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L’OMS demande au personnel médical de refuser de pratiquer des MGF

Une femme tient une carte contre les mutilations génitales féminines au cours d'une session pour éduquer les femmes à Minia, en Egypte, le 13 juin 2006.

"Depuis 15 ou 20 ans, on voit de plus en plus de mutilations pratiquées par du personnel médical", s’alarme l’OMS dans des directives publiées à l’intention des médecins.

L'Organisation mondiale de la Santé a publié, pour la première fois, des directives à l'intention des professionnels de santé sur la façon de traiter les femmes victimes de mutilations génitales, espérant ainsi diminuer en partie leurs souffrances.

L'OMS estime que 200 millions de femmes et filles dans le monde ont subi des mutilations génitales, avec des conséquences allant de saignements et douleurs notamment en urinant ou pendant l'acte sexuel à des complications souvent fatales pendant l'accouchement, en passant par des traumatismes psychologiques profonds.

Ces mutilations sont pratiquées essentiellement en Afrique, ainsi qu'en certains endroits d'Asie ou du Moyen-Orient, mais avec les migrations de ces dernières décennies, elles sont également présentes en Occident.

D'où la nécessité de directives pour traiter ces femmes, de façon à ne pas les faire souffrir encore plus.

Doris Chou, une spécialiste de la santé maternelle et prénatale à l'OMS, a expliqué à l'AFP que certains docteurs, y compris en Occident, "ne savent même pas ce qu'ils voient" lorsqu'ils examinent une femme qui a subi une mutilation génitale, ce qui rend difficile un traitement efficace.

Toujours selon l'OMS, plus de 500.000 femmes et filles aux Etats-Unis ont subi ou sont menacées de subir des mutilations génitales, et quelque 66.000 en Grande-Bretagne.

L'OMS recommande principalement une aide psychologique et des conseils pour tenter de rendre l'acte sexuel moins pénible. Et surtout la pratique, pour les femmes enceintes, de rouvrir le vagin qui a été cousu - une situation qui provoque de nombreux décès pendant les accouchements, le bébé ne réussissant pas à sortir.

Et surtout, elle demande au personnel médical des régions les plus concernées de refuser d'effectuer ces mutilations - même s'ils ont des raisons de penser que leur refus signifiera que la mutilation risque d’être pratiquée ailleurs et dans des conditions plus dangereuses pour la jeune fille.

En effet, selon l'OMS, "depuis 15 ou 20 ans, on voit de plus en plus de mutilations pratiquées par du personnel médical" auquel s'adressent les familles, espérant ainsi éviter les complications.

Il est donc difficile de dire si ces pratiques sont effectivement en train de diminuer, face aux campagnes menées en ce sens, ou bien si au contraire elles augmentent, mais leurs conséquences sont moins visibles en raison d'une médicalisation croissante.

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Le cours du jus d'orange monte grâce au coronavirus

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. (Photo: REUTERS/Thomas Mukoya)

Le cours du jus d'orange connaît une forte hausse cette semaine, sous l'effet d'une demande importante des consommateurs espérant qu'un peu de vitamine C les aidera à combattre le nouveau coronavirus.

La livre de jus d'orange a gagné plus de 20% en cinq jours pour atteindre jeudi 122,55 cents sur le marché new-yorkais, un niveau qu'elle avait atteint l'an dernier à la même époque mais sous lequel elle évoluait depuis.

Le jus d'orange est bien "l'un des plus gros gagnants sur les marchés" en ce moment, assure à l'AFP Stephen Innes, de AxiCorp, en raison de ses "propriétés immuno-stimulantes" qui ont mis un coup d'accélérateur à la demande.

"Cette réaction (des cours) n'est pas rare lors des épidémies de grippe, les consommateurs étant en demande de boissons plus saines", abonde François Sonneville, analyste chez Rabobank interrogé par l'AFP.

"La question de savoir si le jus d'orange est sain fait l'objet de nombreux débats (...) en raison de sa teneur naturellement élevée en sucre, mais il a été démontré que la vitamine C renforce le système immunitaire", a-t-il ajouté.

Ce rebond des cours est accentué par les contraintes qui pèsent par ailleurs sur l'offre.

"Comme les avions sont pour la plupart cloués au sol, il devient difficile d'acheminer les oranges et la pulpe", complète M. Innes.

"De même, les consignes de distanciation sociale et les confinements compliquent la récolte" des fruits, a-t-il ajouté.

