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Covid-19: le FMI accorde une aide supplémentaire à Madagascar

Le président malgache Andry Rajoelina assiste à un dépistage de patients suspectés d'être infectés par le coronavirus, à Antananarivo, le 31 mars 2020.

Le conseil d'administration du FMI a approuvé jeudi une aide supplémentaire de 171,9 millions de dollars en faveur de Madagascar, dont la situation économique continue de se dégrader en raison de la pandémie de Covid-19, a annoncé l'institution dans un communiqué.

Ce nouveau décaissement, effectué au titre de la facilité de crédit rapide (FCR), porte à 337,9 millions le montant total du soutien financier à ce pays, a précisé le Fonds monétaire international.

"Les perspectives économiques de Madagascar se sont dégradées depuis l'approbation de la première demande (d'aide), en raison d'une nouvelle détérioration de l'environnement mondial et de l'aggravation de l'impact de la pandémie de Covid-19, le PIB (produit intérieur brut, NDLR) devant désormais se contracter de 1% en 2020", a commenté le FMI.

Les secteurs clés de l'économie malgache, notamment le tourisme et l'industrie manufacturière orientée vers l'exportation, sont particulièrement affectés, "affaiblissant davantage les perspectives macroéconomiques", souligne l'institution de Washington.

Les ressources supplémentaires doivent contribuer à répondre aux besoins de financement urgents pour atténuer l'impact de la pandémie, en particulier pour les dépenses de santé et de protection sociale, pour soutenir les plus vulnérables, "et catalyser les ressources supplémentaires des donateurs", détaille le Fonds.

En accordant début avril la première aide, le FMI prenait déjà acte des "graves répercussions" de la crise sanitaire mondiale sur l'économie de Madagascar.

Le tourisme est confronté à "un déclin spectaculaire", et des perturbations affectent les exportations minières et manufacturières, ainsi que le commerce et l'investissement, avait-il alors précisé.

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Plus d'un million de Malgaches sont affectés par une grave sécheresse

Plus d'un million de Malgaches sont affectés par une grave sécheresse
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La famine étrangle des villages entiers sur la Grande Ile

Une infirmière mesure la circonférence du haut du bras de Zapedisoa, un garçon d'environ 9 ans qui est accompagné de sa grand-mère Dokoanike, dans le village de Befeno, commune Marovato, le 2 septembre 2021.

Rien à manger, rien à semer. Dans le sud de Madagascar, sur des dizaines de milliers d'hectares, la campagne est désolée et fébrile. Une sécheresse exceptionnelle, qui a transformé les champs en poussière, condamne plus d'un million de personnes à la faim.

La dernière fois qu'il a plu dans le village d'Ifotaka, c'était en mai. Deux heures et c'est tout. La période de soudure, qui commence en octobre, offre peu d'espoir.

Les villages sont abandonnés ou peuplés de paysans hagards qui ne travaillent plus une terre devenue stérile. L'absence de nourriture rend les gens las et leurs cerveaux affamés ont bien du mal à suivre aussi.

"Je me sens malade et stressée. Chaque jour je me demande ce que nous allons bien pouvoir manger", confie à l'AFP Monique Helmine, mère de six enfants qui approche de la cinquantaine, dans le village d'Atoby.

Cette femme menue aux cheveux gris, visage fermé et sourcils froncés, fait bouillir du cactus, après avoir retiré les piquants à la machette, devant sa maison en bois. Un recours coupe-faim courant dans la région, en dépit des maux de ventre qu'il provoque.

Ses trois aînés sont partis chercher du travail ailleurs. Elle s'occupe des plus jeunes. "Je voudrais m'installer dans une région plus fertile pour travailler la terre, mais je n'ai pas d'argent pour partir", dit-elle.

Aide dérobée

Arzel Jonarson, 47 ans, sans terre, était employé par des cultivateurs de manioc. Ce grand moustachu n'a plus de travail depuis de longs mois. Il récolte du bois. En une semaine, il gagne péniblement 22 centimes d'euros. Le prix d'un bol de riz.

A Ankilidoga, un couple âgé et leur fille font cuire des herbes sauvages, en ajoutant beaucoup de sel pour atténuer leur amertume. Normalement, ils cultivent maïs, manioc, arachides et patates douces. Cette année, rien.

Un grand réservoir récolte les eaux de pluie dans le village. Personne ne se souvient quand il a été plein pour la dernière fois.

Kazy Zorotane, paysanne de 30 ans, élève aussi ses quatre enfants seule. "Je n'ai reçu aucune aide depuis des mois. La dernière fois, c'était un peu d'argent distribué par le gouvernement en juin". L'équivalent de 22 euros.

