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Togo

Démission du Premier ministre et du gouvernement togolais

Le Président du Togo Faure Gnassingbé à Abidjan, Côte d'Ivoire, le 20 novembre 2017. ISSOUF SANOGO / AFP

Le Premier ministre togolais Komi Sélom Klassou et son gouvernement ont démissionné, a annoncé la présidence du Togo vendredi soir.

Le président Faure Gnassingbé a accepté cette démission, indique le communiqué publié sur le site officiel de la présidence.

"Le chef de l’Etat a félicité le Premier ministre et toute l’équipe gouvernementale pour les efforts engagés sur le plan économique, politique et social ainsi que les résultats encourageants obtenus malgré le contexte difficile marqué par la crise sanitaire que traverse actuellement le monde entier", déclare le communiqué.

Un changement politique était attendu au Togo depuis que Faure Gnassingbé a été réélu en février pour un quatrième mandat présidentiel, mais ce changement a été retardé par la pandémie de coronavirus.

La victoire de Faure Gnassingbé à l'élection présidentielle a été acquise après un amendement de la Constitution qui lui a permis d'être de nouveau candidat. La famille Gnassingbé dirige depuis plus d'un demi-siècle ce pays d'Afrique occidentale.

Faure Gnassingbé préside le Togo, un pays de huit millions d'habitants, depuis 2005, date à laquelle il a succédé après son décès à son père Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 38 ans.

M. Klassou était Premier ministre depuis 2015.

Faure Gnassingbé "a remercié le chef du gouvernement pour son sens élevé du devoir et l’a chargé d’expédier les affaires courantes", indique le communiqué de la présidence.

L'économie du Togo a été frappée par la pandémie de coronavirus, les autorités ayant imposé des restrictions pour limiter la propagation du Covid-19.

A ce jour, 1.722 cas de contamination et 44 décès dus au virus ont été enregistrés au Togo.

Les restaurants togolais rudement éprouvés par le coronavirus
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Les Togolais en quête du bonheur

Des Togolaises portent un masque à Lomé, au Togo, le 17 avril 2020.

L’indice du bonheur 2020 classe le Togo à la 135ème position mondiale sur 153 pays. Ce petit pays d’Afrique de l’ouest se niche à la 30ème place continentale, derrière les Comores et devant l’Ethiopie. Les Togolais se retrouvent dans la catégorie des personnes les moins heureuses de la planète.

Etre heureux pour un Américain ou pour un Français n’a pas la même connotation que pour un Togolais. Ces derniers ont des indicateurs propres qui leur permettent de définir leur bonheur.

"Chez les Togolais, la première chose, c’est d’avoir un boulot. Parce que quand vous avez un boulot, vous avez de quoi satisfaire vos besoins primaires. Ensuite, aller vers la création d’une famille. Assurer sa progéniture. Puis il va chercher à construire sa maison. Donc les trois éléments-là, contribuent à l’appréciation du bonheur chez le Togolais", analyse le psychologue-clinicien, Komlan Yenkey.

Ces facteurs cités par le psychologue ne sont pas figés, soutient Freeman Laté Lawson, Pasteur de l’église évangélique presbytérienne du Togo. Il insiste sur le caractère relatif du bonheur.

"Etre fortuné, avoir sa maison, avoir une belle voiture, être à la mode, ne définit pas forcément le bonheur dans son ensemble. Le bonheur, c’est relatif", a commenté le Pasteur Lawson. Il définit la conception du bonheur du point de vue du christianisme. "Etre heureux comme nous nous le disons, c’est avoir cette paix du Christ, cette paix intérieure. Le bonheur c’est la liberté, c’est la paix, c’est la joie", a-t-il dit.

"Qu’est ce qui me rendrait heureux aujourd’hui, c’est peut-être le mariage. Toi, c’est peut-être le commerce. Qu’est-ce qui rendrait l’autre heureux, peut-être c’est 5 francs. Quelqu’un, on lui aurait donné un milliard et la personne serait dans un état peut être dépressif", a conclu le Pasteur Freeman Laté Lawson.

Le bonheur est un état d’esprit qui se limite dans le temps. Il est aussi subjectif car dépendant de chaque individu.

"Je suis heureux, j’ai du bonheur en moi lorsque j’arrive à faire du bien à l’autre. En ce sens, je suis heureux. Il m’arrive d’être heureux mais pas toujours à 100%. Parce que parfois le but visé n’est pas totalement atteint", a répondu Rodolfe Anoumou, étudiant en sociologie sur sa conception du bonheur.

Chaque année, il est publié un indice qui renseigne sur la perception du bonheur dans le monde. L’indice du bonheur classe les pays et généralement les pays africains se retrouvent au bas de l’échelle. Pour cette année 2020, ce sont le Zimbabwe, le Soudan du sud et l’Afghanistan qui ferment la marche.

