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Deux militaires arrêtés dans le cadre des attaques islamistes à Grand-Bassam

Des soldats ivoiriens honorent leurs camarades tués une attaque jihadiste sur la ville balnéaire du Grand Bassam, à Abidjan, 8 avril 2016.

Deux soldats qui ont côtoyé des jihadistes ayant participé à l'organisation de l'attaque de la station balnéaire de Grand Bassam (19 morts en mars) ont été arrêtés pour "violation des consignes militaires", a annoncé mercredi le Commissaire du Gouvernement (procureur militaire).

"On leur reproche d'avoir cohabité avec ces personnes, d'avoir échangé avec le chauffeur (du commando jihadiste). Ils disent qu'ils ne savaient pas que c'était des jihadistes. On leur répond: +Vous auriez dû savoir+", a expliqué le commissaire du gouvernement Ange Kessi lors d'une conférence de presse à Abidjan.

"C'est une grave erreur, une faute, une infraction militaire que de ne pas avoir dénoncé la présence du conducteur de ce groupe à leurs chefs pour qu'on prévienne ces attentats", a-t-il poursuivi, soulignant qu'ils n'étaient pas accusés de "complicité".

Les deux soldats, dont un membre de la Garde Républicaine ivoirienne, ont été écroués.

Les deux militaires ont expliqué aux enquêteurs que "les jihadistes" habitaient leur "quartier (...) depuis longtemps" et que le chauffeur des jihadistes les avait vainement sollicités pour de la drogue, selon M. Kessi.

Fin juin, le ministre de l'Intérieur du Burkina Faso Simon Compaoré avait indiqué qu'une dizaine de personnes avaient été arrêtés depuis mai dans le cadre des attaques de Ouagadougou (30 morts en janvier) et Grand-Bassam, indiquant que trois d'entre eux étaient liés aux deux attaques. Parmi celles-ci, la soeur du chauffeur "principal" d'une voiture V8 "beaucoup utilisée pour les opérations à la fois au Cappuccino et à Grand Bassam et qui servait à transporter les jihadistes mais également du matériel".

L'attaque en mars de Grand Bassam, près d'Abidjan, avait fait 19 morts (dont 4 Français) quand des jihadistes avaient ouvert le feu sur touristes et passants sur la plage et les terrasses du bord de mer. C'était la première attaque de ce type perpétrée sur le territoire ivoirien.

L'attaque a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Plus de 80 personnes ont été interpellées dans le cadre de ces attentats en Côte d'ivoire, avait expliqué en avril le ministre de l'Intérieur ivoirien, alors que l'enquête a des ramifications allant jusqu'au Mali et Burkina Faso.

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La France nomme un "envoyé spécial" dédié à l'épidémie Ebola en RDC

Le personnel médical de l'Unité de traitement Ebola à l'Hôpital général de Bwera, à la frontière avec la RDC.

La France, critiquée pour son absence de réaction, a annoncé mardi la nomination d'un envoyé spécial sur Ebola, le Pr Yves Lévy, chargé "d'orienter" sa réponse face à l'épidémie en République démocratique du Congo qui vient de gagner l'est du pays.

Selon le ministère des Affaires étrangères, le Pr Lévy est un spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui "exercera cette mission à titre bénévole".

"L'épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans l'est de la RDC est la plus grave jamais enregistrée dans le monde, après celle de 2014 en Afrique de l'Ouest" (qui avait fait 11.000 morts), a relevé un porte-parole lors d'un point de presse, s'inquiètant que "la réponse à l'épidémie (soit) aujourd'hui entravée par plusieurs facteurs dont la situation sécuritaire difficile".

"Face à cette situation très préoccupante, la France est déterminée à apporter une contribution renforcée aux efforts internationaux" a poursuivi le porte-parole rappelant que lors de sa visite à Kinshasa le 20 mai dernier, le ministre, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé "la relance d'un partenariat bilatéral (...) dans lequel le secteur de la santé, et notamment la lutte contre l'épidémie Ebola, serait une priorité".

La France promet son soutien aux ONG déployées sur le terrain et son appui scientifique et de recherche, sans annoncer de budget dédié.

La confirmation mardi d'un cas d'Ebola à Goma, la grande ville de l'est de la RDC, constitue "un avertissement" a estimé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réunie lundi à Genève. Le patient, un pasteur, est décédé mardi.

Selon le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan "c'est un avertissement parce que chaque fois que la maladie se déplace, elle peut s'établir ailleurs", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'épidémie, qui a fait 1.668 morts depuis qu'elle a été déclarée le 1er août, était circonscrite jusqu'à présent à la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma) et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

M. Ryan a regretté l'absence de contribution financière française notant que "l'OMS n'a reçu aucune contribution financière de la part du gouvernement".

Le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart, dont le gouvernement a pris la tête de la mobilisation, a également appelé les pays francophones à redoubler d'efforts lors de cette réunion : "Ce serait bien que nous ayions davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a-t-il martelé.

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