Selon plusieurs élus de la commune d'Ifotaka, les dernières aides de l'Etat, sous forme de riz, d'huile et de haricots, ont largement été détournées par des militaires en août. Et seulement 90 personnes, sur les 500 identifiées, ont reçu cette somme de 22 euros.

Le sud malgache est régulièrement affligé par la famine. Mais la sécheresse subie depuis des mois est la plus grave depuis 40 ans, souligne l'ONU qui l'attribue au réchauffement climatique. Le bilan des morts est impossible à chiffrer tant d'autres maladies se greffent sur la malnutrition et tant la région affectée est vaste.

Pas de sépulture

Dans la queue devant la clinique mobile de Médecins sans frontières, qui se déplace de village en village, les enfants empoignent maladroitement des "plumpy", sachets rectangulaires contenant une pâte alimentaire calorique au goût d'arachide, qu'ils portent à la bouche.

Dans la foule qui attend, infirmiers et membres du personnel repèrent les cas les plus urgents, examinés en priorité. Les petits sont pesés dans un seau bleu et la circonférence de leurs bras mesurée. Indicateur précieux pour mesurer les effets débilitants de la malnutrition aigüe.

Zapedisoa, neuf ans, est venu avec sa grand-mère à Befeno. Le petit garçon atone, visage éteint, pèse 20 kg et présente des signes alarmants. L'équipe lui donne médicaments et suppléments alimentaires.

Satinompeo, toute petite fille aux cheveux ras, a déjà cinq ans. Elle ne pèse que 11 kg. Sévèrement malnutrie, elle s'agrippe au short jaune de son père et pleure: elle a un peu peur des médecins.

Les familles repartent avec de la nourriture calculée selon le nombre d'enfants et pour une période de quinze jours. Plus loin, d'autres ONG internationales ou locales, appuyées par le gouvernement, sont aussi à l’œuvre.

A Fenoaivo, un homme de 45 ans veille sur le corps de son père, mort en juin. "Nous n'avons pas d'argent pour acheter un zébu pour le repas, impossible d'organiser ses funérailles", dit Tsihorogne Monja, près du mort qui repose sous un tissu, dans une cabane à part.

"Mon père a eu très faim. Il a mangé trop de cactus et d'écorces de tubercules. C'est ça qui l'a tué, comme s'il avait été empoisonné".

Grand nettoyage au gouvernement malgache: tous les ministres limogés

Le président de la République de Madagascar Andry Rajoelina arrive au Palais de la Reine de Manjakamiadana, à Antananarivo, le 6 novembre 2020.

"Le couperet est tombé": c'est par ces mots que le quotidien Madagascar Tribune introduit la nouvelle, mercredi soir, que le président Andry Rajoelina a limogé tous ses ministres, quelques jours après avoir exprimé son mécontentement concernant leurs performances.

Un grand nettoyage qui intervient aussi peu de temps après l'annonce qu'un complot contre le chef de l'État avait été déjoué.

"Comme dans une équipe de football, il faut changer quand il y a des échecs dans le gouvernement", a-t-il déclaré dans des commentaires diffusés à la télévision nationale.

Cependant, le Premier ministre Christian Ntsay reste en place, souligne le quotidien l'Express de Madagascar, qui ajoute que seuls "cinq ou six ministres pourraient être reconduits".

Une nouvelle équipe gouvernementale devrait être connue d'ici la fin de la semaine, rappelle Madagascar Tribune.

Avec Reuters.

Famine à Madagascar: les silhouettes émaciées des villages "zombie"

Le bras d'un enfant est mesuré dans un centre mis en place par le Programme alimentaire mondial et Action contre la faim, dans le village de Beraketa, à l'extrême sud de Madagascar le 12 novembre 2020.

"Regardez mon enfant, ayez pitié!", interpelle une maman dans la région Anosy, terriblement affectée par la famine, à l'extrême sud de Madagascar. Elle s'empresse de déshabiller sa fille de cinq ans pour prouver la gravité de son état. 

Côtes saillantes, bras faméliques, regard vide, la petite se laisse manipuler en silence et se met à trembler. Du village de Fenoaivo, elles doivent marcher une dizaine de km vers le centre de santé le plus proche. "Jésus est notre seul guide", dit cette femme qui n'a pas un sou en poche.

Un peu plus loin, une famille endeuillée veille en silence autour d'un feu presque mort. "Nous ne pouvons pas faire l'enterrement car nous n'avons pas de zébu. Nous n'avons pas de repas à servir, pourtant chez nous c'est le plus important", se désole Rahovatae, devant la case où repose son père mort de faim quatre jours plus tôt.

