Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

Paco Sery, un demi-siècle de batterie

Le batteur ivorien Paco Sery en concert au Masa à Abidjan le 10 mars 2016.

Le virtuose ivoirien Paco Sery a commencé la batterie en tapant sur des boites de conserves et a touché ses premiers cachets à 10 ans avant de jouer avec les plus grands : des regrettés Jaco Pastorius, Papa Wemba ou Nina Simone jusqu'aux légendes vivantes Dee Dee Bridgewater, Manu Dibango ou Wayne Shorter.

Tout en ayant travaillé pendant des années au Club Méditerranée et vécu le tournage de la comédie française Les Bronzés dans la station balnéaire d'Assinie, dans l'est de la Côte d'Ivoire.


Sa vie ressemble à un roman. Issu d'une famille de 18 enfants, Paco Sery, aujourd'hui 60 ans, accompagne sa soeur aînée Lucie dans des petits concours de danse pour jeunes dans sa petite ville de Divo (180 km à l'ouest d'Abidjan). Rythme dans le sang familial ? "Je ne sais pas ! Elle gagnait des petits trucs, un peu d'argent. Et moi je m'imprégnais de la musique. Je voulais tout faire comme elle", se souvient Paco, qui découvre la batterie dans les bals.

"Je n'avais d'yeux que pour la batterie. Alors finalement, je me suis construit une batterie avec des cartons, de grandes boites de conserve de tomate, des couvercles pour les cymbales... J'ai même fabriqué une pédale en bois avec des élastiques pour la grosse caisse", raconte Paco, qui apprend complètement seul.

"J'observais les batteurs, leurs gestes, comment ils faisaient et j'imitais après", dit-il.

Son père est furieux du tapage. "Donc, comme je ne pouvais pas jouer chez mon père, j'allais chez ma tante. Ça lui faisait de l'amusement pour son alloco (boutique de bananes frites). Elle vendait des allocos avec ça quoi !"

A l'age de 10 ans, il tente sa chance lors d'un bal avec un orchestre : "Je me suis débrouillé pour entrer dans la salle et pendant la pause, j'ai demandé au chef d'orchestre qui était aussi le batteur et le chanteur si je pouvais essayer. Il a dit +t'es un enfant, tu es culotté. Essaye voir!+. J'ai essayé. Tout les musiciens étaient surpris. Le chef m'a dit : +On t'engage+", assure-t-il.

"J'ai dit que ce n'était même pas la peine d'aller demander à mon père et je suis parti avec eux à 10 ans. On est allé à Dabou. je gagnais 30.000 francs CFA par mois (45 euros), logé. A cette époque là, c'était énorme", précise-t-il.

Enfant star, il écume les boites de nuit, les concerts, les bals et est invité sur les plateaux de télévision. Il joue avec des artistes de tous les genres, les stars de la variété ivoirienne mais aussi rumba, reprises américaines ou françaises...

"C'est de supers souvenirs. Parce que chaque chanteur avec qui je jouais, c'était une expérience nouvelle. C'est ça qui m'a formé musicalement. Quand j'étais jeune, je ne voulais pas m'enfermer dans un truc. Je voulais tout emmagasiner, tout découvrir, tout jouer. Tous les styles. Mais ça n'a pas changé. Aujourd'hui, je veux toujours tout jouer : jazz, coupé-décalé, hip-hop, rumba, rock, variétés, rap... peu importe", rigole Paco Sery.


Dans les années 1970, il travaille au Club Med où il fait "batteur-DJ le soir au night-club" et "professeur de ski nautique la journée". "J'étais dans les Bronzés. Après le tournage, je suis resté encore cinq ou six ans" avant de tenter sa chance en Europe, grâce notamment à Eddy Louiss, qui l'embauche pour une tournée en France.

"C'était génial. On me faisait écouter tous les grands musiciens, je me retrouvais aussi à jouer devant eux", se souvient Paco qui commence une nouvelle vie. Il sillonne alors les clubs de jazz de Paris.

Il est désormais bien installé dans le milieu du jazz et devient alors une des pièces essentielles de Sixun, tournant notamment avec Jaco Pastorius dont il assistera à la déchéance dans la drogue. "Je ne veux pas en parler. A la fin, Jaco n'était plus là", répond-il laconique quand on l'interroge sur le sujet.

Sa carrière est désormais couronnée par trois Grammy et le batteur, devenu un globe-trotter, mène deux projets de front : "une composition symphonique avec l'orchestre philharmonique de Budapest" et "une école de musique" dans son pays. "Moi, j'ai appris sans rien, sans solfège, sans prof. Juste à l'oreille. En écoutant les cassettes, en imitant. J'aimerais enseigner aux jeunes".

