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Cyclone en Afrique australe: l'ONU appelle aux dons, distribution chaotique de l'aide

Des enfants raclent les restes de leur riz dans un pot dans un centre de déplacement à Beira, au Mozambique, le 22 mars 2019.

La distribution de nourriture auprès de milliers de rescapés du cyclone Idai en Afrique australe a débuté de façon chaotique, provoquant scènes de colère et de frustration, alors que l'ONU a lancé vendredi un appels aux dons, évoquant un "moment critique" pour l'aide aux sinistrés.

Le cyclone Idai, qui a balayé la semaine dernière le Mozambique puis le Zimbabwe, a fait près de 400 morts et affecté des centaines de milliers de personnes. Nombre d'entre elles ont perdu maisons, récoltes ou encore vêtements.

"Le temps presse, on est à un moment critique", a déclaré vendredi à l'AFP la directrice de l'Unicef, Henrietta Fore, arrivée au Mozambique pour constater les dégâts.

Après le déblayage des grands axes et le sauvetage des personnes encore bloquées dans les zones inondées, "la prochaine étape est d'avoir accès à de l'eau potable, parce que ce qui nous attend, ce sont des maladies", a-t-elle mis en garde depuis la ville de Beira (centre), en partie dévastée par le cyclone.

Evoquant "des corps décomposés et un manque d'hygiène et d'installations sanitaires", elle a également fait part de son inquiétude quant aux risques de choléra et de paludisme compte tenu de "l'eau stagnante et des moustiques qui arrivent".

Mais l'acheminement de l'aide auprès de rescapés affamés se fait de façon chaotique.

A Dondo, dans le centre du Mozambique, des centaines de personnes se sont précipitées jeudi pour recevoir une ration dans une école transformée en camp de déplacés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"J'ai des enfants, j'ai quatre enfants et ils vont manger du pain ? Donnez moi un sac de nourriture", a lancé un homme, la faim au ventre.

Les humanitaires reconnaissent être débordés. "L'étendue du problème est au-delà des moyens de n'importe quel pays ou de n'importe quel gouvernement", a expliqué à l'AFP Gerry Bourke, porte-parole du PAM.

- Accompagnement à long terme -

"L'étendue et l'échelle des dommages et des souffrances est sidérante. Des dizaines de milliers de familles ont tout perdu. Des enfants ont perdu leurs parents. Des communautés ont perdu des écoles et des cliniques", a commenté le secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Elhadj As Sy, qui a survolé les zones inondées.

"Nous devons réagir rapidement et à grande échelle, et nous préparer à accompagner les populations touchées à plus long terme", a-t-il souligné.

Devant l'ampleur des dégâts, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé vendredi dans un communiqué la communauté internationale à multiplier les dons, soulignant la nécessité d'une "solidarité" pour les mois à venir.

L'ONU a déjà dégagé 20 millions de dollars en première aide d'urgence. Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) a mobilisé ses réserves d'urgence pour distribuer des milliers de tentes, sacs de couchage, ustensiles de cuisine, moustiquaires, lampes solaires...

"Cependant, une bien plus grande aide internationale est nécessaire", a insisté M. Guterres. Une conférence de donateurs est prévue le 11 avril à Beira.

Vendredi, les autorités mozambicaines étaient toujours dans la phase d'évaluation des dégâts, une semaine après le passage d'Idai.

"C'est une catastrophe. A Buzi, il y a encore des gens réfugiés sur les toits et dans le stade", a déclaré à la presse le Premier ministre mozambicain, Carlos Agostinho do Rosario, faisant état d'un nouveau bilan de 293 morts et plus de 300.000 personnes affectées. "Mais nous pensons qu'il va encore augmenter", a-t-il précisé.

A compter de ce vendredi, les secours doivent utiliser des drones pour inspecter les zones inondées. "On aura une meilleure idée des zones touchées", a expliqué le ministre mozambicain de l'Environnement, Celso Correia.