En attendant de l'aide, toute la famille cherche racines et tubercules, dernières denrées disponibles. "Il n'y a plus rien à prendre là. C'est par ici qu'on creusait", montre cette mère de neuf enfants, une bêche à la main, dans ce petit bois près du village.

Bredouille, elle se dirige vers des cactus et arrache un morceau. "J'enlève les épines au couteau. Ce n'est pas bon, c'est âcre et gluant au palais. Même cuit, ça n'a aucun goût. Ça nous affaiblit", se lamente-t-elle.

- "Film d'horreur" -

Son hameau désert fait partie de ceux que certains humanitaires appellent tristement "village zombie", où la vie se réduit à quelques silhouettes émaciées qui semblent attendre la mort.

Comme Rahovatae, plus d'un million de Malgaches, sur une zone vaste comme la Bulgarie ou Cuba (111.200 km2), ont faim.

La rareté des pluies depuis plusieurs années consécutives a rendu l'agriculture impossible. Et des tempêtes de sable ont transformé de vastes étendues de terres arables en friches. Des ravages liés au réchauffement climatique, affirme l'ONU.

"Nous avons planté mais il n'y a pas eu de pluie. Tout ce qui est planté meurt. Nous n'avons plus rien: on a vendu une partie de nos biens, l'autre a été volée par des bandits", raconte Sinazy, mère de huit enfants, à Mahaly.

Dans une petite case de terre et de paille, son fils de 17 ans, Havanay, casse des noix sauvages. "On mange l'intérieur, cette chair blanche" difficile à extraire, montre-t-il. "Je casse ça du matin au coucher du soleil. Mais le gras peut rendre malade. Après en avoir mangé, je tremble", se désole-t-il.

Le patron du Programme alimentaire (PAM) David Beasley a comparé la situation à un "film d'horreur", qui fait monter "des larmes aux yeux des humanitaires les plus endurcis" par l'expérience.

- Cuir bouilli -

Quelque 14.000 Malgaches ont atteint le niveau cinq, soit la phase "catastrophe, quand les gens n'ont plus rien à manger", explique Moumini Ouedraogo, responsable du PAM dans l'Ile.

L'ONU estime les besoins à 67 millions d'euros pour la prochaine période de soudure dès octobre.

Plusieurs ONG avec le soutien du gouvernement distribuent des centaines de tonnes de nourriture et de compléments nutritionnels depuis des mois, mais cela ne suffit pas.

La ville d'Ambovombe, chef-lieu de la région très affectée d'Androy, est débordée par l'afflux de centaines d'affamés, livrés à eux-mêmes depuis des mois.

Ils sont réduits à mendier et mangent déchets alimentaires du marché et chutes de cuir données par des fabricants de sandales. Pour le ramollir, le cuir est bouilli avec un peu de sel ou simplement grillé.

"Nous mangeons du cuir tous les jours. Il nous ronge le ventre mais c'est parce que nous n'avons rien. Nous souffrons beaucoup", dit Clarisse.

Facteurs multiples?

Particulièrement grave cette année, le phénomène n'est pas nouveau à Madagascar. La Grande Ile a connu seize crises alimentaires documentées depuis 1896.

Le gouvernement se défend de toute mauvaise gestion. "Nous avons mené plusieurs actions depuis l'élection de monsieur le président Rajoelina", en 2019, souligne sa directrice de cabinet Lova Hasinirina Ranoromaro.

"C'est une vraie transformation que nous souhaitons voir dans le sud. Il y a une forte volonté politique", assure-t-elle.

Sur Twitter, le président a annoncé le lancement de "141 projets d'envergure" dans les secteurs de l'agriculture, l'accès à l'eau, les travaux publics et la santé.

"Jusqu'ici nous avons apporté de l'aide humanitaire, maintenant nous voulons des avancées structurelles", notamment en termes d'irrigation, a déclaré à l'AFP le ministre de l'Economie, Richard Randriamandranto.

Pour les cadres du PAM, la famine résulte principalement du réchauffement climatique. "Nous n'avons pas d'industrie ici (à Madagascar) qui puisse vraiment polluer autant, pourtant on a tous les effets de cette pollution qui font qu'on voit la nature se dégrader et ne pas permettre aux gens de produire assez pour se nourrir", assure M. Ouedraogo.

Pour le chercheur Paubert Mahatante, "l'explosion démographique et l'épuisement des ressources naturelles" jouent aussi, tout comme la détérioration des routes ou "la défaillance de la politique de décentralisation".

Ni les autorités, ni le PAM ne communiquent sur le nombre de morts. Mais ces derniers mois, l'AFP a comptabilisé au moins 340 morts auprès des municipalités.

Plus de 40.000 commerces touchés par les violences en Afrique du Sud

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