Avec AFP

Toutes les actualités

L'entrepreneur chinois mis en cause dans le Kévazongogate proclame son innocence

Les gens visitent la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) à Owendo, port de Libreville le 11 octobre 2012.

L'avocat de l'entrepreneur chinois mis en cause par la justice gabonaise dans une affaire de trafic de bois précieux interdit d'exploitation a affirmé lundi l'innocence de son client, dénonçant le fait qu'il ait été "jeté à la vindicte populaire" dans une procédure sans fondement.

Fin février et début mars, près de 5.000 mètres cube de kévazingo, une essence rare très prisée en Asie, d'une valeur d'environ 7 millions d'euros, avaient été découverts dans deux sites d'entreposage appartenant à des sociétés chinoises, au port d'Owendo, à Libreville.

Une partie du kévazingo était chargée dans des conteneurs sur lesquels figurait le tampon du ministère des Eaux et forêts indiquant une cargaison d'okoumé, une essence de bois dont l'exploitation est autorisée.

Après la découverte de ces documents falsifiés, le responsable de ce ministère au port et son équipe avaient été arrêtés, soupçonnés d'être impliqués dans ce trafic.

Mais le 30 avril, 353 de ces conteneurs, placés sous l'autorité de la justice, s'étaient mystérieusement volatilisés.

François Wu, un influent homme d'affaires chinois, conseiller juridique pour des entreprises chinoises désireuses d'investir dans le secteur forestier au Gabon, avait été désigné le 13 mai comme "la pièce maîtresse du réseau de trafiquants" par le procureur de Libreville, qui avait précisé qu'il était "activement recherché".

"M. Wu n'a rien à se reprocher. Il n'était pas sur le territoire gabonais quand l'affaire a éclaté, il n'a jamais été convoqué par la justice. Mais il fallait absolument trouver un coupable dans ce dossier, alors il est présenté comme le cerveau d'un réseau", s'est emporté lors d'une conférence de presse à Libreville son avocat, Tony Serge Minko Mi Ddong.

"Comment pourrait-il regagner le Gabon, quand avant même d'avoir été jugé, il est déjà condamné, victime d'une instruction qui se fait à ciel ouvert et jeté à la vindicte populaire", a-t-il demandé, dénonçant une atteinte à la présomption d'innocence.

Me Minko a évoqué une "procédure mort-née". "Je n'ai pas vu d'acte qui confirme que 353 containers ont été saisis. Il faut que l'infraction ait été constatée pour qu'elle existe. S'il n'y a pas de procès-verbal, il n'y a pas d'infraction".

Plusieurs hauts cadres ont été suspendus de leurs fonctions, dont les directeurs de cabinet des ministères des Eaux et Forêt et de l'Economie.

La justice gabonaise a annoncé l'arrestation de deux ressortissants chinois, accusés d'avoir participé au trafic, avec la complicité de fonctionnaires gabonais.

Dans l'est du Tchad, regain de tensions mortelles entre agriculteurs et éleveurs

A gauche, Djekourninga Kaoutar Lazare directeur de la radio FM Liberté et son équipe, au Tchad, le 13 février 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le conflit qui oppose agriculteurs et éleveurs s'est intensifié ces derniers jours dans l'est du Tchad, où au moins 35 personnes sont mortes depuis jeudi au cours de plusieurs affrontements distincts.

Depuis plusieurs dizaines d'années, l'Est tchadien, zone de transhumance et région stratégique à la frontière avec le Soudan, est en proie à des conflits entre différentes communautés: d'un côté, les autochtones ouaddaïens, agriculteurs, et de l'autre, des tribus arabes, éleveurs.

A chaque éruption de violences, le même scénario ou presque se répète: un troupeau de dromadaires d'éleveurs nomades entre dans le champ d'un agriculteur local ou un jardin cultivé par une famille, provoquant une confrontation entre les deux communautés.

Dans la province de Sila, 23 personnes ont été tuées et trois villages ont été incendiés, entre dimanche et lundi matin, a indiqué à l'AFP le gouverneur par intérim de la province, Oumar Sanda Makache III.

"La situation est à présent sous contrôle", a-t-il affirmé, précisant que des forces de sécurité avaient été déployées dans la zone.

Selon une source locale, ces violences se sont déclenchées à la suite d'une attaque perpétrée jeudi dans la province voisine du Ouaddaï.

Douze personnes sont mortes après l'intrusion dans un village de plusieurs hommes lourdement armés, selon le procureur de la province, Hassan Djamouss Hachimi.

A la suite de cette attaque, "nous avons procédé à l'arrestation de trente personnes", a-t-il expliqué à l'AFP.

"Des éleveurs arabes ont attaqué le village et les agriculteurs ont riposté", a indiqué lundi à l'AFP une autorité locale, précisant que "neuf Ouaddaïens et trois Arabes" avaient perdu la vie.

