Liens d'accessibilité

Cuba honore Fidel Castro un an après sa mort


L'ombre d'un homme est projetée au parc où figure une fresque du défunt dirigeant cubain Fidel Castro et avec la mention en espagnol: "La mort n'est pas vraie", Havane, Cuba, 24 novembre 2017.

Cuba commémore samedi le premier anniversaire de la mort de Fidel Castro, avec l'oeil déjà tourné vers une transition historique qui doit tourner la page, dans moins de 100 jours, de six décennies de pouvoir des frères Castro.

Adulé par certains, honni par d'autres, Fidel Castro a gouverné sans partage l'île caribéenne et défié la superpuissance américaine pendant près de 50 ans, avant de céder le pouvoir à son frère Raul à partir de 2006.

Son décès l'année dernière à l'âge de 90 ans avait été suivi d'un deuil national de neuf jours et ses cendres avaient traversé le pays sous le regard de millions de Cubains massés au bord des routes.

Un an plus tard, les commémorations se veulent plus sobres et aucune cérémonie de masse n'est prévue pour rendre hommage à cette incontournable figure de la Guerre froide. Partout dans le pays, la vie suivait son cours normal samedi.

A La Havane, les célébrations seront surtout marquées dans la soire par une veillée devant l'université. La présence de Raul Castro, comme un éventuel déplacement de ce dernier à Santiago de Cuba (sud-est) où reposent les cendres de son aîné, n'ont pas été confirmés par les autorités.

Depuis une semaine, une série d'évènements "politiques et culturels" ont lieu à travers le pays pour marquer l'anniversaire de la "mort physique" du père de la révolution cubaine.

Si aucune statue ni rue ne porte son nom conformément à son souhait, sont réapparus ces derniers jours panneaux et inscriptions sur les murs relayant les slogans "Fidel vive" ("Fidel vit") ou "Somos Fidel" ("Nous sommes Fidel").

De leur côté, radios et télévision d'Etat relaient à l'envi le nouvel hymne à sa gloire "Lauriers et Olive", une "trova" poétique interprétée par le chanteur populaire cubain Raul Torres.

Leisi Chi, étudiant en Histoire de 22 ans, se souvient de "la douleur" ressentie à l'annonce de sa mort. "Ca nous a touchés, surtout la jeunesse et le peuple d'ici, même si certains s'en sont réjoui".

"Il est vivant dans nos pensées, dans notre culture, dans notre bataille d'idées", affirme de son côté Gladys Garcia, directrice d'une école primaire de La Havane.

Proches alliés de Cuba, les présidents vénézuélien Nicolas Maduro et bolivien Evo Morales ont également rendu hommage au père de la révolution cubaine.

M. Maduro a estimé que "Fidel avait incarné la solidarité et l'humanisme avec ses actions visant toujours à rendre le monde meilleur", tandis que M. Morales a assuré que "tant que le socialisme restera debout, Fidel sera vivant".

- 2018 en point de mire -

Pour Michael Shifter, président du groupe de réflexion Dialogue interaméricain, à Washington, la relative discrétion des cérémonies prévues "n'est pas surprenante".

"Il existe toujours un grand respect pour Fidel et ses accomplissements (...) mais il a quitté la présidence il y a plus d'une décennie, donc la mémoire et les aspects d'un héritage positif s'estompent, alors que les Cubains sont confrontés à de dures réalités", avance l'expert.

Cette année, la situation économique de l'île est restée préoccupante, avec une croissance de seulement 1% prévue pour 2017, après une récession (-0,9%) l'an dernier, notamment sous l'effet de la baisse des livraisons pétrolières de son allié vénézuélien.

Dans ce contexte, les réformes économiques ont subi un coup d'arrêt. Et les ravages de l'ouragan Irma, qui a fait 10 morts en septembre dernier, ainsi que le récent durcissement de la politique américaine vis-à-vis de l'île n'engagent guère à l'optimisme.

Depuis plusieurs semaines, les autorités cubaines sont déjà tournées vers l'autre évènement de cette fin de semaine: la tenue du premier tour des élections municipales, un scrutin retardé d'un mois suite au passage d'Irma.

Ce vote donnera le coup d'envoi d'une série d'élections devant aboutir, fin février 2018, au remplacement de Raul Castro, 86 ans, à la tête du pays.

Le cadet des Castro a annoncé qu'il cèderait sa place à un dirigeant de la nouvelle génération pour la première fois depuis 1959.

Pour l'heure c'est son premier vice-président et numéro deux du gouvernement, Miguel Diaz-Canel, 57 ans, qui semble tenir la corde pour lui succéder.

Raul Castro restera toutefois à la tête du tout puissant Parti communiste cubain (PCC) jusqu'au prochain congrès prévu en 2021. Il aura alors 90 ans.

Avec AFP

Facebook Forum

XS
SM
MD
LG