Dans le ciel, les hélicoptères continuaient leur ballet pour retrouver des sinistrés toujours bloqués au milieu de vastes étendues d'eau.

- "On recommence de zéro" -

Des écoles, hôtels, églises ont été réquisitionnées pour être transformés en centre d'hébergement au Mozambique et au Zimbabwe.

A Beira (est du Mozambique), la deuxième ville du pays, la vie reprenait progressivement ses droits. Des queues se formaient vendredi devant quelques banques qui ont rouvert.

"Je dois me battre pour que mes enfants aient quelque chose à manger", a témoigné Celeste Dambo, qui a trouvé refuge dans l'école secondaire Samor Machel, où les salles de classe ont été transformées en dortoirs improvisés, accueillant un millier de personnes.

Les opérations de reconstruction ont aussi débuté lentement. Des habitants fouillaient dans les décombres d'un supermarché pour récupérer des tôles afin de fabriquer des logements de fortune.

Des techniciens s'activaient sur des pylônes pour rétablir lignes téléphoniques et électricité.

"On recommence de zéro", a expliqué le maire de la ville, Daviz Simango.

Au Zimbabwe, où un deuil national de deux jours a été décrété, des rescapés fouillaient encore dans les décombres ce qui pouvait être sauvé.

Un téléphone a été mis en place à Chimanimani (est), épicentre des destructions. Des familles faisaient la queue pour pouvoir appeler leurs proches, tandis que des survivants continuaient à enterrer leurs morts.

Près de 200 personnes, dont 30 écoliers, sont toujours portés disparues dans le pays.

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La France nomme un "envoyé spécial" dédié à l'épidémie Ebola en RDC

Le personnel médical de l'Unité de traitement Ebola à l'Hôpital général de Bwera, à la frontière avec la RDC.

La France, critiquée pour son absence de réaction, a annoncé mardi la nomination d'un envoyé spécial sur Ebola, le Pr Yves Lévy, chargé "d'orienter" sa réponse face à l'épidémie en République démocratique du Congo qui vient de gagner l'est du pays.

Selon le ministère des Affaires étrangères, le Pr Lévy est un spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui "exercera cette mission à titre bénévole".

"L'épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans l'est de la RDC est la plus grave jamais enregistrée dans le monde, après celle de 2014 en Afrique de l'Ouest" (qui avait fait 11.000 morts), a relevé un porte-parole lors d'un point de presse, s'inquiètant que "la réponse à l'épidémie (soit) aujourd'hui entravée par plusieurs facteurs dont la situation sécuritaire difficile".

"Face à cette situation très préoccupante, la France est déterminée à apporter une contribution renforcée aux efforts internationaux" a poursuivi le porte-parole rappelant que lors de sa visite à Kinshasa le 20 mai dernier, le ministre, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé "la relance d'un partenariat bilatéral (...) dans lequel le secteur de la santé, et notamment la lutte contre l'épidémie Ebola, serait une priorité".

La France promet son soutien aux ONG déployées sur le terrain et son appui scientifique et de recherche, sans annoncer de budget dédié.

La confirmation mardi d'un cas d'Ebola à Goma, la grande ville de l'est de la RDC, constitue "un avertissement" a estimé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réunie lundi à Genève. Le patient, un pasteur, est décédé mardi.

Selon le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan "c'est un avertissement parce que chaque fois que la maladie se déplace, elle peut s'établir ailleurs", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'épidémie, qui a fait 1.668 morts depuis qu'elle a été déclarée le 1er août, était circonscrite jusqu'à présent à la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma) et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

M. Ryan a regretté l'absence de contribution financière française notant que "l'OMS n'a reçu aucune contribution financière de la part du gouvernement".

Le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart, dont le gouvernement a pris la tête de la mobilisation, a également appelé les pays francophones à redoubler d'efforts lors de cette réunion : "Ce serait bien que nous ayions davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a-t-il martelé.

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