- "Vendetta terminée" -

Le ministre de la Sécurité publique, Mahamat Abali Salah, s'est rendu sur place samedi, et plusieurs armes de guerre ont été saisies, a indiqué dimanche la radio nationale tchadienne.

Il doit se rendre dans la journée dans la province de Sila, où ont eu lieu les affrontements dimanche et lundi matin, selon son ministère.

Des affrontements meurtriers s'étaient déjà produits en novembre 2018, quand une dizaine de personnes avaient été tuées à une soixantaine de km d'Abéché, la capitale du Ouaddaï.

Mi-février, le président tchadien Idriss Déby Itno, en déplacement dans la province, avait dénoncé "un grave problème" intercommunautaire dans cette zone sahélienne où beaucoup d'habitants sont armés, héritage du passé troublé d'une région aux premières loges du conflit du Darfour et de la violente histoire nationale.

Pour la seule année 2018, plus de 100 blessés par balle ont été admis dans l'un des deux hôpitaux de la province du Ouaddaï.

"L'heure de la vendetta est terminée", avait lancé le chef de l'Etat. "Se rendre justice (représente une) défaillance de la justice. Une justice qui doit s'assumer. Je prends désormais les choses en main".

Selon l'historien Mahamat Saleh Yacoub, la persistance de conflits dans l'est du Tchad provient d'un "règlement superficiel du différend" entre les deux communautés.

Interrogé par l'AFP en avril, le chercheur expliquait que l'augmentation de la sécheresse dans la région et la pression démographique avaient eu pour effet d'intensifier les tensions liées à la transhumance. Et qu'à ces changements structurels, sont venus se greffer des problèmes ethniques.

Les troupeaux appartiennent en grande majorité aux Zaghawa, l'ethnie du président Déby Itno, selon les agriculteurs, qui dénoncent l'impunité dont les éleveurs bénéficient lorsqu'un différend éclate.

Une situation conflictuelle entre éleveurs et agriculteurs qui se retrouve dans plusieurs autres pays africains, notamment le Nigeria.

Sylvestre Ilunga Ilunkamba devient Premier ministre de la RDC

Sylvestre Ilunga Ilunkamba devient Premier ministre de la RDC
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:46 0:00

Soudan : reprise attendue du dialogue, dispute sur une institution clé

Le général Mohamed Hamdan Dagalo, chef du Conseil militaire au pouvoir au Sudan, le 18 mai, 2019.

Les négociations reprennent lundi soir entre les généraux au pouvoir et les chefs de la contestation, après avoir achoppé sur la présidence du Conseil souverain censé gérer la période de transition, plus d'un mois après le renversement du chef de l'Etat Omar el-Béchir.

Le dialogue entre le Conseil militaire qui a succédé à M. Béchir et l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, reprend à 21H00 (19H00 GMT), "avec l'espoir d'arriver à un accord définitif", a déclaré lors d'une conférence de presse le porte-parole des militaires, le général Chamseddine Kabbachi.

Les deux parties souhaitent chacune prendre la tête et ravir la majorité des sièges du Conseil souverain, une institution clé de la transition qui doit se substituer au Conseil militaire pour une période de trois ans, avant la tenue d'élections.

A la tête du Soudan pendant près de 30 ans, Omar el-Béchir a été destitué et arrêté par l'armée le 11 avril sous la pression d'un mouvement inédit déclenché le 19 décembre par la décision des autorités de tripler le prix du pain dans un pays miné par une grave crise économique.

Le mouvement s'est vite transformé en contestation du pouvoir. Des milliers de manifestants campent depuis le 6 avril devant le QG de l'armée à Khartoum pour réclamer le transfert du pouvoir aux civils, après avoir obtenu la mise à l'écart de M. Béchir à la tête d'un régime autoritaire pendant trois décennies.

"Nous avons insisté sur le fait que le Conseil souverain soit présidé par un civil et composé majoritairement de civils", a déclaré à l'AFP Satea al-Haj, un membre de l'ALC ayant participé aux négociations nocturnes.

Le Conseil militaire, a-t-il expliqué, justifie sa volonté de diriger l'institution clé "par les menaces sécuritaires pesant sur le pays".

- "Piège" -

Au sit-in devant le QG de l'armée, les manifestants sont inquiets.

"On sent qu'un piège est en train d'être tendu. Un sale jeu politique mené par le Conseil militaire", a dit l'un d'eux Moustafa Sedik.

"Les forces armées ne veulent pas abandonner le pouvoir facilement, et je pense qu'ils ont un plan avec l'ancien régime", s'inquiète Youssef Mohamed, au milieu d'une foule brandissant des drapeaux soudanais et faisant le "V" de la victoire.

