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Craintes accrues d'un "massacre" en cas d'assaut sur Idleb en Syrie

Des membres de la défense civile syrienne, connus sous le nom de Casques blancs, retirent une victime des décombres d'un bâtiment détruit suite à une attaque aérienne à Idlib, Syrie, 15 mars 2017

"Massacre", "bain de sang" et menaces américaines. Les mises en garde se sont multipliées contre la perspective d'un assaut du régime contre Idleb, dernier grand bastion rebelle et djihadiste en Syrie, à deux jours d'un sommet décisif à Téhéran.

Le régime Assad et son allié russe lancent quasi-quotidiennement des déclarations va-t-en-guerre sur la province d'Idleb (nord-ouest), dominée par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) et où sont également présentes des factions rebelles.

C'est dans la province d'Idleb frontalière de la Turquie qu'ont été envoyés des dizaines de milliers de rebelles et de civils, évacués de fiefs repris par le régime. Ainsi, quelque trois millions d'habitants vivent dans la région et les poches rebelles adjacentes, dont la moitié sont des déplacés, d'après l'ONU.

Le président américain Donald Trump a dit suivre la situation "de très près".Les Etats-Unis ont convoqué pour vendredi une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, le jour même d'un sommet à Téhéran entre les présidents d'Iran, de Russie et de Turquie, censé sceller le sort d'Idleb.

Les dix pays non membres permanents du Conseil de sécurité ont réclamé une "solution pacifique", appelant toutes les parties concernées à prendre "toutes les mesures possibles" pour protéger les civils.

"Dieu nous en garde, un massacre pourrait avoir lieu si une pluie de missiles s'y abattait", a averti le président turc Recep Tayyip Erdogan dont le pays, parrain des rebelles, est opposé à un assaut qui risque de provoquer un afflux de réfugiés vers sa frontière.

"Grâce à Dieu nous allons pouvoir empêcher une action extrême du régime (à Idleb) en obtenant des résultats positifs à Téhéran", a-t-il espéré.

Si l'assaut est donné, la communauté internationale craint une catastrophe humanitaire d'une ampleur inédite, même à l'échelle d'un pays ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350.000 morts et poussé à la fuite des millions de personnes.

L'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, a appelé à éviter "un bain de sang", alors que depuis plusieurs semaines, l'armée de Damas masse des renforts aux abords d'Idleb.

Mercredi, le régime a bombardé à l'artillerie plusieurs secteurs de la province au lendemain de raids russes ayant tué 13 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'armée russe a confirmé des raids contre des djihadistes, loin de zones résidentielles.

De plus, certains pays ont dit craindre une possible attaque chimique à Idleb et une réédition du scénario de la Ghouta orientale.

Dans cet ex-bastion rebelle, le régime a été accusé en avril d'avoir utilisé ces armes illégales, qui ont fait 40 morts civils selon les secouristes en zones rebelles. Et les Occidentaux avaient mené des frappes de représailles.

"Si le président Bachar al-Assad décide d'utiliser une nouvelle fois des armes chimiques, les Etats-Unis et leurs alliés répondront rapidement et de façon appropriée", a mis en garde la Maison Blanche.

A son tour, le chef du Pentagone, Jim Mattis, a démenti des affirmations relayées par la presse russe selon lesquelles les Etats-Unis pourraient encourager une attaque chimique pour en blâmer la Russie et le régime syrien, et l'utiliser comme prétexte à des frappes aériennes.

Alors que selon M. de Mistura, l'assaut pourrait être donné "autour du 10 septembre", les yeux sont rivés sur le sommet de Téhéran, où le président Hassan Rohani accueillera le russe Vladimir Poutine et M. Erdogan.

Les trois pays, impliqués militairement en Syrie, ont acquis un rôle déterminant dans le conflit et c'est bien ce sommet qui pourrait décider ou non d'une offensive, en fixer l'ampleur et le calendrier.

"C'est un sommet très important", a dit à Moscou un conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov. Les trois dirigeants "vont accorder une attention particulière à la situation dans la zone d'Idleb où sont concentrés les terroristes".

