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Déby et Issoufou dénoncent le "manque de solidarité" face aux défis du Sahel


Le président nigérien Mahamadou Issoufou, le président malien Ibrahim Boubacar Keita, le président tchadien Idriss Deby, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré à Nouakchott le 2 juillet 2018.

Les présidents tchadien Idriss Déby Itno et nigérien Mahamadou Issoufou ont déploré un "manque de solidarité" de la communauté internationale face aux défis sécuritaires auxquels le Sahel est confronté.

"Des amis, des donateurs, des partenaires techniques et financiers nous ont promis plus de 12 milliards de dollars pour développer cette zone sensible", a déclaré Idriss Déby dans une émission ("Le débat africain") de Radio France Internationale (RFI) enregistrée mardi (BIEN: mardi) lors du Forum de Paris sur la Paix et diffusée mercredi.

"Nous avons fait nos projets mais jusqu'au jour où je parle, en ce qui concerne le Tchad, aucun de ces projets n'a été financé. On n'a pas les financements (...) qu'on nous donne cet argent", a-t-il dit.

"On a demandé 12 milliards d'un côté pour le développement et 400 millions de dollars pour équiper nos armées (...) Sur les 400 millions rien jusqu'à nos jours, sur les 12 milliards rien", a-t-il encore affirmé, évoquant notamment l'Union européenne et les promesses d'aides pour la force conjointe du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina Faso).

Son homologue du Niger a jugé comme lui la gouvernance mondiale - sujet numéro un du Forum de la Paix - déséquilibrée.

"Au niveau de la communauté internationale, on ne fait pas suffisamment pour marquer la solidarité avec les pays du Sahel et avec les pays du bassin du Lac Tchad", a déclaré M. Issoufou.

Le président nigérien a réitéré l'appel des pays de la région pour que la force du G5 Sahel soit placée sous le chapitre 7 de la Charte des Nations unies - ce qui ouvrirait la voie à des financements de l'ONU - et pour que celle de l'ONU au Mali (Minusma) ait un mandat plus offensif.

"Pour l'instant le mandat de la Minusma se limite au maintien de la paix. Or au nord-Mali il ne s'agit pas de maintenir la paix, il s'agit de faire la guerre contre le terrorisme!", a-t-il lancé.

Idriss Déby a aussi reconnu une part de responsabilité des pays dans la région, notamment dans la lutte contre la pauvreté.

"Le mal est venu de la Libye, vous le savez tous", a insisté Idriss Déby en référence à l'intervention occidentale en 2011 dans ce pays.

Mais les régions les plus vulnérables manquent aussi d'écoles, de services de santé, a-t-il concédé. "Cette faute revient à nous, les gérants de nos pays. On s'assume en ce qui concerne cela", a-t-il assuré.

Il a aussi déploré le "pessimisme" ambiant concernant l'Afrique. "Il y a parmi les chefs d'Etat africains les bons élèves, les mauvais élèves, les démocrates, les dictateurs comme Déby et autres", a-t-il ironisé.

Le président congolais Félix Tshisekedi a aussi insisté sur la responsabilité des Africains. "Nous devons en Afrique faire des efforts, nous surpasser", a-t-il dit en déplorant le "fléau des conflits inter-ethniques", le "peu d'éducation de certaines de nos masses" et la pauvreté.

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