Placé en bas de l'indice du bonheur, les Togolais relativisent
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Placé en bas de l'indice du bonheur, les Togolais relativisent

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Minute Eco: Le Soudan veut produire plus d'électricité pour les ménages

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Les Togolais encouragent la consommation des produits locaux

Les Togolais encouragent la consommation des produits locaux
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Octobre décrété mois de la consommation locale pour les Togolais

Façade principale du Restaurant de mets locaux Bobar, Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)

La consommation locale donne l’opportunité aux produits "made in Togo" de faire leur promotion. C’est aussi l’occasion pour les acteurs du secteur de faire des analyses critiques autour de la consommation locale dans le pays.

Durant tout ce mois d’octobre, le Togo célèbre ses produits locaux: des produits alimentaires et vestimentaires aux mets locaux et à la musique, tout ce qui est produit au Togo est mis sous les projecteurs.

L’initiative gouvernementale ne laisse pas indifférents des acteurs qui travaillent pour la promotion des produits locaux.

Eric Assigbé, responsable marketing de Togossimé à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Eric Assigbé, responsable marketing de Togossimé à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)


"​C’est une belle initiative de promotion et de valorisation des produits locaux. Parler de l’alimentation et ses enjeux à la population. Donner une visibilité aux produits togolais, des produits naturels, des produits de qualité", a commenté Eric Assigbé, Responsable marketing de la boutique de vente des produits togolais Togossimé.

Des années de sensibilisation

Il relève que pour que les Togolais arrivent à aimer des produits du terroir, il a fallu des années de sensibilisation et de conscientisation.

"Quand on a commencé, c’était très difficile. Quand on parle de produits locaux, de produits togolais aux gens, ils estiment que ce n’est pas un bon produit. C’était la mentalité. Un très bon produit togolais on le rejette mais il faut prendre ce même produit et mettre 'made in France', ou quelque chose comme cela, et vous aller voir que les gens vont aimer", confie-t-il à VOA Afrique.

"Donc c’est une question de mentalité. Et c’est ce travail là que nous faisons depuis longtemps et aujourd’hui nous avons constaté qu’il y a un déclic", ajoute M. Assigbé avec fierté.

Tata Yawo Amétoènyénou à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Tata Yawo Amétoènyénou à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)


Du côté de l’Organisation pour l'alimentation et le développement local (OADEL), c’est une satisfaction après des années d’actions de terrain.

"Depuis 2016 OADEL a entamé un plaidoyer pour qu’une seule journée soit dédiée à la promotion de la consommation au niveau national mais aujourd’hui c’est plutôt tout un mois qui est consacré à cette célébration du consommer local, je peux affirmer que nous sommes satisfaits", a déclaré Tata Yawo Amétoènyénou, directeur exécutif de l’OADEL.

"En consommant local, il y a un certain nombre d’intérêts pour le consommateur lui-même au niveau de la santé mais aussi pour l’économie du pays. Il y a aussi d’autres enjeux notamment environnemental et écologique", a fait noter ce fervent promoteur de la consommation locale.

Il soutient que les conditions ne sont pas suffisamment réunies pour faire aimer les produits locaux aux Togolais.

Le directeur exécutif de l’OADEL ajoute que "les produits locaux en comparaison aux produits importés sont encore relativement un peu plus chers. Mais le consommateur ne se dit pas que qualitativement il vaut mieux consommer local même si c’est un peu plus cher".

Une découverte pour les Togolais

Cette initiative pour inciter à la consommation locale permet à certains Togolais de découvrir des produits locaux qui leur étaient jusqu’ici inconnus.

C’est le cas de Sévérine Akakpo qui reconnait avoir découvert une panoplie de produits "made in Togo".

Sévérine Akakpo à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Sévérine Akakpo à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)


"Pendant cette période de consommation locale, nous avons vu certains produits qui sont nouveaux pour nous, en tant que Togolais mais ce sont des produits que nos compatriotes produisent mais nous nous ne connaissons pas ces produits", a-t-elle dit.

Le mois du consommer local est une opportunité que doivent saisir les unités de transformation pour valoriser les produits togolais, estime Michelle Kangni.

Michelle Kangni à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Michelle Kangni à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)


"C’est une belle opportunité pour tout entrepreneur qui transforme des produits alimentaires locaux de faire connaitre et valoriser ses produits", a laissé entendre cette Togolaise, avant de soutenir que le secteur de la transformation locale a besoin d’appui de la part de l’exécutif.

"Nos produits ne sont pas valorisés tout d’abord parce que nous ne sommes pas soutenus. Les transformateurs ont réellement besoin d’un fonds de roulement. Parce qu’il y a la demande mais ils n’arrivent pas à offrir. Ils tournent sur un même fonds ce qui les empêche à produire davantage et à offrir à des coûts plus accessibles", a analysé Michelle Kangni.

Pour appuyer cette initiative, la primature, dans une note circulaire, exhorte les ministères et les sociétés d’Etat à s’approvisionner, en priorité, dans le cadre du service, en produits et services d’origine locale et à privilégier la consommation des mets locaux lors des évènements publics.

Le mouvement "consommer Togolais" gagne du terrain
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