Tout en affichant leur détermination à obtenir gain de cause, les chefs de la contestation tentent d'apaiser les esprits.

Selon M. Haj, les précédentes consultations se sont déroulées dans une atmosphère "positive" malgré le différend sur la présidence et la composition du Conseil souverain.

"La victoire est une question de patience et elle se rapproche", a assuré l'ALC lundi dans un communiqué.

Les deux camps avaient réussi la semaine dernière à s'entendre sur la durée de la transition, fixée à trois ans, et la composition d'une assemblée législative, dont les deux tiers des 300 membres désignés viendraient de l'ALC.

- L'UA "satisfaite" -

Le 17 mai, plusieurs pays et organisations internationales, dont les Etats-Unis, l'Union africaine, l'ONU et l'Union européenne ont appelé à la mise en oeuvre d'une transition "vraiment dirigée par les civils".

En visite à Khartoum lundi, l'émissaire de l'UA pour le Soudan, le Mauritanien Mohamed El Hacen Lebatt, a assuré que l'organisation panafricaine soutenait "tout accord entre les forces politiques au Soudan", selon l'agence soudanaise Suna.

"L'UA est satisfaite des avancées en cours pour parvenir à un accord", a-t-il déclaré après une rencontre avec le général Kabbachi, selon Suna.

Le 6 mai, M. El Hacen Lebatt avait annoncé à Khartoum qu'un rapport d'étape sur la transition serait examiné dans deux semaines par le Conseil de paix et de sécurité de l'UA.

L'organisation régionale plaide pour un transfert rapide du pouvoir aux civils, faute de quoi elle a averti qu'elle pourrait suspendre le Soudan.

L'Egypte voisine, qui assure actuellement la présidence de l'UA, est considérée comme un soutien des militaires au Soudan. Son président, Abdel Fattah al-Sissi, a régulièrement dénoncé les mouvements populaires, source d'instabilité selon lui.

La semaine dernière, des violences ont émaillé le mouvement de contestation, avec la mort de cinq civils et d'un militaire le 13 mai par des hommes armés non identifiés qui ont tiré sur les manifestants rassemblés devant le QG de l'armée à Khartoum. Les militaires ont accusé des "éléments infiltrés".

Avant ces violences, 90 personnes ont été tuées par les forces de l'ordre depuis le 19 décembre selon une association de médecins proche de l'ALC. Les autorités parlent d'un bilan de 65 morts.

"Pas de raison" que Ngaïssona soit détenu, selon son avocat

Le chef de la fédération centrafricaine de football, Patrice-Edouard Ngaissona, assiste à la 40e assemblée générale de la Confédération africaine de football à Casablanca, au Maroc, le 2 février 2018.

L'avocat de l'ex-chef de milice centrafricain Patrice-Edouard Ngaïssona, dont l'audience de confirmation des charges et notamment de crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale (CPI) devrait avoir lieu en septembre, estime qu'"il n'y a pas de raison" que son client "soit détenu".

"Il n'a fait que défendre l'intégrité de la République Centrafricaine (…) il a contribué à l'apaisement des esprits pour un dialogue national entre les différents groupes (...) Il n'y a pas de raison que M. Ngaïssona soit détenu", a affirmé à l'AFP son avocat belgo-ivoirien Me Simplice Séri Zokou, rencontré à La Haye.

Celui-ci est aussi l'avocat de Charles Ble Goudé, l'ex-chef du mouvement des Jeunes Patriotes en Côte d'Ivoire, jugé par la CPI avant d'être acquitté.

La première apparition de Patrice-Edouard Ngaïssona devant les juges de la CPI a eu lieu en janvier après son extradition depuis la France où il avait été arrêté en décembre.

M. Ngaïssona, 51 ans, président de la Fédération centrafricaine de football, est soupçonné d'avoir commis ou aidé à commettre des crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans l'ouest de la République centrafricaine entre septembre 2013 et décembre 2014. Il est notamment accusé de meurtre et tentative de meurtre, extermination, déportation ou transfert forcé de population ainsi que de l'enrôlement d'enfants de moins de 15 ans.

Selon Me Zokou, l'audience pour la confirmation des charges qui devait avoir lieu le 18 juin, a été reportée à septembre à la demande du procureur.

Créées en 2013 après la prise du pouvoir à Bangui par les rebelles de la Séléka, les milices d'autodéfense antibalaka ont pris les armes, assurant vouloir défendre les intérêts des chrétiens face aux groupes armés musulmans.

D'après la Cour basée à La Haye, il y a des "motifs raisonnables" de croire qu'une "attaque généralisée et systématique a été perpétrée par les antibalaka contre la population civile musulmane et quiconque semblait soutenir la Séléka".

Voir plus

XS
SM
MD
LG