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Détenteurs de diplômes fantômes, de nombreux jeunes Sénégalais peinent à trouver un emploi


Le CRETEF de Dakar, un centre reconnu par l’Etat, le 3 janvier 2021. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Chaque année, des étudiants diplômés d'une multitude d'écoles de formation privés non réglementés se retrouvent dans l'impossibilité de trouver un emploi parce que leurs diplômes ne sont pas reconnus.

A la fin de l’année, plusieurs écoles de formation ont organisé la cérémonie de remise de diplômes de leurs promotions sortantes. Des festivités qui sont souvent suivies de fortes déceptions pour les jeunes diplômés comme Mame Assane Gueye.

"À vrai dire la situation est écœurante dans la mesure où on ne peut même pas postuler pour certains concours avec nos diplômes qui ne sont pas reconnus", affirme-t-il.

Cet étudiant diplômé en agronomie peine à trouver du travail, ce qui lui donne l’impression d’avoir jeté son argent par la fenêtre. "Ce qui fait le plus mal, c’est que les écoles de formation ne nous disent jamais la vérité quand on vient pour nous inscrire", se plaint-il.

Cette situation oblige les associations de parents d’élèves à se battre pour sensibiliser sur ces écoles qui mettent en péril l’avenir des étudiants. Gora Mbaye Gueye est un parent qui milite activement contre la prolifération des écoles et instituts privés.

"La quasi-totalité des écoles ou instituts de formation privés ne sont pas accrédités", dit-il. "Je suggère toujours aux futurs étudiants de se renseigner sur la qualité des formations dispensées par les écoles où ils s'inscrivent", explique-t-il.

Du côté des écoles incriminées, on préfère se murer dans le silence. Sous le couvert de l’anonymat, un professeur donne quand même son point de vue sur ladite situation qui est, d’après lui, de la faute des étudiants qui préfèrent se contenter des publicités sur les réseaux sociaux plutôt que d’aller voir au plus près ce qui est proposé.

"Ils ont une paresse intellectuelle démesurée vu la venue des nouvelles technologies. Ils sont plus concentrés sur les réseaux sociaux", dit-il.

Pour contrôler et réguler la formation dans le supérieur, l’État du Sénégal a mis en place l’Autorité Nationale d’Assurance Qualité de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Une agence qui, à terme, devrait garantir la mise aux normes des établissements d’enseignements supérieurs et ainsi permettre aux apprenants d’être mieux outillés pour faire face au marché du travail.

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