Avec les deux tiers de la production mondiale, selon des données compilées par Rabobank, le Brésil est de loin le premier producteur de jus d'orange sur la planète.

Coronavirus et stress: comment rester calme pendant ces moments difficiles

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Coronavirus : le pape préside en solitaire une prière planétaire

Le pape François peu avant son traditionnel discours "Urbi et Orbi", le 25 décembre 2019. (AFP PHOTO /VATICAN MEDIA)

C'est une première : seul sur le gigantesque parvis désert de la basilique Saint-Pierre, le pape François préside vendredi une prière mondiale contre la pandémie pour un public virtuel, conclue par une inhabituelle bénédiction "Urbi et orbi".

A 17h00 GMT, le chef du 1,3 milliard de catholiques de la planète leur a demandé de se joindre à lui durant une heure, via internet, la radio ou la télévision.

Même le réalisateur italien Paolo Sorrentino, auteur de deux séries très provocatrices campées au Vatican avec des hommes en blanc iconoclastes, n'avait pas imaginé une place Saint-Pierre totalement vide.

Vendredi, l'Argentin Jorge Bergoglio s'exprimera lors d'une "méditation", assis sur un fauteuil installé sur un parvis interdit d'accès par la police italienne.

Le portail internet du Saint-Siège ("Vatican News") a mis en place des retransmissions en direct en huit langues, dont le chinois ou l'arabe, y ajoutant un canal avec la langue des signes, une nouveauté.

"A la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse", avait expliqué dimanche dernier le pape François.

"Restons unis. Faisons sentir notre proximité avec les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité avec les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires", avait-il dit, en mentionnant aussi "les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles" et "les policiers, soldats, qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route".

Un "Urbi et Orbi" inédit

En temps normal, la bénédiction "Urbi et Orbi" (A Rome et au monde) se fait depuis la célèbre loggia du palais apostolique, uniquement à Noël et Pâques, les deux temps forts du calendrier chrétien, ou encore à l'occasion de l'élection d'un nouveau pape.

La bénédiction est normalement précédée d'un tour d'horizon des conflits armés de la planète. Mais vendredi, le pape se concentrera sur un adversaire, le nouveau coronavirus qui a infecté plus d'un demi-million de personnes dans le monde dont plus de 23.000 sont décédées.

Les croyants auront aussi la possibilité d'obtenir "l'indulgence plénière", ou pardon des péchés, qui peut être accordée de façon collective aux personnes menacées par les guerres ou les épidémies.

A la mi-mars, le pape s'était rendu en pèlerinage surprise dans deux églises de Rome, filmé à pied dans la principale artère d'une Rome aux allures de ville fantôme.

A l'une de ces églises, il a emprunté un "crucifix miraculeux" qui aurait sauvé la capitale italienne de la grande peste au XVIe siècle, exhibé lors de processions et qui a été placé vendredi devant la basilique Saint-Pierre.

"Au temps de la peste au Moyen-Age, l'Eglise était la seule présente sur la scène publique à travers les processions de prêtres qui devaient produire des miracles", rappelle le vaticaniste italien Marco Politi.

Or l'Eglise s'avère grandement éclipsée et marginalisée dans la communication de crise sanitaire de pays de plus en plus sécularisés, donnant la parole aux médecins et aux élus.

"Le pape a senti qu'il devait faire quelque chose", souligne Marco Politi. "Il est allé dans les rues de Rome, l'Eglise oeuvre en coulisses pour apporter notamment de la nourriture aux pauvres, mais le pape veut reprendre une part de la scène et de l'imaginaire collectif", analyse-t-il.

A l'heure d'un strict confinement en Italie, les services de l'Eglise catholique universelle sont au ralenti et la plupart des prélats dirigeant des dicastères (ministères) travaillent dans leurs appartements.

Sur la santé du pape, qui a souffert d'un rhume avec toux en mars et serait entouré d'un strict cordon sanitaire, le Saint-Siège reste des plus discrets. Même si un prélat italien travaillant à la Secrétairerie d'Etat (gouvernement) et vivant dans sa résidence a été testé positif mercredi au coronavirus, selon des médias italiens.

Un religieux travaillant également à la Secrétairerie d'Etat vient aussi d'être contaminé, rapporte vendredi le quotidien Il Messagero, selon qui les tests faits à date sur le pape ont tous été négatifs.

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