"Les vies de millions de personnes sont maintenant entre les mains de la Russie, de la Turquie et de l'Iran", qui ont désormais "le pouvoir" de les protéger, a déclaré la directrice des campagnes au Moyen-Orient à Amnesty International, Samah Hadid.

Une victoire à Idleb serait hautement symbolique pour le pouvoir, déterminé à reconquérir l'intégralité du territoire.

C'est avec l'appui militaire crucial de Moscou, outre celui de l'Iran, que M. Assad a déjà réussi à consolider son emprise sur près des deux-tiers du pays, multipliant les victoires face aux rebelles et aux djihadistes.

Mais de larges régions lui échappent encore. Dans le nord-est, la minorité kurde domine près de 30% du territoire, où elle a installé une administration semi-autonome. Ailleurs dans le nord, à la frontière turque, des rebelles pro-Ankara contrôlent plusieurs grandes villes.

Avec AFP

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L'OMS suspend les essais cliniques relatifs au Coronavirus

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé assiste à la 73e Assemblée mondiale de la santé virtuelle lors de l'épidémie de coronavirus à Genève, le 19 mai 2020.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé lundi avoir suspendu "temporairement" les essais cliniques avec l'hydroxychloroquine qu'elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution.

Cette décision fait suite à la publication d'une étude vendredi dans la revue médicale The Lancet jugeant inefficace voire néfaste le recours à la chloroquine ou à ses dérivés comme l'hydroxychloroquine contre le Covid-19, a indiqué le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse virtuelle, précisant que la suspension avait été décidée samedi.

L'OMS a lancé il y a plus de deux mois des essais cliniques portant notamment sur l'hydroxychloroquine, baptisés "Solidarité", dans le but de trouver un traitement efficace contre le Covid-19.

Actuellement, "plus de 400 hôpitaux dans 35 pays recrutent activement des patients et près de 3.500 patients ont été recrutés dans 17 pays", a expliqué le patron de l'OMS.

Or, selon la vaste étude parue dans The Lancet, ni la chloroquine, ni son dérivé l'hydroxychloroquine ne se montrent efficaces contre le Covid-19 chez les malades hospitalisés, et ces molécules augmentent même le risque de décès et d'arythmie cardiaque.

L'étude a analysé des données d'environ 96.000 patients infectés par le virus SARS-CoV-2 admis dans 671 hôpitaux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, sortis ou décédés depuis. Environ 15.000 d'entre eux ont reçu l'une des quatre combinaisons (chloroquine seule ou associée à l'antibiotique, hydroxychloroquine seule ou associée à ce même antibiotique), puis ces quatre groupes ont été comparés aux 81.000 malades du groupe témoin n'ayant pas reçu ce traitement.

Les essais menées par l'OMS et ses partenaires concernant l'hydroxychloroquine seront suspendus le temps que "les données" recueillies par les essais Solidarité "soient examinées", a indiqué M. Tedros.

"Il s'agit d'une mesure temporaire", a précisé la Dr. Soumya Swaminathan, en charge du département Scientifique à l'OMS.

L'hydroxychloroquine est un dérivé de la chloroquine, prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme. Connue en France sous le nom de Plaquénil, l'hydroxychloroquine est prescrit contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

L'hydroxychloroquine connaît depuis fin février une notoriété inédite depuis que le professeur français Didier Raoult a rendu publiques plusieurs études, qui selon lui montrent une efficacité de l'hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l'azithromycine.

L'effervescence autour de l'hydroxychloroquine a connu un regain lorsque le président américain Donald Trump s'en est fait l'apôtre, au point d'en prendre lui-même quotidiennement à titre préventif.

Au Brésil, le président Jair Bolsonaro est convaincu de ses effets, au point que le ministère de la Santé a recommandé son usage pour tous les patients légèrement atteints.

Lundi, le chef de l'OMS a tenu à rappeler qu'hydroxychloroquine et chloroquine "sont reconnus comme généralement sûrs pour les patients atteints de maladies auto-immunes ou de paludisme".

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