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A Davos, abondance de neige et d'optimisme pour l'élite mondiale

Réception à Davos, Suisse, le 22 janvier 2018.

C'est dans une abondance de neige et d'optimisme que se rassemble à partir de mardi à Davos l'élite mondiale, grande gagnante d'une reprise économique qui laisse une bonne partie de la planète à l'écart.

Lundi soir, la principale préoccupation des organisateurs du Forum économique mondial n'avait rien à voir avec les risques géopolitiques, financiers, environnementaux au menu des débats de la semaine.

Il s'agissait surtout de savoir si la neige tombée en abondance sur la chic station de ski suisse - 159 centimètres en six jours - n'allait pas perturber le ballet des hélicoptères et limousines des quelque 70 leaders politiques, des centaines de grands patrons et des quelques stars attendus jusqu'à vendredi.

Le Premier ministre indien Narendra Modi - qui sera accompagné de deux maîtres de yoga - puis son homologue canadien Justin Trudeau lanceront mardi ce rendez-vous assorti d'un slogan plein de bonnes intentions: "Construire un avenir commun dans un monde fracturé."

Leur succèderont entre autres le président français Emmanuel Macron, qui a reçu lundi à Versailles un bon nombre de PDG en route pour Davos, et la chancelière allemande Angela Merkel, dont c'est le grand retour international depuis les élections de septembre.

En attendant Trump

Mais tout Davos attendra Donald Trump: l'imprévisible président américain entend bousculer les chantres du libre échange de Davos en vantant sa politique "L'Amérique d'abord".

La Maison Blanche a confirmé lundi sa venue, qui avait semblé compromise par la crise budgétaire aux Etats-Unis, désormais résolue.

Son discours vendredi sera le point d'orgue annoncé d'une semaine de séances de méditation, de discours, de rencontres confidentielles et de tables rondes sur "l'innovation disruptive" ou "les infrastructures résilientes".

Le tout sur fond d'optimisme généralisé pour la croissance mondiale: le Fonds monétaire international (FMI) a encore relevé lundi sa prévision de croissance pour 2018 et 2019, en comptant sur des retombées positives de la vaste réforme fiscale engagée aux Etats-Unis.

Selon une enquête du cabinet PwC, réalisée auprès de 1.300 dirigeants d'entreprises dans le monde, 57% d'entre eux pensent que la croissance mondiale va s'affermir dans les 12 prochains mois, un record depuis 2012.

"Nous avons constaté une reprise large de l'économie mondiale et le discours sur une ère de stagnation semble s'être dissipé", indique à l'AFP Nariman Behravesh, chef économiste de la société IHS Markit, pour qui l'embellie va se poursuivre au moins un an, voire deux.

Message du Pape

Et c'est l'élite rassemblée à Davos qui capte l'essentiel de cette croissance retrouvée, selon l'ONG Oxfam.

Elle a tenu à rappeler lundi que 82% de la richesse créée l'an dernier dans le monde a terminé entre les mains de 1% de la population de la planète.

"On exploite les personnes qui fabriquent nos vêtements, qui assemblent nos téléphones portables et cultivent les aliments que nous mangeons, afin de garantir un approvisionnement constant en produits pas chers, mais aussi pour grossir les profits des entreprises et leurs riches investisseurs", s'est insurgée la directrice d'Oxfam Winnie Byanyima à l'adresse des participants.

Parmi eux, il y a par exemple Jamie Dimon. Le PDG de la banque américaine JPMorgan Chase va toucher 29,5 millions de dollars pour l'année 2017, retrouvant sa rémunération d'avant le cataclysme financier de 2008.

"Nous ne pouvons continuer à aller de l'avant en faisant comme si la pauvreté et l'injustice croissantes n'avaient pas une cause", a déclaré pour sa part le pape François dans un message lu lundi à Davos.

Dans un autre registre, le chef économiste du FMI Maurice Obstfeld est aussi venu jouer les rabat-joie, près de dix ans après la faillite de Lehman Brothers.

"La prochaine récession pourrait venir plus vite que nous le pensons, et les munitions pour la combattre sont bien plus limitées, surtout parce que les dettes publiques sont bien plus élevées" qu'il y a dix ans, a-t-il dit lundi à Davos.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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