidémies.

Sensibles au vent de protestation mondial porté par le mouvement #MeeToo, les organisateurs ont prévu plusieurs séminaires sur l'égalité homme-femme dans ce forum ou seul un cinquième des participants sont des participantes.

Egalement au programme, la lutte contre le réchauffement climatique avec une projection d'un nouveau documentaire de l'Américain Al Gore "An Inconvenient Sequel: Truth to Power".

Neige et gros sous

Même s'ils n'auront guère le loisir de rejoindre les pistes de ski voisines, les participants au forum ne manqueront pas de neige. De gros flocons tombaient dès lundi sur Davos, perturbant la circulation automobile et menaçant de gêner les hélicoptères si prisés des VIPs.

Ceux qui sont parvenus à rejoindre la station sont installés dans des hôtels luxueux, qui pratiquent pendant cette semaine des prix astronomiques. De nombreuses boutiques et même une église profitent de cette manne en louant leurs locaux aux entreprises en quête de publicité.

Avec AFP

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Xi Jinping, allié et rival, en visite d'Etat en France

Le président français Emmanuel Macron, son épouse Brigitte, le président chinois Xi Jinping, et son épouse Peng Liyuan posent devant la porte de la villa Kerylos avant un dîner le 24 mars 2019 à Beaulieu-sur-Mer, près de Nice.(Photo de JEAN-PAUL PELISSIER / POOL / AFP)

Le président chinois Xi Jinping est en France pour une visite d’Etat de trois jours sur fond d’inquiétudes grandissantes sur les investissements tous azimuts de Pékin qui poussent Paris, Berlin et Bruxelles à tenter de mettre en place une stratégie commune européenne face à cet allié “stratégique”.

Au lendemain de la signature d’un protocole d’accord entre Rome et Pékin sur les “nouvelles routes de la soie” mettant à mal cette unité européenne, le dirigeant de la deuxième puissance économique mondiale a été accueilli dimanche par Emmanuel Macron à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes).

Après une séance de travail à l’Elysée et un dîner d’Etat lundi, une réunion se tiendra mardi au palais présidentiel avec le chef de l’Etat français, le président chinois, la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

“On a laissé faire une stratégie de concurrence interne et de division qu’il faut maintenant surmonter”, souligne-t-on à l’Elysée pour expliquer la tenue de cette réunion, inédite dans ce format. “Le temps de la concurrence interne entre Européens doit s’achever, c’est ce changement de logiciel qui est aujourd’hui à l’oeuvre”.

Le chemin vers une coordination européenne s’annonce toutefois difficile.

Certes, Paris, Berlin et Bruxelles affichent une détermination sans faille. Certes, les dirigeants européens ont durci le ton lors du Conseil européen vendredi à Bruxelles où la Chine est désormais qualifiée de “rival systémique”. Et l’UE est échaudée par la lenteur de l’ouverture de l’économie chinoise et la multiplication d’acquisitions chinoises dans des secteurs stratégiques européens.

PARTITION EN SOLO DE L’ITALIE

Mais dans les faits, les pays européens continuent d’agir en ordre dispersé, comme en témoignent les décisions unilatérales prises tant sur les questions des télécoms que sur celle relative aux “nouvelles routes de la soie”.

Lancé en 2013 par le président Xi Jinping et connu en Chine sous le nom de “Belt and Road initiative” (BRI), ce projet est un vaste plan de développement des liens terrestres et maritimes entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe.

Plusieurs pays de l’UE, dont la Croatie, la Hongrie, la Grèce, la Pologne et le Portugal, ont d’ores et déjà conclu des protocoles d’accord avec Pékin dans le cadre de cette initiative, rejointe par Rome, et à laquelle Paris, Berlin et Londres refusent d’adhérer sans garanties de “réciprocité”.

Sur la question de Huawei, l’équipementier télécoms chinois soupçonné par des pays occidentaux d’être utilisé par Pékin à des fins d’espionnages, la coordination européenne peine également à se concrétiser. Monaco, où Xi Jinping sera dimanche, a signé un partenariat avec Huawei en septembre dernier.

“Chaque Etat souverain a fait ses choix plus ou moins rapidement”, commente-t-on diplomatiquement à Paris, où les arbitrages sur Huawei n’ont pas encore été rendus.

BILAN BILATÉRAL “SATISFAISANT”

Sur le plan bilatéral, un an après la feuille de route actée en janvier 2018 lors de la visite d’Emmanuel Macron à Pékin, Paris évoque un “bilan satisfaisant”, citant entre autres la mise en service de l’EPR de Taishan, le lancement d’un satellite franco-chinois et la levée de l’embargo sur le boeuf français.

Lundi, lors de la visite de Xi Jinping qui intervient au moment symbolique du 55e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre Paris et Pékin, “il y aura des contrats”, a-t-on indiqué à l’Elysée sans plus de précisions.

La semaine dernière, une source à la présidence française avait fait état de “signaux positifs” concernant la finalisation prochaine d’un contrat portant sur une commande de 184 Airbus A320, qui représenterait un montant de plus de 18 milliards de dollars.

“La Chine, c’est pour nous à la fois un défi et un partenaire”, a souligné mercredi le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian. “Nous devons être très vigilants sur les actions que peut entreprendre la Chine en essayant d’aspirer à elle nos propres technologies”.

Autre point qui sera abordé lors de cette visite, la question des droits de l’Homme et de la situation des Ouighours, minorité musulmane et turcophone persécutée selon les ONG.

Interpellée par Human Rights Watch en amont de cette visite, la présidence française a indiqué qu’il s’agissait d’un “grand sujet de préoccupation” et assuré que la question des droits de l’Homme serait “comme toujours” abordée, “dans le respect et la franchise”.

Avec Reuters

Nouvelle-Zélande: enquête nationale officielle sur le massacre des mosquées

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, près de la mosquée Al-Noor, à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 22 mars 2019. REUTERS / Jorge Silva TPX - IMAGES DU JOUR

La Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern a ordonné lundi une enquête nationale officielle sur les attaques contre les mosquées de Christchurch afin d'établir si la police et le renseignement auraient pu empêcher le carnage.

Cette Commission royale, soit l'enquête judiciaire aux pouvoirs les plus étendus de Nouvelle-Zélande, doit déterminer comment un seul tueur a pu abattre 50 fidèles le 15 mars, une attaque qui a ébranlé le monde entier, a-t-elle déclaré.

"Il est important que rien ne soit laissé au hasard pour déterminer comment cet acte de terrorisme s'est produit et comment nous aurions pu l'empêcher", a dit Mme Ardern à la presse.

Les services de renseignement et de police se sont retrouvés au centre de critiques dans la foulée de l'attaque, certains leur reprochant de s'être trop focalisés sur les menaces islamistes.

Les victimes à Christchurch étaient toutes musulmanes, et le tueur est un suprémaciste blanc convaincu que les musulmans "envahissent" les pays occidentaux.

"Une question à laquelle nous devons répondre c'est de savoir si oui ou non nous aurions dû en savoir plus", a déclaré Mme Ardern. "La Nouvelle-Zélande n'est pas un Etat de surveillance (...) mais il y a des questions qui attendent des réponses".

La Première ministre a exclu le retour de la peine de mort pour le suspect, un extrémiste australien de 28 ans. Brentan Tarrant a été arrêté quelques minutes après les attaques et a été pour l'heure inculpé d'un chef de meurtre.

Des détails concernant cette enquête doivent encore être précisés mais celle-ci sera exhaustive et rendra ses conclusions dans un délai raisonnable, a-t-elle ajouté.

Avec AFP

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