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D'anciennes captives de Boko Haram de retour à Chibok, sans pouvoir rentrer chez elles


Vingt-et-une filles de l'école de Chibok ont été libérées et vues lors d'une réunion avec le vice-président Yemi Osinbajo à Abuja, Nigeria, le 13 octobre 2016.

Une vingtaine de lycéennes de retour à Chibok (nord-est du Nigeria) après deux ans de captivité aux mains de Boko Haram, ont été empêchées par les autorités de retrouver leurs familles à Noël, selon plusieurs témoignages recueillis mercredi par l'AFP.

Les 21 jeunes filles faisaient partie d'un groupe de plus de 200 lycéennes en majorité chrétiennes enlevées par le groupe islamiste nigérian en avril 2014 à Chibok.

Elles sont arrivées à Chibok vendredi sous forte escorte militaire pour passer Noël en famille, mais ont finalement été gardées durant plusieurs jours dans la maison d'un parlementaire local pour des raisons de sécurité, ont déclaré des parents et des résidents.

"Quel est l'intérêt de les ramener à la maison si nous, leurs parents, ne pouvons pas les voir?", a demandé un père de famille joint par téléphone.

La mère d'une autre lycéenne a accusé le gouvernement de "briser délibérément nos coeurs en cette période de fête".

Les jeunes filles n'ont pas non plus été autorisées à assister à la messe de Noël dimanche, suscitant l'incompréhension et la colère d'habitants de Chibok comme Barnabas Bulus, qui parle d'une "insulte" faite aux croyants.

"Nous sommes une communauté et nous considérons ces filles comme les nôtres, qu'elles soient liées ou non à nous", a renchéri Ayuba Alamson, un notable de la ville.

Le porte-parole de la présidence Garba Shehu a reconnu dans un communiqué mardi soir qu'il y avait eu une "mauvaise compréhension de l'objectif du voyage" par certains membres des forces de sécurité, après réception de plusieurs plaintes des parents.

Mercredi, les proches des lycéennes ont finalement été autorisés à les rencontrer dans la maison où elles sont toujours enfermées.

"Nous voulions célébrer Noël et louer Dieu avec nos filles, mais nous sommes quand même heureux, nous les avons enfin vues", a confié un père.

Les 21 jeunes filles avaient été libérées en octobre à la suite de négociations entre le gouvernement nigérian et le groupe islamiste, mais plusieurs dizaines sont toujours aux mains des insurgés.

Les lycéennes de Chibok sont devenues le symbole des victimes de l'insurrection islamiste qui ravage le nord-est du Nigeria.

Cet enlèvement de masse avait provoqué une vague d'indignation internationale, notamment sur Twitter sous le hashtag #BringBackOurGirls ("Ramenez-nous nos filles").

Avec AFP

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