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Dépendant de Facebook, le gouvernement hongrois s'inquiète et cherche la parade

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban quitte le bâtiment du Conseil de l'UE tôt le matin lors d'un sommet européen à Bruxelles, le lundi 20 juillet 2020.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, très présent sur Facebook, craint de subir le même sort que son allié Donald Trump face aux géants du numérique et promet de légiférer d'ici aux élections de l'an prochain.

Le gouvernement "va soumettre une loi au Parlement ce printemps", a annoncé mardi la ministre de la Justice Judit Varga, à l'issue d'un "comité extraordinaire" convoqué pour discuter de sanctions contre les plateformes "limitant la liberté d'expression".

Cette offensive, qui fait écho à un projet similaire en Pologne, intervient après que les comptes de l'ancien président américain ont été suspendus par Facebook, Twitter et d'autres réseaux à la suite des émeutes du Capitole.

"Aujourd'hui, n'importe qui peut être débranché des réseaux de manière arbitraire", a dénoncé Mme Varga, "qu'on soit boulanger, coiffeur, retraité, professeur ou qu'on dirige un d'Etat".

Si ce discours est nouveau, le ministère hongrois de la Justice, interrogé par l'AFP, dit "analyser la question depuis maintenant près d'un an", après avoir reçu de nombreuses preuves de "limitation de messages d'utilisateurs sans aucune notification ou explication".

Judit Varga accuse les réseaux sociaux d'"abus systématiques" et d'interdictions "effectuées sans transparence" à des fins politiques. Selon elle, Facebook veut "réduire la visibilité des opinions chrétiennes, conservatrices et de droite".

A l'appui, le ministère cite les travaux de "Project Veritas", un groupe de militants qui prétend avoir infiltré la Silicon Valley pour prouver sa partialité.

- Un million d'abonnés Facebook-

Paradoxalement, Viktor Orban utilise régulièrement les réseaux sociaux pour s'adresser directement aux Hongrois et sa page Facebook affiche un million d'abonnés. Un chiffre considérable dans un pays de 9,8 millions d'habitants, dont 5,4 millions ont un compte.

En outre, Mme Varga et le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto donnent souvent la primauté de leurs annonces aux réseaux sociaux.

Accusé par l'ONG Reporters sans Frontières (RSF) d'avoir drastiquement limité la liberté des médias, Viktor Orban se sert de Facebook pour diffamer l'UE et ses adversaires politiques.

Comme Donald Trump, il y déroule une narrative conspirationniste faite de contre-vérités, selon les rapports de nombreuses organisations internationales, comme l'ONU et l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).

Et les dépenses en publicité de son parti, le Fidesz, y dépassent de loin celles des autres formations hongroises.

- "Balle dans le pied" -

Le bannissement numérique de Donald Trump a manifestement effrayé le Premier ministre hongrois à un an de législatives qui s'annoncent disputées, analyse pour l'AFP Agoston Mraz, du groupe de réflexion Nezopont. "Le Fidesz craint que, sans réglementation, un incident ne puisse se produire à l'approche du scrutin".

D'autant que M. Orban n'a pas d'autre tribune numérique. La Hongrie a certes vu apparaître en décembre un réseau social alternatif, fondé par une personnalité ouvertement acquise au gouvernement - à l'image du Chinois WeChat et du Russe VKontakte.

Mais ce n'est qu'une pâle copie des mastodontes anglo-saxons. Se présentant comme un havre de liberté de parole doté d'une modération minimale, ce rival au design bleu et blanc évoquant Facebook n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

Sa création fait écho à des plateformes conservatrices comme Parler et Gab, où ont afflué les internautes se considérant "censurés" par les réseaux conventionnels.

Malgré les menaces, le politologue Patrick Szicherle doute que Budapest aille aussi loin que Varsovie.

En Pologne, où le président Andrzej Duda et le Premier ministre Mateusz Morawiecki ont aussi une forte présence sur Facebook, le gouvernement prépare ainsi une loi pour empêcher les fermetures unilatérales de comptes.

"Ce serait comme se tirer une balle dans le pied", estime Patrick Szicherle, du groupe de réflexion Political Capital.

Ce politologue s'attend plutôt à ce que Viktor Orban opte pour "la possibilité de recours juridiques pour les comptes bannis" ou alors pour une formule "ayant peu d'effets en pratique, mais qui permette au gouvernement de se présenter comme se dressant face aux géants libéraux de la technologie".

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Les FDLR nient toute implication dans le décès de l'ambassadeur Attanasio

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Les FDLR nient leur implication dans l'attaque mortelle contre l'ambassadeur Attanasio en RDC

Un combattant du groupe rebelle FDLR, qui est pourchassé par les armées rwandaise et congolaise, monte la garde au fond de la brousse de l'est du Congo, le 6 février 2009.

Les rebelles hutus rwandais des FDLR nient leur implication dans l'attaque qui a coûté la vie hier à l'ambassadeur de l'Italie, Luca Attanasio, dans l’Est de la RDC. Accusés par les autorités de Kinshasa, les FDLR pointent du doigt les armées congolaise et rwandaise.

Les Forces démocratiques de libération du Rwanda "demandent aux autorités congolaises et à la Monusco de faire toute la lumière sur les responsabilités de cet ignoble assassinat au lieu de recourir à des accusations hâtives".

Les FDLR affirment que "le convoi de l'ambassadeur a été attaqué dans une zone dite des +trois antennes+, près de Goma sur la frontière avec le Rwanda non loin d'une position des Forces armées de la RDC et des Forces rwandaises de Défense".

"Les responsabilités de cet ignoble assassinat est à rechercher dans les rangs de ces deux armées", accusent les FDLR.

Les autorités congolaises et rwandaises nient systématiquement toute présence de troupes rwandaises sur le territoire de la RDC.

Kinshasa a accusé lundi les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), installées dans l'Est de la RDC, d'être responsables de l'attaque, qualifiée de "terroriste" par le président congolais Félix Tshisekedi.

Les FDLR, créées au début des années 2000 pour lutter contre le régime de Kigali, sont considérés comme l'un des nombreux redoutables groupes armés qui menacent au quotidien les civils dans l'Est de la RDC.

Luca Attanasio, 43 ans, est décédé après avoir été blessé par balles lorsqu’un convoi onusien dans lequel il circulait a été pris dans une embuscade dans la province du Nord-Kivu, près de la frontière avec le Rwanda. Son garde du corps italien et un chauffeur congolais du Programme alimentaire mondial (PAM) ont aussi été tués.

Cette province est considérée comme l'une des zones les plus dangereuses de RDC, à la lisière du parc national des Virunga. Mais selon des responsables humanitaires, la route sur laquelle circulait le convoi ne nécessitait pas d'escorte.

L'attaque du convoi dans lequel circulait l'ambassadeur a eu lieu sur la route nationale 2 qui longe de très près la frontière rwandaise, dans une zone de forêt dense et montagneuse, où les frontières ne sont pas étanches.

Route sans besoin d'escorte

Selon la présidence congolaise, le convoi est tombé dans une embuscade à 3 km de leur destination, la commune de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, lorsque "les assaillants, au nombre de six, munis de cinq armes de type AK-47 ainsi que d'une machette" ont fait irruption.

"Ils ont procédé à des tirs de sommation avant d'obliger les occupants des véhicules à descendre et à les suivre dans le fin fond du parc (des Virunga) et ce, après avoir abattu l'un des chauffeurs afin de créer la panique", ajoute la présidence.

Alertés, les rangers et les militaires congolais présents dans les environs se sont mis à la poursuite des assaillants. "À 500 m (du lieu de l'attaque), les ravisseurs ont tiré à bout portant sur le garde du corps (italien), décédé sur place, et sur l'ambassadeur, le blessant à l'abdomen".

Selon un expert du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), "les FDLR sont à proximité du lieu où l'attaque a eu lieu. Ca relève du domaine du possible que ces rebelles rwandais soient responsables de cette attaque", a-t-il expliqué à l'AFP.

Le chef de la diplomatie italienne Luigi Di Maio s'exprimera dans la journée devant le Parlement sur cette attaque. Luca Attanasio était ambassadeur en RDC depuis octobre 2019.

Selon un responsable humanitaire de l'ONU dans le pays, la route empruntée ne nécessitait pas d'escorte militaire.

"Cette route était validée sans escorte, mais avec obligation d'un convoi de deux véhicules minimum", a déclaré mardi à l'AFP cette source s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Le PAM a de son côté indiqué dans un communiqué lundi que l'attaque s'est produite "sur une route qui avait été précédemment validée pour circuler sans escorte sécuritaire".

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a demandé à la RDC "d'enquêter avec diligence" sur cette attaque, condamnée fermement dans une déclaration par les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU.

La route où a été tué l'ambassadeur Attanasio en RDC ne nécessitait pas d'escorte

Une vue générale de l'hôtel Serena à Goma le 16 octobre 2020.

La route où s'est produite l'attaque qui a coûté la vie lundi à l'ambassadeur d'Italie dans l'Est de la République démocratique du Congo ne nécessitait pas d'escorte militaire, a affirmé mardi une source onusienne à l'AFP

L'attaque du convoi dans laquelle se trouvait l'ambassadeur Luca Attanasio a eu lieu dans la province du Nord-Kivu (Est), sur la route nationale 2, qui longe de très près la frontière rwandaise, dans une zone de forêt dense et montagneuse, où les frontières ne sont pas étanches.

"Cette route était validée sans escorte, mais avec obligation d'un convoi de deux véhicules minimum", a déclaré mardi à l'AFP un responsable humanitaire de l'ONU dans le pays, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Selon la présidence congolaise, l'ambassadeur "est arrivé à Goma le vendredi 19 février à 10H30, à bord d'un jet de la Monusco", la Mission des Nations unies au Congo.

Il est parti de Goma lundi matin dans "un convoi de deux véhicules du Programme alimentaire mondial (PAM)" pour la commune de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, accompagné de son garde du corps et des agents de cette agence humanitaire.

Le convoi est tombé dans une embuscade à 3 km de leur destination, lorsque "les assaillants, au nombre de six, munis de cinq armes de type AK-47 ainsi que d'une machette" ont fait irruption, a indiqué la présidence congolaise.

"Ils ont procédé par des tirs de sommation avant d'obliger les occupants des véhicules à descendre et à les suivre dans le fin fond du parc (des Virunga) et ce, après avoir abattu l'un des chauffeurs afin de créer la panique", ajoute la présidence.

Alertés, les rangers et les militaires congolais présents dans les environs se sont mis à la poursuite des assaillants. "À 500 m (du lieu de l'attaque), les ravisseurs ont tiré à bout portant sur le garde du corps, décédé sur place, et sur l'ambassadeur, le blessant à l'abdomen".

Kinshasa a accusé les rebelles hutus rwandais de Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) d'être les auteurs de l'attaque. Ces derniers ont, dans un communiqué, rejeté ces allégations, pointant du doigt les armées congolaise et rwandaise.

Les autorités congolaises et rwandaises nient systématiquement toute présence de troupes rwandaises sur le territoire de la RDC.

Selon un expert du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), "les FDLR sont à proximité du lieu où l'attaque a eu lieu. Ca relève du domaine du possible que ces rebelles rwandais soient responsables de cette attaque", a-t-il expliqué à l'AFP.

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